Idi Amin Alias « Big Daddy » alias « Le Boucher d’Afrique » : Le Raid d’Entebbe et sa chute


Grâce à ses bouffonneries, à sa cruauté et à ses frasques, Idi Amin Dada a réussi l’exploit de faire connaître son pays, l’Ouganda dans le monde entier. Et pourtant, rien a priori ne prédisposait ce petit pays enclavé d’Afrique de l’Est à une soudaine célébrité.
Dès sa prise de pouvoir, il se met à pourchasser et à assassiner les intellectuels ougandais et les partisans de l’ancien président. Amin Dada rompt ses relations avec la Grande Bretagne, les Etats-Unis et se tourne vers l’URSS et la Libye du colonel Kadhafi. Devenu mégalomane et paranoïaque, il lance une purge contre tous ceux qu’il soupçonne de menacer son régime
Des villages entiers sont rasés, des milliers des personnes sont exécutées et on peut même apercevoir des centaines de corps flotter sur le Nil. Les cadavres étaient parfois si nombreux que même les crocodiles du Nil, gavés, s’en détournaient. Un rapport de 1974 adressé aux Nations unies par la Commission internationale de juristes estime qu’en 3 ans de pouvoir, entre 25 000 et 250 000 personnes ont été assassinées en Ouganda.
27 Juin 1976, un airbus d’air France qui assure la liaison Paris-Tel Aviv avec à son bord 258 passagers, est détourné par un groupe de terroristes. L’avion fait une courte escale à Bengazi en Libye du Colonel Kadaphi avant de se poser finalement à l’aéroport d’Entebbe en Ouganda. Ces pirates de l’air réclament la libération de leurs compatriotes incarcérés en Israël.
Le président Idi Amin Dada va jouer le rôle de négociateur. Après de longues négociations, un premier groupe de 47 passagers est libéré sans conditions. Ils regagnent aussitôt Paris. La pression monte avec l’approche de l’ultimatum ; en bon négociateur rompu à l’exercice Amin Dada réussit à obtenir la libération d’un second groupe de prisonnier (100 personnes). Avec le témoignage des personnes libérées, on se rend compte que l’armée Ougandaise est complice de cette prise d’otages.


L’Etat Israël décide de ne pas céder au chantage et passe à la vitesse supérieure. Israël décide d’organiser un raid pour libérer les prisonniers. C’est le Raid d’Entebbe ; l’un des raids les plus ingénieux et risqués de l’Histoire (dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976). Trois avions de transport Hercules C-130 de l’armée de l’air israélienne décollent de la base de Charm el-Cheikh. Ils ont à leur bord une centaine de militaires israéliens.
L’appareil du colonel Netanyahou, chef des opérations atterrit à 23 heures à l’aéroport d’Entebbe, sans être repéré par le contrôle aérien ougandais. Arrivés à Entebbe, les soldats israéliens débarquent trois véhicules : deux Land Rover et une Mercedes noire, voiture utilisée habituellement par Amin Dada pour rendre visite aux otages. Grâce à cette ruse, les Israéliens parviennent au terminal désaffecté sans être inquiétés
Les Soldats Israéliens neutralisent les soldats ougandais ; libèrent tous les otages. L’opération se solde par plusieurs morts : 4 morts du côté israélien (3 otages et le colonel Jonathan Netanyahou frère aîné du futur Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou), une vingtaine de soldats ougandais massacrés ; les 7 terroristes sont abattus sur le coup ; plusieurs appareils de combat ougandais sont mis hors de combat. Le raid dura environ une vingtaine de minutes.
Idi Amin Dada qui a été surpris par l’intervention israélienne entre dans une colère noire ; il saisit le conseil de sécurité de l’ONU. À l’issue de l’opération, il apparaît que les preneurs d’otages n’ont en fait pas d’explosifs, contrairement à leurs déclarations.
En 1978, avec l’aide des troupes libyennes Idi Amin Dada essaye d’annexer les provinces du nord de la Tanzanie du Mwalimu Julius Nyerere. En guise de riposte, le mwalimu déclare la guerre à l’Ouganda et enrôle pour cela les exilés ougandais. En avril 1979, l’armée tanzanienne entre dans Kampala et Idi Amin Dada est contraint de prendre la fuite. Il s’enfuit en Libye puis s’exile en Arabie Saoudite. Selon Amnesty International, Idi Amin Dada est responsable du massacre de 300 000 Ougandais (sur une population de 10 millions d’habitants à l’époque) et du chagrin de 800 000 orphelins. Idi Amin Dada est mort le 16 août 2003 en Arabie Saoudite.
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Arol KETCH -21.10.2020
Fourmi Magnan égarée

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