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𝐇𝐚𝐊𝐊𝐚𝐠𝐞 𝐚̀ 𝐀𝐭𝐚𝐧𝐠𝐚𝐧𝐚 𝐐𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮’𝐮𝐧, 𝐝𝐢𝐭 𝐓𝐞𝐊𝐩𝐚

Atangana Tama Pascal, plus connu sous le nom d’Atangana Quelqu’un, ou encore Tempo, est une figure emblématique de la scÚne musicale urbaine camerounaise des années 1970 et 1980.

Né le 2 décembre 1952 à Assamba-Assi, localité mvélé du département de la Mefou-Afamba, il appartient à cette génération d’artistes formés hors des conservatoires, mais façonnés par la rue, les bars dansants et l’instinct musical.

Son surnom, « Quelqu’un », n’est pas le fruit du hasard. ÉlÚve appliqué et footballeur redouté durant son enfance à la mission catholique d’Assamba-Assi, il impressionne son instituteur qui, aprÚs chacun de ses exploits, lui lance cette phrase prémonitoire : « Tu seras quelqu’un. » Le mot devient identité, puis signature.

DerriÚre une diction soignée et un français maîtrisé, Atangana Quelqu’un ne cache jamais ses origines. Son accent mvélé, marqué et assumé, trahit l’homme du terroir, enraciné dans sa culture. C’est d’ailleurs par la tradition qu’il entre en musique, au milieu des années 1960, à travers le balafon.

AprÚs le décÚs de son pÚre, son frÚre aîné fonde un orchestre de balafons pour subvenir aux besoins familiaux. Le jeune Atangana y fait ses premiÚres armes comme bongoliste, animant fêtes foraines et cérémonies villageoises liées à la vente du cacao.

Vers 1970, le groupe Federal Band d’Esse découvre Yaoundé. Les prestations en plein air, mêlant balafons, maracas et chants en ewondo, connaissent un succÚs immédiat. Chaque morceau est payé à la demande, et le public suit.

C’est dans cette effervescence que le jeune musicien nourrit l’ambition d’une carriÚre professionnelle, aprÚs avoir été marqué par les prestations de Cher Ami, animateur de mariages réputé de la capitale.

AprÚs des tentatives infructueuses à Douala puis dans le bâtiment à Yaoundé, le destin bascule une nuit de 1970 au PlanÚte Bar d’Essos. Sans formation musicale académique, Atangana joue aux percussions avec un sens du rythme qui force l’admiration.

Repéré par les musiciens en place et imposé par le propriétaire du bar, il est recruté séance tenante. Son jeu précis et vibrant lui vaut alors un nouveau surnom : Tempo.

DÚs lors, Atangana Quelqu’un s’impose comme un pilier des bars dansants de Yaoundé. Au Palladium de Nkoldongo, puis à Nsam-Efoulan et ailleurs, il enchaîne les formations, apprend la guitare, devient chef d’orchestre et formateur.

Plusieurs artistes passés par ses groupes lui doivent leurs premiÚres armes. Meneur d’hommes autant que musicien, il se distingue par sa générosité, reversant une part importante des cachets à ses musiciens.

Mais comme beaucoup de parcours artistiques de l’époque, le sien est jalonné de ruptures, de départs et de rivalités. La concurrence des orchestres étrangers, l’éclatement des groupes et la disparition de certains proches musiciens marquent un ralentissement progressif de sa carriÚre à la fin des années 1980.

Aujourd’hui, Atangana Quelqu’un reste le témoin d’une époque où la musique camerounaise se construisait dans les bars, au contact direct du public. Un artiste autodidacte, passeur de talents, dont le tempo continue de résonner dans la mémoire collective.

Quelle est ta chanson préférée de Atangana Quelqu’un?

L’oubli est la ruse du diable!

Arol Ketch – 13.01.2026

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Arol KETCH - Rat des archives

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