Né le 24 février 1964 à Bouaké en Côte d’ivoire, Ibrahim Coulibaly dit « IB » est un personnage qui a fortement marqué la vie politique et militaire de son pays. C’est l’histoire d’un simple sergent chef qui s’est illustré dans la vie politique et militaire ivoirienne en participant à moult coups d’Etats et tentatives de putschs.
En 1999, Ibrahim Coulibaly était déjà l’un des cerveaux du coup d’Etat qui renversa le président Henri Konan Bédié et plaça le général Robert Guéi au pouvoir.
Dès son arrivée au pouvoir, le général Robert Guéi qui redoute un putsch, cherche à écarter « IB ». Il le nomme attaché militaire auprès de l’ambassade de Côte d’Ivoire au Canada. L’homme se rend compte qu’on veut l’éloigner et très vite, organise un coup d’Etat qui échoue en septembre 2000 laissant sur le carreau plusieurs de ses compagnons.
IB prend le chemin de l’exil et trouve refuge au Burkina Faso d’où il organise le putsch manqué du 19 septembre 2002 contre le président Laurent Gbagbo. C’est lui qui a introduit le jeune étudiant Guillaume Soro dans la rébellion et lui a même confié le secrétariat du mouvement de rébellion. Entre- temps, Soro et IB vont se brouiller. Soro va même échapper à une tentative d’assassinat à la roquette lors de l’atterrissage de l’avion dans lequel il était lors de sa venue à Bouaké.
En pleine préparation d’un putsch depuis Paris, « IB » est appréhendé par les autorités françaises le 25 août 2003 au motif « d’appartenance à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».
Écroué, il obtient une libération sous contrôle judiciaire un mois plus tard. De nouveau soupçonné de vouloir fomenter un coup d’Etat à partir du Bénin et des pays voisins, un mandat d’arrêt international est lancé en 2009 contre lui par la Côte d’Ivoire.
« IB » resurgit sur la scène politique et militaire ivoirienne lors de la crise postélectorale qui oppose Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara. Les deux hommes revendiquent la victoire à l’élection présidentielle de 2010. Guillaume Soro rejoint le camp d’Alassane Ouattara et de fait, lui apporte l’appui des Forces nouvelles (ex-rebelles).
« IB » est à la tête du « commando invisible », un groupe de combattants invisibles et mystérieux qui est apparu dans le quartier d’Abobo et combat les Forces de défense et de sécurité pro-Gbagbo. Après l’éviction de Gbagbo, le nouveau président Alassane Ouattara somme le « Commando invisible » de déposer les armes. IB va demander sans succès une audience avec Ouattara sous protection de l’ONU. Il voulait avant tout négocier pour que, selon ses dires « on donne à César ce qui est à César ».
« IB » ne désarmant pas IB est abattu le 27 Avril 2011. Son cadavre est mutilé et ses dents arrachées.
Il aurait été exécuté sur ordre de son rival Guillaume Soro, celui-là qu’il avait introduit dans la rébellion. Ce qui confirmerait le proverbe africain selon lequel « deux caïmans ne peuvent pas vivre dans le même marigot ».
Son corps sera confisqué par les troupes de Ouattara pour besoin d’autopsie ; autopsie dont les résultats ne seront jamais publiés. « IB » sera finalement enterré le 15 juin 2012 soit plus d’un an après sa mort.
En mai 2020, une plainte est déposée à Paris par l’association suisse Civitas Maxima contre Soro pour « crimes de guerre », « assassinat ». En juillet 2023, un juge d’instruction est désigné en France enquêter sur le décès du « Major » Ibrahim Coulibaly.
Arol KETCH
Rat des archives
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