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	<title>Archives des Le roi de la ferraille - Arol Ketch Raconte</title>
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	<title>Archives des Le roi de la ferraille - Arol Ketch Raconte</title>
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		<title>𝐋𝐞́𝐯𝐢𝐬 𝐊𝐨𝐥𝐨𝐤𝐨 — 𝐋𝐞 𝐫𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 17:45:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
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		<category><![CDATA[Le roi de la ferraille]]></category>
		<category><![CDATA[Lévis Claude Koloko]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>𝐋𝐞́𝐯𝐢𝐬 𝐊𝐨𝐥𝐨𝐤𝐨 — 𝐋𝐞 𝐫𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞 Dans l’histoire économique du Cameroun, certains hommes d’affaires ont bâti des empires</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/23/%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%af%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac-%f0%9d%90%8a%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a4%f0%9d%90%a8-%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%a8/">𝐋𝐞́𝐯𝐢𝐬 𝐊𝐨𝐥𝐨𝐤𝐨 — 𝐋𝐞 𝐫𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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<p>𝐋𝐞́𝐯𝐢𝐬 𝐊𝐨𝐥𝐨𝐤𝐨 — 𝐋𝐞 𝐫𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞</p>



<p>Dans l’histoire économique du Cameroun, certains hommes d’affaires ont bâti des empires à partir de capitaux. D’autres ont bâti des légendes à partir des ruines. Lévis Claude Koloko appartient à cette seconde catégorie.</p>



<p>Visionnaire, autodidacte et profondément résilient, celui que l’on surnommera plus tard « le Roi de la Ferraille » a réussi à transformer les cendres de ses propres épreuves en une industrie florissante, bien avant que les notions de recyclage, d’économie circulaire ou de préservation de l’environnement ne deviennent des enjeux mondiaux.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="281" height="589" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Koloko-levis-claude_batisseur.jpg" alt="" class="wp-image-3562" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Koloko-levis-claude_batisseur.jpg 281w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Koloko-levis-claude_batisseur-143x300.jpg 143w" sizes="(max-width: 281px) 100vw, 281px" /></figure>



<p>Né en 1927 à Babouantou, dans le département du Haut-Nkam, à l’Ouest du Cameroun, Lévis Koloko grandit dans un contexte colonial où les perspectives de réussite pour les Africains demeurent limitées.</p>



<p>Après l’obtention de son CEPE en 1947, il quitte son village natal pour rejoindre Douala, métropole économique en pleine expansion.</p>



<p>Comme beaucoup de jeunes de sa génération, il arrive dans la capitale économique sans fortune ni appuis, porté uniquement par une volonté farouche de réussir.</p>



<p>À Douala, Koloko exerce plusieurs activités avant de trouver sa voie. Travailleur infatigable, il apprend rapidement les mécanismes du commerce et du transport. Dans les années 1950, il se lance dans le transport routier par camions et connaît une ascension rapide.</p>



<p>Son dynamisme et son sens de l’organisation lui valent de devenir l’un des acteurs majeurs du secteur, jusqu’à présider le Syndicat national des transporteurs.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="874" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_roi-du-fer-874x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3563" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_roi-du-fer-874x1024.jpg 874w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_roi-du-fer-256x300.jpg 256w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_roi-du-fer-768x900.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_roi-du-fer.jpg 974w" sizes="(max-width: 874px) 100vw, 874px" /></figure>



<p>Le destin de Lévis Koloko bascule brutalement dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales précédant l’indépendance du Cameroun. En 1955, puis de nouveau en 1960, ses camions sont incendiés durant les troubles qui secouent le pays.</p>



<p>Lui-même racontera plus tard avec simplicité : « J’étais d’abord transporteur par camions. En 1955 on a brûlé mes camions… Ces camions furent encore brûlés en 1960. Alors je décidai de faire n’importe quoi pour nourrir ma famille. »</p>



<p>Pour beaucoup, ces destructions auraient marqué la fin d’une carrière. Pour Koloko, elles deviennent au contraire le point de départ d’une renaissance. Face aux carcasses métalliques de ses véhicules détruits, il développe une intuition qui fera sa fortune : les déchets industriels ont une valeur. Il commence alors à récupérer, démonter, trier et revendre les pièces encore utilisables.</p>



<p>Dans une société où « casseur » est encore perçue comme un métier dégradant, il subit des moqueries. Pour certains, il s’amuse avec le tétanos ; pour d’autres ; il occupe l’espace avec ses tas de ferraille.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="577" height="435" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis_koloko_roi-de-la-ferraille.jpg" alt="" class="wp-image-3564" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis_koloko_roi-de-la-ferraille.jpg 577w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis_koloko_roi-de-la-ferraille-300x226.jpg 300w" sizes="(max-width: 577px) 100vw, 577px" /></figure>



<p>Koloko ne se laisse pas démoraliser ; il collecte des épaves automobiles, des moteurs hors d’usage, des engins industriels abandonnés, des pièces mécaniques usées ou accidentées. Ses dépôts de Douala notamment à Bassa, Akwa et New-Bell ; deviennent progressivement de véritables centres de récupération métallurgique à ciel ouvert.</p>



<p>Koloko développe alors un modèle économique d’une remarquable modernité. Les pièces détachées encore fonctionnelles sont revendues localement à des chauffeurs, mécaniciens ou transporteurs incapables d’acheter du neuf. Les métaux récupérés sont triés puis exportés. Certaines machines sont restaurées et remises en circulation ; d’autres sont démontées pour alimenter un marché parallèle de pièces mécaniques devenu essentiel à l’économie urbaine camerounaise.</p>



<p>Très tôt, il comprend que la ferraille n’est pas une activité de survie mais une filière industrielle complète et rentable. Bulldozers, grues, tracteurs, matériels de travaux publics ou véhicules accidentés passent entre ses mains. Grâce à son sens aigu des affaires, il parvient à valoriser chaque composant. Cette capacité à extraire de la valeur de ce que les autres considèrent comme inutile lui vaut progressivement son surnom devenu mythique : « le Roi de la Ferraille ».</p>



<p>Lévis Koloko bâtit véritable une fortune. Il développe également une véritable philosophie du travail. Dans un entretien accordé à la presse au milieu des années 70, il affirme : « J’ai découvert par la ferraille qu’il n’y a pas de sot métier. »</p>



<p>Cette phrase devient sa devise. Elle résume sa vision profondément populaire de la réussite : aucun travail honnête n’est indigne lorsqu’il permet de nourrir sa famille et de construire quelque chose d’utile.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="278" height="592" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_.jpg" alt="" class="wp-image-3565" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_.jpg 278w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_-141x300.jpg 141w" sizes="auto, (max-width: 278px) 100vw, 278px" /></figure>



<p>Dans un pays où certains métiers manuels étaient méprisés, Koloko contribue à redonner de la dignité à toute une économie informelle fondée sur la débrouillardise, la récupération et l’ingéniosité.</p>



<p>Son influence dépasse rapidement le cadre des affaires. Homme engagé, Lévis Koloko participe activement à la vie politique camerounaise. Militant de la première heure de l’Union Nationale Camerounaise (UNC), puis membre influent du RDPC, il devient député à l’Assemblée nationale, vice-président départemental du parti dans le Wouri, membre du comité central puis du bureau politique. Malgré les bouleversements politiques qu’a connus le Cameroun &#8211; de l’UC à l’UNC puis au RDPC &#8211; il demeure une figure respectée et influente dans le Littoral comme dans l’Ouest. Durant les villes mortes, sa maison est attaquée.</p>



<p>Les témoignages de l’époque le décrivent comme profondément attaché à sa communauté. Grâce à sa réussite, il finance des œuvres sociales dans le Haut-Nkam et à Douala : dispensaires, écoles, routes, chapelles et aides diverses aux populations.</p>



<p>À Babouantou, son village natal, il fait construire plusieurs infrastructures communautaires et demeure très impliqué dans la vie locale malgré son succès à Douala.</p>



<p>La réussite de Lévis Koloko impressionne autant qu’elle intrigue. Il diversifie ses activités dans les travaux publics, l’immobilier et le commerce des matériaux industriels.</p>



<p>Koloko Levis fait vivre une grande famille : la presse de l’époque évoque une immense famille composée de plusieurs épouses, de dizaines d’enfants et de petits-enfants.</p>



<p>Lorsque Lévis Claude Koloko s’éteint le 20 juillet 1994 à Douala, la presse nationale lui rend hommage comme à un « meneur d’hommes », un patriote et un pionnier économique. Ses funérailles à Babouantou rassemblent responsables politiques, opérateurs économiques, militants et anonymes venus saluer celui qui aura marqué plusieurs décennies de la vie camerounaise.</p>



<p>Son héritage reste aujourd’hui immense. Des milliers de ferrailleurs, recycleurs, vendeurs de pièces détachées et récupérateurs perpétuent encore, souvent sans le savoir, l’intuition de ce pionnier.</p>



<p>Une rue porte son nom à Douala : « la Rue KOLOKO » , qu’il a vue de son vivant.</p>



<p>Le parcours de Levis Koloko « Le roi de la ferraille » montre qu’un empire peut naître des ruines, qu’un métier méprisé peut devenir une industrie, et qu’aucune chute n’est définitive pour celui qui sait transformer l’épreuve en opportunité.</p>



<p>L’oubli est la ruse du diable !</p>



<p>Arol KETCH – 23.05.2026</p>



<p>Rat de archives</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/23/%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%af%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac-%f0%9d%90%8a%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a4%f0%9d%90%a8-%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%a8/">𝐋𝐞́𝐯𝐢𝐬 𝐊𝐨𝐥𝐨𝐤𝐨 — 𝐋𝐞 𝐫𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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