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	<title>Archives des Namama Aba - Arol Ketch Raconte</title>
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		<title>𝐋’𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐜𝐲𝐜𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐒𝐨𝐲𝐚</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 14:38:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le « soya » est une savoureuse brochette de viande très populaire au Cameroun, généralement vendue au bord des routes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/27/%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%ae-%f0%9d%90%9c%f0%9d%90%b2%f0%9d%90%9c%f0%9d%90%a5/">𝐋’𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐜𝐲𝐜𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐒𝐨𝐲𝐚</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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<p></p>



<p>Le « soya » est une savoureuse brochette de viande très populaire au Cameroun, généralement vendue au bord des routes. C’est aussi le surnom devenu légendaire d’un cycliste camerounais qui a profondément marqué son époque.</p>



<p>Soya était un coureur à part. Éternel dernier des compétitions, il était pourtant l’attraction incontournable des tours cyclistes. Symbole de courage, de volonté et de persévérance, il avait fini par devenir si familier au public que son absence suffisait à vider les rues. Même dans les villages les plus reculés, son nom était connu et acclamé.</p>



<p>Sa popularité reposait justement sur ce paradoxe : Soya était toujours « bon dernier ». Dernier… mais célèbre. Pour lui, l’essentiel était de participer, fidèle à l’esprit défendu par Pierre de Coubertin.</p>



<p>À chaque course, les foules se pressaient pour assister à son arrivée. Malgré sa place constante en queue de peloton, jamais il n’abandonnait. Il prenait toujours le départ, avec la même détermination. Pour toute une génération, son nom a même fini par désigner la dernière place d’un classement.</p>



<p>Il arrivait parfois plusieurs heures après le vainqueur. Il n’était pas rare de le voir descendre de vélo pour avancer à pied, poussant courageusement sa bicyclette. Pourtant, le public restait là, attendant son passage avec impatience, scandant son nom avec ferveur : Soya ! Soya ! Soya !</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="975" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Le-cycliste-Soya-975x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3572" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Le-cycliste-Soya-975x1024.jpg 975w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Le-cycliste-Soya-286x300.jpg 286w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Le-cycliste-Soya-768x807.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Le-cycliste-Soya.jpg 1125w" sizes="(max-width: 975px) 100vw, 975px" /></figure>



<p>Les spectateurs ne quittaient jamais la ligne d’arrivée avant son passage. Peu à peu, le mot « Soya » entra dans le langage populaire pour désigner les derniers.</p>



<p>Plusieurs légendes entourent l’origine de ce surnom. Selon l’une d’elles, il aurait été baptisé « Soya » après s’être arrêté, durant une course, pour déguster une brochette offerte par un vendeur ambulant. Le geste serait ensuite devenu une habitude : à chaque compétition, il prenait le temps de savourer du soya avant de reprendre la route.</p>



<p>Une autre version affirme que ce surnom venait de ses supposées origines nordistes et du fait qu’il vivait à la Briqueterie, à Yaoundé, véritable temple du soya, notamment du côté de la descente de la Grande Mosquée où se trouvait le premier quartier général des braiseurs de soya de la capitale.</p>



<p>Mais la véritable histoire semble bien différente.</p>



<p>Nous sommes en 1954, lors d’une course cycliste dont le départ est donné à l’ancienne mairie de Yaoundé. Alors qu’il grimpe la côte du lycée Leclerc, deux jeunes filles accourent vers lui et lui tendent deux sucettes. Il en met une dans sa bouche et glisse l’autre dans sa poche.</p>



<p>En apercevant le bâtonnet dépassant de ses lèvres, certains spectateurs croient qu’il est en train de manger une brochette de soya et commencent aussitôt à l’appeler « Soya ». Malgré ses explications, rien n’y fait : pour le public, il mange bel et bien du soya. Le surnom était né… et il le portera fièrement durant toute sa carrière.</p>



<p>Véritable phénomène populaire, Soya avait conquis le cœur des Camerounais. Lorsqu’il manquait une course, le public manifestait son mécontentement. Mieux encore : lorsqu’il perdait son vélo, tout le monde se mobilisait pour le retrouver, car il était impensable qu’une compétition ait lieu sans lui.</p>



<p>Ainsi, en 1975, alors qu’il assistait au match Cameroun–Togo au stade Ahmadou Ahidjo, son vélo disparaît du parking. Une vaste mobilisation est lancée à travers le pays, et une annonce paraît même dans le quotidien national Cameroon Tribune.</p>



<p>En août 1985, rebelote : son vélo, qu’il utilisait depuis sept ans, est volé à son domicile de la Briqueterie. Soya en tombe malade. Pour lui, le cyclisme était une véritable raison de vivre. Ne plus courir l’affectait profondément.</p>



<p>Inquiets de ne plus le voir sur les routes, les Camerounais se mobilisent une nouvelle fois. L’affaire est relayée dans les colonnes de Cameroon Tribune, jusqu’à ce qu’un ministre de la République, Joseph Fofé, lui-même passionné de cyclisme, lui offre finalement un vélo flambant neuf.</p>



<p>Soya avait d’ailleurs déjà roulé aux côtés de Paul Biya et de Joseph Fofé. Ensemble, ils avaient parcouru les routes de Soa, Mbalmayo et Zamengoué.</p>



<p>———Arol Ketch ————-</p>



<p>Mais qui était réellement cet homme, ce « bon dernier » adulé comme un héros ?</p>



<p>De son vrai nom Namama Aba, Soya serait né vers 1929. Marié et père de cinq enfants, il exerçait le métier de réparateur de radios à la Briqueterie.</p>



<p>Il débute le cyclisme en 1953 avec une licence de la Fédération française de cyclisme, le Cameroun n’étant pas encore indépendant. À cette époque, les grandes figures du cyclisme local s’appellent tangana Paul, Atangana , Onana Jean Bernard, Thomas, Awouma boniface, Jean Lagarde, Bekombo Danger, Ekambi, Chevalier jean-Marie, Btamé, Black, Assomo Enoch, Pommier Boniface, Bitchantchang, Simo Joseph, Djambou, Mamouda, Toko, Mayembé, Belibi, Temé, Jean Manga, Atangana Sylvestre, Mafack, Moussa, Ngoulemakong, Ottou, Mveng Marc, Otélé et bien d’autres encore.</p>



<p>Soya restera surtout comme un immense symbole d’endurance. Il a continué à courir jusqu’à l’âge de 60 ans, ce qui explique aussi ses fréquentes dernières places : il était souvent le plus âgé des coureurs. En près de quarante ans de carrière, il ne remportera qu’une seule course, lors de la fête de la Réunification en 1961.</p>



<p>Passionné de football, il ne manquait presque aucun match au stade Ahmadou Ahidjo, surtout lorsque le Tonnerre de Yaoundé jouait. Il en était un fervent supporter.</p>



<p>Soya, l’éternelle lanterne rouge, n’a peut-être jamais connu le bonheur d’une grande victoire. Mais son véritable bonheur se lisait sur son visage chaque fois qu’il enfourchait son vélo.</p>



<p>Il était l’ami de tous. Hommes, femmes et enfants scandaient son nom à chacune de ses apparitions.</p>



<p>L‘oubli est la ruse du diable !</p>



<p>Arol KETCH – 26.05.2026<br>Rat des archives</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/27/%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%ae-%f0%9d%90%9c%f0%9d%90%b2%f0%9d%90%9c%f0%9d%90%a5/">𝐋’𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐜𝐲𝐜𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐒𝐨𝐲𝐚</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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