Olivier Djapa, cโรฉtait un vรฉritable renard de surface. Un buteur de race, de ceux qui semblent avoir un instinct naturel pour trouver le chemin des filets.
Pour moi, il reste lโun des plus grands gรขchis du football camerounais de cette รฉpoque.
Tout semblait pourtant rรฉuni pour quโil connaisse une immense carriรจre. Djapa avait la technique, la puissance, la vivacitรฉ et surtout cette qualitรฉ rare chez les attaquants : une redoutable efficacitรฉ devant le but.
En 1992, รฉvoluant ร Racing, il termine meilleur buteur du championnat camerounais avec 26 buts, une performance qui en disait long sur son talent.
Je crois quโil fut aussi meilleur buteur de la saison 90-91 (24 buts).
Il a notamment portรฉ les couleurs de Java, de lโUnion de Douala et du Racing de Bafoussam, des clubs qui ont marquรฉ lโhistoire du football camerounais.
Il a jouรฉ au sein de lโรฉquipe nationale espoir et a mรชme contribuรฉ ร qualifier les lions indomptables pour la CAN 1992.
Avec le recul, son profil me fait penser ร celui dโun autre grand buteur africain : Rashidi Yekini, le ยซ Taureau de Kaduna ยป. Mรชme puissance, mรชme prรฉsence dans la surface, cette capacitรฉ ร surgir au bon endroit et ร faire parler la poudre.
ร lโรฉpoque, dans notre quartier, les grands frรจres Coach Gabriel et Petit Mbaโ nous avaient appris que Djapa รฉtait parti tenter sa chance en Allemagne.
Nous รฉtions alors persuadรฉs que lโEurope allait รชtre le tremplin vers une immense carriรจre internationale.
Mais il nโa pas rรฉussi ร sโimposer comme nous lโespรฉrions. Aussi Djapa avait รฉtรฉ roulรฉ dans la farine par un club de la contrรฉe dโEssen en Allemagne.
Quelle dรฉception pour nous !
Parce que nous savions ce que ce garรงon avait dans les jambes. Nous รฉtions convaincus que son talent et son efficacitรฉ auraient dรป lui ouvrir les portes du trรจs haut niveau.
Et pourtantโฆ
Djapa allait quand mรชme laisser une trace en Allemagne. En 2001, il termine meilleur buteur de la 2. Bundesliga avec 19 buts ( deuxiรจme division)
Quand on repense ร son parcours, une question revient forcรฉment :
Et si Olivier Djapa avait rรฉussi ร franchir le cap de lโadaptation au football europรฉen ?
Peut-รชtre aurions-nous parlรฉ de lui aujourdโhui comme de lโun des grands attaquants du football camerounais.
Mais mรชme sans cela, ceux qui lโont vu jouer savent.
Djapa avait quelque chose de spรฉcial.
Un buteur instinctif. Un attaquant puissant. Un finisseur redoutable. Un vรฉritable renard de surface.
Et certains talents, mรชme lorsque leur carriรจre nโatteint pas les sommets quโon leur prรฉdisait, ne sโeffacent jamais de la mรฉmoire de ceux qui les ont vus jouer.
Lโoubli est la ruse du diable
Arol KETCH
Rat des archives
Quand jโรฉtais encore jeune et que je suivais assidรปment le championnat camerounais, nous รฉtions nombreuxโฆ
Quand on รฉvoque les grands buteurs qui ont marquรฉ le football camerounais, certains noms reviennentโฆ
Il y a des joueurs dont le passage dans un club ne dure quโune saison,โฆ
Dans la grande histoire du Racing de Bafoussam, certains joueurs sont restรฉs dans la mรฉmoireโฆ
Retenez ce nom, et retenez comment on s'y est pris. Un enfant noir de Claphamโฆ
Il y avait les artistes; il y avait les buteurs. Et puis il y avaitโฆ