22 Juillet 1976 : Nadia Comăneci devient la plus jeune championne olympique de tous les temps

C’était il y a 44 ans.
C’est l’histoire de la plus jeune championne olympique de tous les temps. Elle a seulement 14 ans lorsqu’elle est sacrée en 1976 à Montréal. Elle est considérée comme l’une des meilleures gymnastes de tous les temps.
Juillet 1976, une jeune fille va éclabousser de son talent les JO de Montréal. Elle va faire chavirer les cœurs des 16 000 spectateurs enthousiastes et de millions de téléspectateurs dans le monde.
La gymnaste roumaine de 14 ans va réaliser une performance inédite. A 7 reprises, elle décroche la note parfaite jamais atteinte de 10/10. C’est inédit ! Aucun gymnaste au monde n’avait pu réaliser une telle performance. Même les tableaux des scores n’avaient pas été paramétrés pour enregistrer un tel score. Ce sera un 1.00 qui va s’afficher puisque la machine ne permet pas d’affiche un 10.0.
Cette extraordinaire performance est le fruit d’un travail acharné. Repéré à l’âge de 6 ans, Nadia travaille 8 heures par jour depuis l’âge de 6 ans. Elle ne fait que ça. Elle a subi des entrainements forcés et des heures de brimades. En réalité, les sept notes parfaites de Montréal ne sont pas une nouveauté pour Nadia, qui avait déjà obtenu dix-neuf fois la note 10 les mois précédents dans son pays.
Mais en pleine période de guerre froide, Nadia est un objet, mieux la propriété privée de l’Etat Roumain. Ses victoires ne lui appartiennent pas ; elles appartiennent au bloc de l’Est ; elles sont le triomphe du communisme sur le capitalisme. À son retour des Jeux de Montréal, on lui réserve un accueil triomphal à Bucarest.
Tout auréolée de ses cinq médailles d’or, elle reçoit la médaille de « héros du travail socialiste » devant les dirigeants du Parti communiste roumain. Elle adresse un message de remerciements à la gloire du Président Nicolae Ceausescu : « Cher camarade Ceausescu, je suis très émue car aucune médaille, ni aucun titre au monde ne vaut la distinction que vous accorde votre propre pays de la main du fils le plus aimé de Roumanie, père aimant de la jeunesse de notre pays, vous, le camarade Nicolae Ceausescu. »


De retour dans son pays, on lui arrache tout l’argent qu’elle a gagné lors des JO de Montréal et on lui fixe un salaire mensuel minable.
Elle conserve son titre de championne d’Europe en 1977. En 1979, elle remporte son troisième titre consécutif de championne d’Europe, devenant la première gymnaste à réaliser cette performance, hommes et femmes confondus. Aux championnats du monde 1979, elle est victime d’une intoxication alimentaire et est hospitalisée. Contre l’avis médical, elle prend part à la compétition et remporte le titre à la poutre avec une note de 9.95, permettant à l’équipe de Roumanie de remporter la médaille d’or. Après cette victoire, elle retourne à l’hôpital où elle va subir une intervention chirurgicale. En 1980, elle remporte une médaille d’or et une médaille d’argent aux JO de Moscou. En 1981, elle décide de mettre un terme à sa carrière sportive à seulement 20 ans.
Elle fête son 20ème anniversaire en Belgique où elle effectue une exhibition au palais des sports d’Anvers. À son retour au pays, tous ses faits et gestes sont surveillés.
Elle est forcée d’entretenir une idylle amoureuse avec le fils du dictateur Nicolae Ceausescu, héritier présomptif du régime. Elle est harcelée par ce dernier et essaie à plusieurs reprises de fuir son pays mais sans succès.
8 ans après la fin de sa carrière, elle quitte illégalement son pays et s’installe aux États-Unis. En effet, en novembre 1989, quelques semaines avant la révolution, elle fuit le pays avec d’autres Roumaines. Elle passe clandestinement la frontière hongroise, à pied, arrive en Autriche, puis rejoint les États-Unis. Elle y retrouve Bart Conner, un gymnaste américain champion olympique qu’elle avait rencontré au cours des Jeux de 1976. Ils se fiancent en 1994 et se marient en 1996. Ensemble, ils vivront heureux.
Arol KETCH – 22.07.2020
Fourmi Magnan égarée

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