Afrique

Kwamé Nkrumah, « Osagyefo »

6 mars 1957 – 6 mars 2024, il y a 67 ans l’indépendance du Ghana; occasion pour nous de dresser le portrait d’un homme qui s’est battu pour cette indépendance : Kwamé Nkrumah;

L’oubli est la ruse du diable.

Kwamé Nkrumah est né le 18 Septembre 1909. Il commence à travailler comme enseignant au Ghana. En 1935, il se rend aux Etats-Unis pour compléter son bagage académique. Son séjour aux Etats-Unis lui sera d’une grande utilité. Il étudie l’Histoire et la politique des Etats-Unis, développe des talents d’orateur.

Il y prend conscience de la force que l’unité a conférée aux États-Unis et commence à rêver d’une Afrique unie. Nkrumah quitte les Etats-Unis en 1945 nanti de plusieurs diplômes et se rend en Angleterre. Dès son arrivée à Londres, il devient membre d’un groupe d’Africains composé d’éminents intellectuels : Kenneth Kaunda de Zambie , Jomo Kenyatta du Kenya , Joshua Nkomo du Zimbabwe, Julius Nyerere de Tanzanie , Kojo Botsio, Harry Nkumbula de Zambie et bien d’autres.

Government officials carry Prime Minister Kwame Nkrumah on their shoulders after Ghana obtains its independence from Great Britain.

Parallèlement à ses études, à la London School of Economics and Political Science, il devient un homme clé du Mouvement Pan Africain et se lie d’amitié avec George Padmore. En 1947, il décide de retourner dans son pays ; fermement décidé à mettre un terme à la colonisation anglaise.

A son retour, Il gravit rapidement les échelons et devient le Secrétaire Général du principal parti United Gold Coast Convention (UGCC) dirigé par J.B. Danquah.

En 1948, Nkrumah démissionne de l’UGCC pour fonder le Convention Peoples Party (CPP).

Aux élections municipales de 1950, bien qu’emprisonné cette année-là, Nkrumah son parti remporte les élections. Libéré en 1951, il continue la lutte pour l’indépendance, et progressivement l’Angleterre finit par lâcher prise. Le 05 Mars 1952, Kwame Nkrumah est nommé Premier Ministre.

Le 06 Mars 1957, il proclame l’indépendance de son pays. Le jour même de l’indépendance, Nkrumah décide d’abandonner le nom colonial du pays « Gold Coast » au profit de « Ghana », en hommage au grand Empire du Ghana. Ceci afin de marquer une rupture avec le passé colonial et d’adopter une dénomination plus nationaliste.

Le combat pour l’émancipation des peuples africains et pour l’unité africaine devient son cheval de bataille. En 1963, il devient l’un des pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Très populaire et très aimé de son peuple, il est surnommé « Osagyefo » ce qui signifie « le Rédempteur ».

Entre 1960 et 1965, le Ghana rencontre des difficultés économiques importantes. Le chômage augmente, l’inflation est brutale. La population manifeste son mécontentement.

Après avoir essuyé plusieurs complots et tentatives d’assassinats, l’ « Osagyefo » se radicalise et durcit son régime. Il devient obsédé par sa sécurité.

En 1964, il se déclare Président à vie, instaure le mono-partisme, dissout toutes les formations politiques et emprisonne un grand nombre d’opposants. Le 24 Février 1966, alors qu’il se trouvait en voyage officiel au Vietnam à l’invitation d’Ho Chi Min, Nkrumah est renversé par un coup d’État militaire. Il se réfugie alors en Guinée, chez son ami Sékou Touré qui lui propose vainement la coprésidence de la Guinée.

Il meurt à Bucarest en Roumanie le 27 Avril 1972.

Père de la nation ghanéenne et panafricaniste convaincu, Kwamé Nkrumah aura été tout au long de son existence le chantre d’une Afrique indépendante et l’artisan du panafricanisme. Il rêvait d’une Afrique unie.

L’oubli est la ruse du diable!

Arol KETCH – 06.03.2024

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