Funmilayo Ransome-Kuti « La Lionne de Lisabi »

Funmilayo Ransome-Kuti est la mère du célèbre chanteur engagé Fela Kuti.
Figure majeure de la lutte anticolonialiste et du militantisme féminin au Nigeria, Funmilayo Ransome Kuti a livré un combat exemplaire pour l’émancipation et l’autodétermination des femmes sur le continent. Elle est considérée comme étant la mère des droits des femmes au Nigeria.
Première étudiante féminine de l’Abeokuta Grammar school. Première femme à conduire une voiture au Nigeria. Unique femme de la délégation nigériane à la Conférence institutionnelle de Londres chargée de négocier l’accession du Nigeria à l’indépendance en 1953, les titres ne lui manquent pas. Née Frances Abigail Olufunmilayo Thomas (en 1900), à son retour de Londres en 1922, où elle poursuivit ses études, elle abandonna son nom anglais, Frances Abigail, pour celui de Funmilayo, qui signifie : « Donne-moi du bonheur » en yoruba.
Tout comme sa mère, Fela va changer de nom. En 1975, Fela se débarrasse de ses noms Hildegart Ransome qu’il considère comme une souillure héritée du colonisateur. Il s’appelle dorénavant Fela Anikulapo Kuti. Anikulapo signifie littéralement « celui qui porte la mort dans sa gibecière » .En effet, à sa naissance sa grand-mère est allée voir un médium qui lui avait prédit que « cet enfant portera la mort dans sa gibecière ». Kuti signifie « Qui ne peut être tué par la main de l’homme ».


Le combat de Funmilayo pour les droits des femmes débute en 1923, avec la création de l’Abeokuta Ladies Club destiné en premier lieu à l’apprentissage de travaux manuels et à des actions de charité. Consciente du caractère élitiste du club et des injustices coloniales qui touchent les commerçantes, le mouvement impulsé par Funmilayo s’élargit progressivement pour y accueillir des femmes de toutes les origines sociales. Enseignante, elle fait de l’alphabétisation une priorité, et une arme pour la mobilisation.
Au-delà de son combat pour les femmes, Funmilayo a également lutté pour l’indépendance de son pays. Alors que la colonisation tend à accentuer les divisions identitaires, elle proteste contre la Constitution Richards de 1946, dont l’objectif était de diviser le pays en trois régions indépendantes.
Elle participe également à la Conférence institutionnelle de Londres pour l’accession du Nigeria à l’indépendance en 1953. Sa proximité avec la fédération démocratique internationale des femmes d’influence communiste, ainsi que ses nombreux voyages à Moscou et à Pékin, lui vaudront de se faire confisquer son visa. En 1970, elle reçoit le Prix Lénine pour la Paix.
Son mari, comme ses enfants, jouent des rôles importants dans l’éducation, la santé, la politique, la musique. C’est d’ailleurs pour affaiblir son fils, le célèbre musicien et opposant au régime nigérian, Fela Kuti, que des militaires la jetèrent par la fenêtre de sa résidence de Lagos, le 18 février 1977. Ce dernier lui rend hommage dans son titre : « Coffin for Head of State ». « La Lionne de Lisabi », comme on la surnommait, décédera quelques mois plus tard de ses blessures, à l’âge de 77 ans. Son héritage lui, est toujours aussi vivant.
A très bientôt pour de nouvelles histoires; en attendant, voici la vidéo de l’histoire du bandit ESSONO: https://youtu.be/iyNwffT6suc
Arol KETCH était de passage
Rat des archives – 01.06.2021

Arol KETCH - Rat des archives

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