L’Histoire tragique des esclaves oubliés sur l’île déserte de Tromelin

Au cours de l’été 1761, un vaisseau de la Compagnie française des Indes orientales se fracasse sur des récifs coralliens autour de l’Ile des sables non loin de Madagascar. Le vaisseau appelé « L’utile » a en son bord 142 membres de l’équipage et près de 160 esclaves achetés illégalement par le capitaine. Enfermés dans des cales aux issues bouchées, la moitié des esclaves va malheureusement périr dans le naufrage. Après la dislocation du bateau, quelques esclaves survivants vont réussir à s’extirper du bateau morcelé et regagner à la nage le large de l’île des sables tout près. Une vingtaine de membres de l’équipage se noient.
Depuis l’étendue de sable de l’île, les survivants vont s’atteler à reconstruire un nouveau bateau. Les esclaves sont surtout mis à contribution. C’est à eux que reviennent la lourde charge d’aller chercher les morceaux de la coque du bateau éparpillés dans l’eau. Ils feront la grosse partie du travail de reconstruction du nouveau bateau de fortune.
Le nouveau bateau alors baptisé « La providence » ne permettant pas de transporter l’ensemble des naufragés, l’équipage va décider d’abandonner les esclaves malgaches sur cette île déserte. Ils promettent de venir rapidement les rechercher. Mais ce seront des paroles dans le vent.
Abandonnés, les esclaves font faire appel à leur instinct de survie. Comment survivre dans une île déserte ?


Ils vont utiliser des objets échappés du bateau pour se construire un four. Ils se nourrissent d’oiseaux, de poissons et de tortues. Ils vont même se fabriquer des ustensiles de cuisine et développer une vie en société. Des recherches menées dans l’île des centaines d’années plus tard vont révéler la présence de réchauds, de la vaisselle, de parures féminines.
Afin de se protéger des intempéries, ils vont construire des habitations solides avec des murs épais en mortier et galets.
15 ans plus tard, frappé de remords, le capitaine Castellan du Vernet va écrire une lettre pour demander qu’on aille chercher les esclaves abandonnés sur l’île. Une promesse est une dette.
Le 29 novembre 1776, un bateau débarque sur l’île déserte. Sur les 80 personnes abandonnées 15 ans plus tôt, il ne reste plus que 8 survivants. 7 femmes et un bébé de 8 mois sont recueillis par Jacques Marie de Tromelin, officier de marine qui commandait le vaisseau « la Dauphine » venu secourir les naufragés de l’île déserte à laquelle il donna son nom. Les survivants sont vêtus d’habits en plumes tressées ; ils ont réussi, pendant toutes ces années, à maintenir un feu allumé grâce au bois provenant de l’épave du bateau, l’île étant dépourvue d’arbres.
Les 7 survivantes et le bébé furent transportés à l’île Maurice où elles furent affranchies à leur arrivée. Elles refusèrent de retourner à Madagascar de peur d’y être soumise en esclavage à nouveau.
Une question nous taraude l’esprit néanmoins, comment expliquer que les seuls survivants soient des femmes alors que la majorité des esclaves abandonnés sur l’île était des hommes ?
En attendant voici l’histoire du Maréchal Samuel Mbappé Léppé : https://youtu.be/JYCOwbHynPw
Arol KETCH – 15.06.2021
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