Mangez-le si vous voulez : Quand la rumeur tue !


Je vais vous raconter l’histoire d’un jeune homme innocent qui a cause de la rumeur a été tabassé à mort et son corps a été mangé par une foule furieuse.
Nous sommes en Aout 1870 en France, en Dordogne. Il fait beau ce jour-là. Le jeune Alain de Monéys après avoir embrassé sa mère, prend le chemin de la foire annuelle d’Hautefaye. Il cherche à se procurer une génisse pour aider deux de ses voisins nécessiteux. Il arrive sur les lieux à 14heures. Il y a une foule de 600 personnes. En raison de son humanisme, Alain de Monéys est aimé de tous ; c’est à l’unanimité qu’il avait été élu adjoint au maire.
L’atmosphère est électrique. La région connait une sécheresse exceptionnelle et la guerre que la France livre contre la Prusse inquiète tout le monde. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Les rumeurs annoncent que la France a perdu la guerre. Les paysans illettrés sont fous de rage.


À la suite d’un simple malentendu, Alain de Monéys qui est pourtant un homme sans histoires et aimé est pris pour un espion Prussien. La rumeur va se répandre comme une trainée de poudre. La foule sans même se poser de questions va se jeter sur lui et se mettre à le lyncher.
Alain de Monéys est d’abord lynché, écartelé, ferré à la manière des chevaux. Le maire qui connait bien Alain de Monéys va accourir pour essayer de calmer la foule survoltée et sauver le malheureux innocent.


Il va se lancer dans un long discours pour dire à la foule de ne pas écouter les rumeurs car Alain de Monéys est un enfant du pays très humaniste, respecté et aimé de tous. Croyant avoir convaincu la foule, il va leur faire une série de récriminations et à la fin de son sermon, il va lancer une phrase qui va rendre la foule furieuse : « Cette homme est innocent ! Je suis fatigué de vous raisonner ! D’ailleurs même Mangez-le si vous voulez ! ».
Cette dernière expression « Mangez-le si vous voulez » va déclencher une furie terrible.


La foule va le prendre au mot et va décider de manger Alain de Monéys. La foule va se jeter survoltée sur lui, son corps est finalement brûlé vif et mangé. Oui ! vous avez bien lu ; à cause d’une rumeur et d’une foule imbécile, on va manger un innocent.
La rumeur tue ! Les fake news peuvent aussi tuer !
Arol KETCH – 15.02.2022

Rats des archives

Arol KETCH - Rat des archives

Recent Posts

𝐉𝐨𝐬𝐞𝐩𝐡 𝐍𝐝𝐢-𝐒𝐚𝐦𝐛𝐚, 𝐥𝐞 𝐛𝐚̂𝐭𝐢𝐬𝐬𝐞𝐮𝐫 𝐝’𝐞́𝐜𝐨𝐥𝐞𝐬

Joseph Ndi Samba a été l'un des pères de l'enseignement privé laïc au Cameroun. Il…

1 semaine ago

𝐒𝐨𝐮𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥 𝐚̀ 𝐑𝐞𝐛𝐞𝐜𝐜𝐚 𝐄𝐧𝐨𝐧𝐜𝐡𝐨𝐧𝐠 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐞́𝐜𝐮𝐭𝐞́𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞

Entrepreneure reconnue, Rebecca Enonchong est aujourd’hui persécutée. Une longue tradition d’Etat au Cameroun. En décembre…

2 semaines ago

𝐑𝐚𝐦𝐬𝐞̀𝐬 𝐈𝐞𝐫 – 𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧

Le saviez-vous, le tout premier ordinateur africain est l'œuvre d'un Camerounais : Djeukam Tchameni !…

2 semaines ago

𝐁𝐚𝐛𝐚𝐥 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐦𝐮𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞

Babal est la nouvelle pépite montante de la musique camerounaise. Comme un ouragan, il ravage…

2 semaines ago