Vendue à un marin anglais, elle arrive en Europe en 1810. Pendant cinq ans, Saartjie Baartman (La vénus noire) a été exhibée comme une bête curieuse dans les foires et les salons d’Angleterre et de France où des milliers de badauds venaient voir le sexe, les seins et les fesses protubérants de celle qu’on appelait la vénus Hottentote.
Elle se faisait tâter, violer et toucher avec des parapluies et autres objets pointus. Elle fut examinée par un zoologue (cuvier) à paris qui la rangea dans son Livre l’histoire naturelle des mammifères. Livre, censé regrouper des animaux vivants.
A sa mort en 1826, un des plus grands naturalistes français, disséqua son corps, son cerveau et ses organes génitaux furent conservés dans du formol. Son corps fut moulé et exposé pendant près de deux siècles au musée de l’Homme de Paris. Le seul péché de Saartjie Baartman fut celui d’avoir eu des formes généreuses comme toutes les belles femmes noires.
En 1994, quelque temps après la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, les Khoïkhoï font appel à Nelson Mandela pour demander la restitution des restes de Saartjie afin de pouvoir lui offrir une sépulture et lui rendre sa dignité.
Cette demande se heurte à un refus des autorités et du monde scientifique français au nom du patrimoine inaliénable de l’Etat et de la science. Ce n’est qu’en 2002, après le vote d’une loi spéciale, que la France restitua la dépouille à l’Afrique du Sud.
Tabo M’Beki président en exercice de l’Afrique du sud (en 2002) dira lors du retour de la dépouille de Saartjie Baartman : « Ce n’était pas cette africaine privée de son identité et de sa patrie qui était la barbare, mais ceux qui l’ont traité avec une brutalité de barbares. »
Arol KETCH – 03.04.2021
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