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	<title>Archives des négrophobie - Arol Ketch Raconte</title>
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	<description>Archives, Faits divers,  Récits, Histoire du monde</description>
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		<title>𝐈𝐥 𝐲 𝐚 𝟐𝟓 𝐚𝐧𝐬 𝐦𝐨𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐒𝐥𝐢𝐦 𝐌𝐚𝐫𝐳𝐨𝐮𝐠 : 𝐋’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐧𝐨𝐢𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐓𝐮𝐧𝐢𝐬𝐢𝐞 𝐚 𝐯𝐨𝐮𝐥𝐮 𝐞𝐟𝐟𝐚𝐜𝐞𝐫</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Aug 2026 18:53:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Slim Marzoug]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des noms qui ont été effacé des mémoires. Celui de Slim Marzoug en fait partie. C&#8217;est l&#8217;histoire</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/08/03/%f0%9d%90%88%f0%9d%90%a5-%f0%9d%90%b2-%f0%9d%90%9a-%f0%9d%9f%90%f0%9d%9f%93-%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%ac-%f0%9d%90%a6%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ad/">𝐈𝐥 𝐲 𝐚 𝟐𝟓 𝐚𝐧𝐬 𝐦𝐨𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐒𝐥𝐢𝐦 𝐌𝐚𝐫𝐳𝐨𝐮𝐠 : 𝐋’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐧𝐨𝐢𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐓𝐮𝐧𝐢𝐬𝐢𝐞 𝐚 𝐯𝐨𝐮𝐥𝐮 𝐞𝐟𝐟𝐚𝐜𝐞𝐫</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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<p></p>



<p>Il y a des noms qui ont été effacé des mémoires. Celui de Slim Marzoug en fait partie.</p>



<p>C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme noir brillant, diplômé, ambitieux et profondément engagé. Ingénieur en aéronautique formé à Paris et aux États-Unis, revenu servir son pays ; on a brisé son bel avenir par pur racisme.</p>



<p>Parce qu&rsquo;il a osé nommer le racisme anti-Noirs en Tunisie et fonder le premier mouvement politique noir du pays, le pouvoir de Bourguiba ne l&rsquo;a ni jugé ni emprisonné : il l&rsquo;a fait enfermer dans un asile psychiatrique, où il a passé plus de trente ans. Voici son parcours.</p>



<p>Slim Moussa connu sous le nom de Slim Marzoug, du nom de sa mère Zina naît et grandit à Gabès, dans le sud tunisien, dans une société où les hiérarchies raciales sont anciennes et profondément enracinées. C’est un esprit brillant : il part étudier à l&rsquo;étranger, décroche une formation d&rsquo;ingénieur en aéronautique à Paris, complète son parcours aux États-Unis.</p>



<p>Il revient au pays dans les années 1960 non pas assagi, mais aiguisé. À l&rsquo;étranger, il a vu autre chose. Il a croisé les luttes noires du monde, senti souffler le vent des indépendances et des droits civiques. Il rentre avec une conscience politique nette : l&rsquo;égalité, la justice, la dignité ne sont pas négociables. Ses proches le surnommaient « Général Slim ». Un voisin, des décennies plus tard, se souviendra de sa prestance et dira qu&rsquo;il ressemblait à Patrice Lumumba, et que sa seule présence effrayait les autorités.</p>



<p>Diplômé, compétent, prêt à servir son pays, Marzoug demande une place dans l&rsquo;appareil de l&rsquo;État nouvellement indépendant. Selon le témoignage de sa sœur, Habib Bourguiba la lui refuse à cause de la couleur de sa peau. Le président lui propose, en guise de lot de consolation, un poste d&rsquo;ambassadeur dans un pays d&rsquo;Afrique subsaharienne pour qu&rsquo;il aille, disait-il, « rejoindre les siens ».</p>



<p>Tout est là, dans cette phrase. Un Tunisien renvoyé hors de sa propre nation au motif de sa couleur. Marzoug repart vers le Sud, blessé mais debout.</p>



<p>De retour à Gabès, il tente de créer un parti politique rassemblant les Tunisiens noirs. Il organise des réunions à Mdou, à Arram, dans les villages alentour où la population noire est nombreuse. Il met des mots sur une condition que tous vivaient en silence. Dans les années 1960, il est l&rsquo;un des tout premiers Tunisiens noirs à porter la question du racisme anti-Noirs sur la place publique.</p>



<p>Le régime de Bourguiba voyait dans cette mobilisation une menace. Et si elle prenait une ampleur nationale ? Et si elle se reliait à la cause afro-américaine, aux luttes noires internationales ? Le pouvoir décide d&rsquo;étouffer l&rsquo;affaire.</p>



<p>La méthode est glaçante de calcul. On ne juge pas Marzoug ; un procès lui donnerait une tribune. On ne l&#8217;emprisonne pas ; un prisonnier politique devient un symbole. On le déclare fou et on l’interne dans un asile.</p>



<p>Après une arrestation et des passages en détention, Slim Marzoug est interné à l&rsquo;hôpital psychiatrique Razi de La Manouba, dans la banlieue de Tunis. Il y restera plus de trente ans. Sa famille raconte des scènes d&rsquo;une brutalité difficile à soutenir : des policiers venant le rouer de coups jusque chez lui, moteur allumé, ordonnant aux voisins de fermer leurs portes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="563" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/08/Slim-Marzoug-563x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3614" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/08/Slim-Marzoug-563x1024.jpg 563w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/08/Slim-Marzoug-165x300.jpg 165w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/08/Slim-Marzoug.jpg 768w" sizes="(max-width: 563px) 100vw, 563px" /></figure>



<p>Sa sœur a toujours contesté qu&rsquo;il fût malade. Elle rappelait qu&rsquo;il avait mené une grève de la faim de cinq mois à l&rsquo;hôpital ; le geste d&rsquo;un prisonnier de conscience, non celui d&rsquo;un aliéné.</p>



<p>Le jour de sa dernière arrestation, il était en pyjama. Il a demandé le temps de s&rsquo;habiller, a enfilé son costume, a pris un livre. On ne le reverra pas avant très longtemps.</p>



<p>En 1987, le régime bascule. Un coup d’Etat médical évince Bourguiba. La famille de Marzoug prépare un dossier pour obtenir enfin sa libération.</p>



<p>Et là, un geste bouleversant : il refuse de sortir. À quoi bon ? Qui lui rendrait les décennies volées ? Il a vieilli entre ces murs, il y a ses journaux, ses médicaments, quelques médecins devenus des visages familiers.</p>



<p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un mois avant sa mort que l&rsquo;hôpital le renvoie chez sa sœur, à Gabès. D’après le témoignage de sa nièce : parti en costume, un livre à la main, il revient au même endroit près de quarante ans plus tard, en couche pour adulte, sous un drap, le corps douloureux, ne parlant plus, gémissant seulement. Il s&rsquo;éteint en août 2001.</p>



<p>Pendant des années, prononcer son nom faisait courir un risque. On parlait de lui à voix basse, « surtout à l&rsquo;époque de Bourguiba ». Sa propre famille avait fini par enfouir les souvenirs. Le silence imposé de son vivant s&rsquo;est prolongé après sa mort, jusqu&rsquo;à ce que des chercheurs : la sociologue Maha Abdelhamid au premier rang, après d&rsquo;autres comme Inès Mrad Dali ; recueillent le témoignage de sa sœur et arrachent son histoire du linceul de l’oubli.</p>



<p>Car c&rsquo;est bien de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit. On n&rsquo;a pas seulement enfermé un homme : on a voulu supprimer une idée, effacer une preuve, faire comme si le racisme tunisien n&rsquo;avait jamais eu de visage ni de voix. Slim Marzoug fut ce visage et cette voix. Il a payé son courage de sa liberté, de sa santé, de sa vie entière.</p>



<p>Hier c’était Slim Marzoug ; aujourd’hui c’est Saadia Mosbah. La militante tunisienne noire, antiraciste Saadia Mosbah a été récemment condamnée à 8 ans de prison, sur la base d’ « accusations infondées » selon Amnesty International ;</p>



<p>L&rsquo;oubli est la ruse du diable !</p>



<p>Arol KETCH</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/08/03/%f0%9d%90%88%f0%9d%90%a5-%f0%9d%90%b2-%f0%9d%90%9a-%f0%9d%9f%90%f0%9d%9f%93-%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%ac-%f0%9d%90%a6%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ad/">𝐈𝐥 𝐲 𝐚 𝟐𝟓 𝐚𝐧𝐬 𝐦𝐨𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐒𝐥𝐢𝐦 𝐌𝐚𝐫𝐳𝐨𝐮𝐠 : 𝐋’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐧𝐨𝐢𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐓𝐮𝐧𝐢𝐬𝐢𝐞 𝐚 𝐯𝐨𝐮𝐥𝐮 𝐞𝐟𝐟𝐚𝐜𝐞𝐫</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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