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	<title>Archives des Samuel Eboua - Arol Ketch Raconte</title>
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	<description>Archives, Faits divers,  Récits, Histoire du monde</description>
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	<title>Archives des Samuel Eboua - Arol Ketch Raconte</title>
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	<item>
		<title>𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 𝐫𝐞𝐠𝐫𝐞𝐭𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐚𝐦𝐞̀𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́ 𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐚̀ 𝐁𝐢𝐲𝐚</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Sep 2025 09:38:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmadou Ahidjo]]></category>
		<category><![CDATA[Paul BIYA]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Eboua]]></category>
		<category><![CDATA[UNC]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Je vous prends à témoins, Mesdames, Messieurs, de ce que j&#8217;ai laissé un Etat qui était l&#8217;un des rares,</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2025/09/08/%f0%9d%90%90%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%9d-%f0%9d%90%80%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%a3%f0%9d%90%a8-%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%a0%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9e/">𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 𝐫𝐞𝐠𝐫𝐞𝐭𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐚𝐦𝐞̀𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́ 𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐚̀ 𝐁𝐢𝐲𝐚</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="550" height="385" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2025/09/Paul-Biya-et-Ahidjo_.jpg" alt="" class="wp-image-3259" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2025/09/Paul-Biya-et-Ahidjo_.jpg 550w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2025/09/Paul-Biya-et-Ahidjo_-300x210.jpg 300w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2025/09/Paul-Biya-et-Ahidjo_-130x90.jpg 130w" sizes="(max-width: 550px) 100vw, 550px" /></figure>



<p>« Je vous prends à témoins, Mesdames, Messieurs, de ce <a></a>que j&rsquo;ai laissé un Etat qui était l&rsquo;un des rares, en Afrique francophone, dont le monde entier saluait la situation saine, gage de nombreux progrès dans un monde où le marasme économique et les difficultés financières étaient très répandues et; si tous les Etats n&rsquo;en mourraient pas, tous étaient durement frappés</p>



<p>[….]</p>



<p>J&rsquo;aurais pu, si je l&rsquo;avais voulu, ne rien dire, rester encore quelques temps à la tête du pays, procéder à un remaniement ou à la constitution d&rsquo;un nouveau gouvernement avec un nouveau Premier ministre et ne démissionner qu&rsquo;après.</p>



<p>M. Biya serait rentré dans l&rsquo;anonymat d&rsquo;où je l&rsquo;ai sorti pour le conduire à la tête de l&rsquo;Etat, sans conquérir, lui qui était inconnu de l&rsquo;immense majorité ou de la quasi- totalité des Camerounais, y compris ceux de son village, lui qui n&rsquo;avait jamais reçu aucun mandat du peuple, pas même celui de conseiller municipal. Le Cameroun aurait continué son chemin.</p>



<p>M. Biya et ses amis qui se comportent et parlent comme s&rsquo;ils avaient été de tout temps des opposants déclarés et déterminés du régime que je présidais et qu&rsquo;ils avaient triomphé et m&rsquo;avaient chassé du pouvoir !</p>



<p>Je reconnais humblement m&rsquo;être trompé sur la personne que j&rsquo;avais estimée, protégé, comblée et portée tout seul à la tête de l&rsquo;Etat.</p>



<p>Mais cela est une autre histoire que mon propos n&rsquo;est pas d&rsquo;approfondir aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>Je tiens quand même à remercier les Camerounais de s&rsquo;y être trompés également en l&rsquo;élisant, à ce qu&rsquo;on dit avec 99,98% des voix.</p>



<p>S&rsquo;il est vrai qu&rsquo;il en a été ainsi, ils me libèrent moralement de la culpabilité que je ressentais en me considérant comme le seul responsable.</p>



<p>Il est vrai que beaucoup disent, avec raison, que si M. Biya n&rsquo;avait pas été en position de me remplacer constitutionnellement et si je ne l&rsquo;avais pas installé en vertu des dispositions constitutionnelles que j&rsquo;avais moi-même fait adopter, il n&rsquo;aurait jamais eu la moindre chance de devenir président de la République. […]</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="953" height="595" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2025/09/Ahidjo_Biya_Eboua.jpg" alt="" class="wp-image-3260" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2025/09/Ahidjo_Biya_Eboua.jpg 953w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2025/09/Ahidjo_Biya_Eboua-300x187.jpg 300w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2025/09/Ahidjo_Biya_Eboua-768x479.jpg 768w" sizes="(max-width: 953px) 100vw, 953px" /></figure>



<p>Comme je l&rsquo;ai dit plus haut, j&rsquo;avais fait de M. Paul Biya membre du comité central et vice-président du parti. Je lui avais donné tout pouvoir pour me remplacer et diriger le Parti en cas d&rsquo;absence ou d&#8217;empêchement.</p>



<p>Je lui avais dit que le président, étant élu par le congrès, je quitterais la présidence à son profit avant- le congrès prochain.</p>



<p>Ma surprise a été grande, dans ces conditions, de recevoir de M. Biya, alors que j&rsquo;étais à la clinique à Nice, et qu&rsquo;il avait tous les pouvoirs, une lettre par laquelle il me demandait de lui abandonner la présidence de l&rsquo;UNC.</p>



<p>Je lui répondis que ce problème qui n&rsquo;en était pas un en réalité si l&rsquo;on veut bien se reporter à ce que je viens de répéter ne concernait pas que moi et que, aucun péril ne menaçant, nous en déciderons ensemble dès mon prochain retour au pays.</p>



<p>C&rsquo;est après la réception de ma réponse que mon aide de camp, Salatou, a été arrêté. Quant au commandant Ibrahim, il fut inquiété et se vit retirer son passeport.</p>



<p>Quelques jours après, il est arrêté.</p>



<p>Quand le commandant Ibrahim et le capitaine Salatou ont été arrêtés, tout avait déjà été préparé. Avant même qu&rsquo;ils aient été interrogés, un document qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient plus qu&rsquo;à signer était déjà établi.</p>



<p>Les menaces, les sévices, la torture ont convaincu les deux malheureux d&rsquo;avoir à s&rsquo;exécuter. Ce sont là, les « aveux spontanés ». Mais à vouloir trop faire, on finit par faire des bêtises et par se trahir.</p>



<p>[…]</p>



<p>Je l&rsquo;avais pris (Paul Biya) , à la fin de ses études, auprès de moi, dans l&rsquo;équipe de mon cabinet. Je l&rsquo;avais confié à un moment donné à M. Eteki Mboumoua, alors ministre de l&rsquo;Education nationale, pour être son directeur de cabinet. Puis je l&rsquo;avais repris à mon cabinet, où il devait faire toute sa carrière.</p>



<p>Quoi que je pense aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;homme et de la grave erreur d&rsquo;appréciation que j&rsquo;ai commise le concernant, rien ne m&#8217;empêche de dire qu&rsquo;il était sérieux, travailleur, pondéré et, selon toute apparence, dévoué.</p>



<p>Je n&rsquo;ignore pas que ses camarades du séminaire l&rsquo;appelaient «Mademoiselle», ni que les ministres se plaignaient souvent de ce qu&rsquo;il ne tranchait jamais un problème de quelque importance, si cela impliquait de prendre une responsabilité.</p>



<p>Je me disais que, mis en situation et la fonction aidant, je le croyais sincèrement, pourrait devenir un président conformément aux espoirs que je mettais en lui pour le plus grand bien du Cameroun.</p>



<p>Comme il n&rsquo;était pas du Nord, qu&rsquo;il était chrétien, qu&rsquo;il descendait d&rsquo;une petite ethnie du Centre-Sud, il m&rsquo;a semblé qu&rsquo;il pouvait, plus facilement que d&rsquo;autres, être un trait d&rsquo;union dans le pays que l&rsquo;on ne m&rsquo;accuserait pas de privilégier le Nord, de confisquer le pouvoir aux mains des hommes du Nord et de ma religion. Arrivé au poste suprême, l&rsquo;homme ne mit pas longtemps à se découvrir, tel qu&rsquo;en lui-même il était vraiment.</p>



<p>Parvenu au pouvoir, M. Biya ne courait pas d&rsquo;autres risques que ceux inhérents à sa charge et n&rsquo;était pas plus menacé que les autres chefs d&rsquo;Etat, ses pairs. La vérité, je l&rsquo;avais dite dans la seule déclaration que j&rsquo;ai faite depuis le début de la rupture entre M. Biya et moi. Certains ont trouvé mon propos excessif.</p>



<p>J&rsquo;ai parlé des phobies des complots et d&rsquo;assassinats. J&rsquo;aurais dû dire hantise. Mais depuis, les choses n&rsquo;ont fait que croître. Tout le monde reconnaîtra que nous sommes maintenant réellement en pleine phobie pour employer un euphémisme.</p>



<p>Une véritable psychose en tout cas. M. Paul Biya est littéralement tenaillé par la peur morbide de perdre le pouvoir et, depuis qu&rsquo;il a monté son coup, par celle d&rsquo;être assassiné. C&rsquo;est dommage, car chacun sait à quels actes irresponsables sont conduites les personnes atteintes de ce mal.</p>



<p>Une preuve supplémentaire de la panique dans laquelle vit M. Biya, je la trouve dans la réforme constitutionnelle à laquelle il vient de procéder quant aux modalités de remplacement du président de la République en cas de vacance survenant en cours de mandat.</p>



<p>Comment quelqu&rsquo;un qui vient de se faire élire, étant déjà président et exerçant pleinement la fonction avant et pendant les élections, peut-il trouver la chose inacceptable quand il s&rsquo;agit d&rsquo;un autre ? Pourquoi ce qui est bon pour lui ne le serait-il pas pour un autre, notamment pour le président de l&rsquo;Assemblée nationale assurant l&rsquo;intérim pendant la vacance, interdit lui, de candidature! Parce qu&rsquo;il croit s&rsquo;être ainsi protégé contre la perte du pouvoir et la perte de la vie.</p>



<p>La succession n&rsquo;étant plus automatique et l&rsquo;élection devenant totalement ouverte, il ne servirait à rien, pense-t-il de provoquer sa chute d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre. Ces explications, nous assure-t-on, proviennent de bonnes sources: de ses amis et inspirateurs.</p>



<p>[…]</p>



<p>M. Biya devrait méditer le mot d&rsquo;Abraham Lincoln: « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps. Mais l&rsquo;on ne peut tromper tout le peuple tout le temps. »</p>



<p>A bon entendeur salut!</p>



<p>ADIEU MONDE CRUEL, MONDE INGRAT !</p>



<p>Mesdames, messieurs,</p>



<p>Il me faut conclure, en vous remerciant de votre aimable attention. Pourquoi dissimuler la tristesse, la très grande tristesse qui m&rsquo;envahit devant ce qui se passe au Cameroun et qui constitue non seulement une honte pour Mon pays qui ne la mérite pas, mais aussi selon les nombreux et émouvants témoignages que je reçois de toute part, une honte pour l&rsquo;Afrique.</p>



<p>Il ne s&rsquo;agit pas de ma personne. Ce qui me préoccupe, c&rsquo;est le Cameroun. Je l&rsquo;ai servi de mon mieux, de toutes les capacités de mon être et lui ai consacré tous mes efforts.</p>



<p>Beaucoup se souviennent de ces temps difficiles de troubles et de sang où mon pays était en proie au terrorisme, aux déchirements, à l&rsquo;insécurité.</p>



<p>Personne n&rsquo;oubliera que le 4 novembre 1982, quand j&rsquo;ai décidé librement d&rsquo;abandonner le pouvoir, il était un pays pacifié, unifié, calme, paisible, prospère.</p>



<p>Comment pourra-t-on parler de tout cela en effaçant totalement Ahidjo ?</p>



<p>Et comment Paul Biya s&rsquo;y prendra-t-il pour faire croire aux générations qui viennent, à ceux pour qui nous avons travaillé, ceux pour qui nous devons travailler, qu&rsquo;il est sorti le 6 novembre 1982 président de la République, tout droit et par une génération spontanée de la cuisse de Jupiter et non de la volonté d&rsquo;Ahidjo ?</p>



<p>J&rsquo;ai confiance dans mon pays; J&rsquo;ai confiance dans sa jeunesse; confiance dans les hommes et les femmes du Cameroun. Ma foi dans celle-ci et dans celle-là demeure intacte et inébranlable. Dieu protège le Cameroun !</p>



<p>Je sais qu&rsquo;il y a eu des parricides dans l&rsquo;histoire; ce sont les Grecs qui ont tué Socrate. Mais il y a des limites qu&rsquo;il ne faut pas dépasser. Trop c&rsquo;est trop ! »</p>



<p>Source : Afrique-Asie &#8211; Paris 5 Mars 1984 avec la courtoisie de Daniel Essissima</p>



<p>La terre est sale ! Si è ne mvit ! Ngo Bagdeu !</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2025/09/08/%f0%9d%90%90%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%9d-%f0%9d%90%80%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%a3%f0%9d%90%a8-%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%a0%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9e/">𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 𝐫𝐞𝐠𝐫𝐞𝐭𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐚𝐦𝐞̀𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́ 𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐚̀ 𝐁𝐢𝐲𝐚</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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		<title>La fessée nationale souveraine</title>
		<link>https://www.arolketchraconte.com/2024/11/16/la-fessee-nationale-souveraine/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Nov 2024 11:19:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En septembre 1991, le directoire de l’opposition camerounaise, en quête de changement, entame une tournée médiatisée dans plusieurs pays occidentaux.</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2024/11/16/la-fessee-nationale-souveraine/">La fessée nationale souveraine</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>En septembre 1991, le directoire de l’opposition camerounaise, en quête de changement, entame une tournée médiatisée dans plusieurs pays occidentaux. L’objectif est clair : dénoncer les atteintes aux droits de l’homme imputées au régime du président Paul Biya.</p>



<p>Face à ce qu’ils considèrent comme une dictature, les opposants adressent un ultimatum au chef de l’État et exigent l’organisation d’une Conférence Nationale Souveraine. Leur discours <a></a>est sans équivoque : « Si Biya s’entête, nous le débarquons. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="730" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/directoire-de-lopposition-Cameroun-1991-730x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2937" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/directoire-de-lopposition-Cameroun-1991-730x1024.jpg 730w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/directoire-de-lopposition-Cameroun-1991-214x300.jpg 214w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/directoire-de-lopposition-Cameroun-1991-768x1077.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/directoire-de-lopposition-Cameroun-1991.jpg 1025w" sizes="(max-width: 730px) 100vw, 730px" /></figure>



<p>Cependant, à leur retour au Cameroun, ce n’est pas une conférence nationale qu’ils obtiennent, mais une réponse d’une violence inouïe, que l’histoire retiendra sous le nom de « fessée nationale souveraine ».</p>



<p>Tout commence le 23 septembre 1991 lors d’une manifestation populaire à Douala, organisée par l’opposition pour exiger cette fameuse conférence. Le directoire, composé de figures de proue telles que Samuel Eboua (président du directoire), Sindjoun Pokam, Augustin Frédéric Kodock, Jean-Jacques Ekindi, Charles Tchoungang, Siméon Kiussu, Alexander Taku, et Gustave Essaka etc défie ouvertement le régime.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="895" height="520" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Fessee-nationale-souveraine_Cameroun-1991.jpg" alt="" class="wp-image-2938" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Fessee-nationale-souveraine_Cameroun-1991.jpg 895w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Fessee-nationale-souveraine_Cameroun-1991-300x174.jpg 300w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Fessee-nationale-souveraine_Cameroun-1991-768x446.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 895px) 100vw, 895px" /></figure>



<p>Leur détermination à défier Paul Biya leur vaudra une répression brutale.</p>



<p>Les principaux leaders sont arrêtés et conduits à la gendarmerie du port à Douala. Là, ils sont déshabillés, allongés sur le sol d’une cellule insalubre, avant d’être soumis à des tortures inhumaines.</p>



<p>Fouettés sur les fesses et les plantes des pieds, ils subissent un traitement humiliant et douloureux. Parmi eux, Samuel Eboua, ancien ministre, ancien secrétaire général de la présidence et président du directoire de l’opposition, fait figure de cible privilégiée. Malgré son âge avancé (67 ans), il est violemment torturé, au même titre que des figures comme Anicet Ekani, Henriette Ekwe, Gustave Essaka et Jean-Jacques Ekindi. Ce dernier, particulièrement torturé à coups de machette, voit ses pieds gonfler à un point tel qu’ils ressemblent à deux ballons de football.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="618" height="499" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Challenge-Hebdo_fessee-nationale-souveraine.jpg" alt="" class="wp-image-2939" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Challenge-Hebdo_fessee-nationale-souveraine.jpg 618w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Challenge-Hebdo_fessee-nationale-souveraine-300x242.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>



<p>Pour Samuel Eboua, cette épreuve est un traumatisme physique et psychologique. La violence des coups qu’il reçoit provoque des blessures si graves que lui et plusieurs autres victimes doivent être évacués vers une clinique, le corps en feu et les pieds enflés. Profondément ému, l’ancien ministre confie avoir frôlé la mort.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="369" height="453" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Le-messager_Fessee-nationale-souveraine.jpg" alt="" class="wp-image-2940" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Le-messager_Fessee-nationale-souveraine.jpg 369w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Le-messager_Fessee-nationale-souveraine-244x300.jpg 244w" sizes="auto, (max-width: 369px) 100vw, 369px" /></figure>



<p>Cette « fessée nationale souveraine » est une démonstration implacable de la répression du régime Biya. Derrière l’humiliation publique infligée aux opposants, il s’agit pour le pouvoir de réaffirmer sa domination, d’intimider ses adversaires et de prouver la force de ses institutions, soutenues par une armée fidèle et implacable. Cet épisode doit rester gravé dans l’histoire comme un symbole de la violence politique et de la lutte pour la démocratie au Cameroun.</p>



<p>Depuis lors toute violence en public exercée par l’Etat, monstre froid est qualifiée de « fessée nationale souveraine »</p>



<p>L&rsquo;oubli est la ruse du diable !</p>



<p>La terre est sale ! Si è ne mvit ! Ngo Badge !</p>



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<p>Arol KETCH &#8211; 16.11.2024</p>



<p>Rat des archives</p>
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		<title>Samuel Eboua</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Nov 2024 11:13:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmadou Ahidjo]]></category>
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		<category><![CDATA[UNDP]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a 24 ans la mort de Samuel Eboua C’est notre Histoire! Né le 3 mars 1928 à Njombé,</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Il y a 24 ans la mort de Samuel Eboua</p>



<p>C’est notre Histoire!</p>



<p>Né le 3 mars 1928 à Njombé, dans le département du Mungo, Samuel Eboua a marqué de son empreinte l’histoire contemporaine du Cameroun. Après ses études secondaires au Lycée Marc Roby de Saint-Germain-en-Laye et au Lycée Buffon à Paris, il obtient en 1958 son Baccalauréat en sciences expérimentales.</p>



<p>En <a></a>1959, il intègre la classe de lettres supérieures au Lycée Janson de Sailly, avant de s’inscrire en 1960 à la Sorbonne, où il décroche une Licence d’Histoire et de Géographie en 1963, suivie d’un Diplôme d’Études Supérieures (DES) de Géographie en 1964. La même année, il obtient également un diplôme de l’Institut d’Études Politiques de Paris.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="497" height="741" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua.jpg" alt="" class="wp-image-2930" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua.jpg 497w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua-201x300.jpg 201w" sizes="auto, (max-width: 497px) 100vw, 497px" /></figure>



<p>De retour au Cameroun en 1964, il commence sa carrière comme professeur au Lycée Général Leclerc de Yaoundé. Très vite, ses compétences sont remarquées : il est promu censeur en 1965, puis Directeur de l’Enseignement du Second Degré en 1968 au Ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et de la Culture.</p>



<p>Une anecdote marquante de cette période illustre son intégrité : après avoir sanctionné une fille du président Ahidjo, il est convoqué au palais. Craignant des représailles, il est surpris d’être félicité pour son impartialité. Peu après, sa carrière prend un tournant décisif : en 1969, il est nommé Chargé de Mission à la Présidence de la République, avec rang de Ministre Adjoint.</p>



<p>De 1972 à 1975, Samuel Eboua dirige la Cameroon Airlines en tant que PDG, avant d’être nommé Secrétaire Général de la Présidence de la République avec rang de Ministre d’État. Lorsqu’Ahmadou Ahidjo lui confie en 1982 son intention de démissionner, Samuel Eboua tente en vain de le convaincre de rester au pouvoir, ému jusqu’aux larmes par cette annonce historique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="877" height="625" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua_Cameroonairline.jpg" alt="" class="wp-image-2931" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua_Cameroonairline.jpg 877w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua_Cameroonairline-300x214.jpg 300w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua_Cameroonairline-768x547.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 877px) 100vw, 877px" /></figure>



<p>En novembre 1982, il est nommé Ministre d’État chargé de l’Agriculture dans le premier gouvernement de Paul Biya. Cependant, il perd son poste lors du remaniement ministériel de 1983, aux côtés de plusieurs autres fidèles d’Ahidjo. Après une période d’éclipse, il revient en 1985 à la tête de la Cameroon Airlines.</p>



<p>Sur le plan politique, Samuel Eboua prend un tournant décisif en rejoignant l’opposition en 1991. Président provisoire de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), il participe à des manifestations marquantes pour réclamer une Conférence Nationale Souveraine.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="480" height="355" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua-Issa-Tchiroma_UNDP.jpg" alt="" class="wp-image-2932" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua-Issa-Tchiroma_UNDP.jpg 480w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua-Issa-Tchiroma_UNDP-300x222.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /></figure>



<p>Arrêté lors d’un meeting en septembre 1991, il subit de graves violences policières, un épisode tristement surnommé la « fessée nationale souveraine ».</p>



<p>Écarté de la présidence de l’UNDP en 1992, il fonde le Mouvement pour la Démocratie et le Progrès (MDP) en 1993, qu’il dirigera jusqu’à sa disparition. Candidat aux élections présidentielles de 1992, il se retire pour soutenir John Fru Ndi.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="520" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/marche-de-lopposition-1024x520.jpg" alt="" class="wp-image-2933" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/marche-de-lopposition-1024x520.jpg 1024w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/marche-de-lopposition-300x152.jpg 300w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/marche-de-lopposition-768x390.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/marche-de-lopposition.jpg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>En 1997, il se présente à nouveau, mais n’obtient que 2,4 % des suffrages, en partie en raison du boycott de plusieurs grands partis de l’opposition.</p>



<p>Outre sa carrière politique, Samuel Eboua a laissé un riche héritage intellectuel à travers plusieurs ouvrages : Une décennie avec le président Ahidjo (1994), Ahidjo et la logique du pouvoir (1995), et D’Ahidjo à Biya – Le changement au Cameroun (1996).</p>



<p>Samuel Eboua s’est éteint le 14 novembre 2000 à Douala, laissant derrière lui le souvenir d’un homme intègre et dévoué à son pays.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="385" height="608" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua-_age.jpg" alt="" class="wp-image-2934" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua-_age.jpg 385w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2024/11/Samuel-Eboua-_age-190x300.jpg 190w" sizes="auto, (max-width: 385px) 100vw, 385px" /></figure>



<p>L&rsquo;oubli est la ruse du diable</p>



<p>Arol KETCH &#8211; 16.11.2024</p>



<p>Rat des archives</p>
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		<title>A-t-on assassiné VICTOR AYISSI MVODO ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Aug 2022 19:35:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>
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		<category><![CDATA[Jean Fochivé]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Thierry Atangana]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Eboua]]></category>
		<category><![CDATA[Titus Edzoa]]></category>
		<category><![CDATA[VICTOR AYISSI MVODO]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce soir, je vais évoquer une question qui a longtemps taraudé les camerounais d’un certain âge ; une question proche</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2022/08/28/a-t-on-assassine-victor-ayissi-mvodo/">A-t-on assassiné VICTOR AYISSI MVODO ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ce soir, je vais évoquer une question qui a longtemps taraudé les camerounais d’un certain âge ; une question proche du secret défense. Je n’apporterai pas une réponse claire parce que je veux voir mes enfants grandir mais au moins, je vais vous présenter le contexte historique.</p>



<p>Victor Ayissi Mvodo est une personnalité politique et ancien ministre Camerounais dont la mémoire tend à être occultée. Il a côtoyé les cimes du pouvoir et aspirait fortement à diriger le Cameroun. Mal lui en a pris et il s’est brûlé les ailes et a été éjecté de la scène politique par Paul Biya son ancien camarade de classe au Cameroun et en France.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2022/08/Victor-ayissi-mvodo.jpg" alt="" class="wp-image-1427" width="454" height="641" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2022/08/Victor-ayissi-mvodo.jpg 680w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2022/08/Victor-ayissi-mvodo-213x300.jpg 213w" sizes="auto, (max-width: 454px) 100vw, 454px" /></figure>



<p>Ayissi Mvodo se rend en France en 1956 où il est admis au Lycée Louis le Grand en vue de la préparation au concours d’entrée à l’ENFOM, section Magistrature. En 1960, il obtient la Licence en Droit à l’université de Paris et le diplôme du Centre National Français d’études Judiciaires. Pendant son cursus parisien, il va côtoyer un certain « Paul Biya » qu’il n’admire pas particulièrement ; et pourtant ils étaient amis dans l’enfance. Ayissi Mvodo, le trouve « mou, hypocrite, fourbe, ingrat, timoré et sans ambitions ».</p>



<p>A son retour au Cameroun après ses études, Ayissi Mvodo est intégré dans la Magistrature en 1961 où il servira tour à tour comme substitut général auprès de la cour d’appel de Yaoundé, procureur de la République près du tribunal de Douala. Le 14 octobre 1963, il est détaché au tribunal International du Travail à Genève où il servira de 1963 à 1967 en qualité de fonctionnaire international de 1ere catégorie (BIT).</p>



<p>En juillet 1967, il rentre au Cameroun sur demande du gouvernement Camerounais et est nommé Secrétaire général au ministère du travail et des lois Sociales, en juin 1969 il devient secrétaire général à la Présidence de la République Fédérale du Cameroun avec rang de Ministre Adjoint. Quelques mois plus tard, il est nommé Ministre chargé de Mission à la Présidence de la République fédérale, puis ministre de l’Administration Territoriale du 30 juin 1975 au 18 juin 1983. Il est prédestiné alors à un brillant avenir.</p>



<p>Depuis leurs années d’école en France, Ayissi Mvodo très sanguin n’aimait pas Paul Biya. Et la détestation va se poursuivre à l’intérieur du gouvernement. En 1975, Mvodo va assener une violente gifle à Paul Biya dans le bureau du Président Ahmadou Ahidjo. Il fallut venir l’arrêter pour qu’il ne rudoyât pas Paul Biya. Ayissi n’aimait pas Paul Biya et ne le cachait pas. Lorsque les langues se délieront, les historiens nous donneront les raisons de cette détestation.</p>



<p>En 1968, Ayissi s’opposa énergiquement à la nomination de Biya au secrétariat général de la présidence de la République alléguant que Biya était un ex-disciple d’André Marie Mbida. Quand Biya fut nommé 1er ministre et se trouva à un pas de la magistrature suprême, l’hystérie d’Ayissi devint totale. En effet, Ayissi Mvodo avait des ambitions politiques et se rêvait en successeur d’Ahidjo à la tête du pays. Il était convaincu qu’il était l’homme le mieux disposé à remplacer Ahidjo.</p>



<p>En novembre 1982, lorsqu’il apprend que le président Ahmadou Ahidjo a décidé de quitter le pouvoir et confie les rênes du pays à Paul Biya, Ayissi Mvodo va pleurer à chaudes larmes et va immédiatement constituer une forte délégation pour aller rencontrer Ahmadou Ahidjo et le dissuader de renoncer au pouvoir ; et si même il renonçait, il était préférable selon lui de confier le pouvoir à quelqu’un d’autre que Paul Biya. Samuel Eboua qui fait partie de cette délégation est du même avis, il propose à Ahidjo de s’absenter le temps qu’il faut pour se soigner et revenir. Malgré les insistances et persistances d’Ayissi Mvodo et de Samuel Eboua, Ahidjo ne revint pas sur sa décision. Ayissi Mvodo et Samuel Eboua étaient en réalité les dauphins putatifs d’Ahidjo ; et connaissant Paul Biya, il le trouvait incapable d’assurer la relève et de gouverner valeureusement le Cameroun.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="720" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2022/08/Paul-Biya_ayissi-mvodo.jpg" alt="" class="wp-image-1429" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2022/08/Paul-Biya_ayissi-mvodo.jpg 960w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2022/08/Paul-Biya_ayissi-mvodo-300x225.jpg 300w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2022/08/Paul-Biya_ayissi-mvodo-768x576.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px" /></figure>



<p>Quelques mois après son arrivée au pouvoir Paul Biya limoge, son « ennemi intime » Ayissi Mvodo. Le torchon brûle entre les deux hommes et les caciques du régime interviennent pour mettre en place une accalmie. Ayissi Mvodo accepte de faire profil bas. Il se retire dignement. Il est écarté des sphères du pouvoir ; Le 14 septembre 1985, il est nommé PCA de la SNI. Il prend sa retraite le 1er septembre 1988 mais vit dans la rancœur.</p>



<p>Voyant la situation de délitement du pays à travers les opérations de villes mortes, la crise économique, il caresse en privé le désir de renverser Paul Biya et cherche des soutiens. Il va voir le sinistre Fochivé et lui dit ceci ( cf les révélations de Jean Fochivé) : « Je parle de la vraie nature de Biya que je constate demeurer le seul à connaitre. Ce gars est un hypocrite et in ingrat. D’après les informations qui me parviennent, il serait en train de mettre sur pied, un des régimes les plus sanguinaires qu’aucun pays d’Afrique n’aurait jamais connu.</p>



<p>Biya s’est servi de l’argent du peuple et de son pouvoir pour réduire les chefferies traditionnelles en des simples centres auxiliaires d’une administration dont il est le Dieu vénéré. Le pire, ce qui lui garantira une longévité qui fera date dans l’histoire des dictatures africaines […] le tribalisme dans ce pays a atteint un niveau jamais imaginé. Les minorités et les majorités exclues accumulent des rancœurs qui, le jour où s’imposera l’alternance naturelle, exploseront et nous, les Beti, regretteront d’avoir connu Biya. Va donc voir dans le pays béti profond comment les gens souffrent ».</p>



<p>Victor Ayissi affirme aussi que Biya, après une séance de psychanalyse d’un expert occidental a été déclaré à la limite de la schizophrénie et c’est à cause d’une de ces crises régulières qu’il ne fut pas à l’aéroport pour accueillir le Président Nelson Mandela lors du sommet de l’OUA à Yaoundé ( cf les révélations de Jean Fochivé)</p>



<p>A l’approche de l’élection présidentielle de 1997, Paul Biya subit la plus grande fonde jamais observée au sein du RDPC ; Titus Edzoa démissionne de son poste de ministre de la santé pour poser sa candidature à l’élection présidentielle de 1997. De l’autre côté Victor Ayissi Mvodo, s&rsquo;était déjà déclaré candidat à l’élection. Fait inédit, il réussit à obtenir le soutien de l’élite et des populations BETI. Il a des soutiens auprès des Ewondo, des Etenga, des Etons. De plus des dignitaires du Nord Cameroun nostalgiques d’Ahidjo lui apportent son soutien.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="928" height="674" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2022/08/Ayissi-mvodo_Paul-Biya.jpg" alt="" class="wp-image-1430" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2022/08/Ayissi-mvodo_Paul-Biya.jpg 928w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2022/08/Ayissi-mvodo_Paul-Biya-300x218.jpg 300w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2022/08/Ayissi-mvodo_Paul-Biya-768x558.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 928px) 100vw, 928px" /></figure>



<p>En l’espace de quelques semaines une foudroyante maladie va avoir raison de celui qui a une fois de plus osé défier Paul Biya. Il décède en juin 1997 à quelques mois des élections présidentielles dans un hôpital à Paris. Les élites Beti qui sont au courant de ce qui s’est passé, appelle au calme pour éviter une guerre fratricide. Lors des obsèques d’Ayissi Mvodo, un notable béti somme aux siens d’arrêter le massacre, de se ressaisir et de s&rsquo;assagir. Ce dernier sera tout simplement interpelé par la police. Ayissi Mvodo éliminé de la course, il faut à présent contrecarrer Titus Edzoa. Il faut battre le fer lorsqu’il est encore chaud.</p>



<p>Le 3 juillet 1997 Titus Edzoa et son directeur de campagne Michel Thierry Atangana sont arrêtés pour détournement de fonds publics. Les deux adversaires de Paul Biya, le Sphinx sont désormais éliminés de la course au pouvoir.</p>



<p>Paul Biya a réussi à maintenir le parti uni, il a réussi à contrecarrer les divisions au sein du grand groupe Ekang-Beti. Face à une opposition émiettée et dispersée, il peut tranquillement aller aux élections. En effet, les principaux adversaires de Paul Biya à ces élections étaient à l’intérieur du régime. Les principaux partis d&rsquo;opposition ayant boycotté le scrutin, Paul Biya est très largement réélu : 92,57 %. Ne dure pas au pouvoir qui veut mais qui peut.</p>



<p>La maladie qui a entrainé Ayissi Mvodo dans le royaume des morts était-elle naturelle ? Si non, qui a tué Ayissi Mdodo ?</p>



<p>J’ai ma petite idée. Mais, je veux voir mes enfants grandir.</p>



<p>AROL KETCH</p>



<p>Rat des archives</p>



<p>Fourmi Magnan égarée</p>
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