Afrique

Hommage à Abdou Benito

L’oubli est la ruse du diable

Abdou Benito a été révélé au grand public grâce au générique de la série « l’orphelin » diffusée à la CRTV dans les années 90.

Série qui avait pour vedettes : « Mbita », « Essola », « Mvondo », « Engoulou » entre autres ; et qui raconte les tribulations de Mbita, l’orphelin ; d’où ces paroles de Abdou Benito :

« Lorsque j’eleve ma voix, a travers l’univers, c’est pour chanter les souffrances, de la terre… Je chante pour les enfants qui n’ont pas de père… je chante pour les amours perdus…

Nous qui avons connu de la misère Prêchons l’amour, et l’unité éh Chantons pour que demain soit plus clair Chantons pour les cœurs brisés » . De son vrai nom Marcus Wotema Baouro, Abdou Bénito est né en 1953 à Garoua. Son père est originaire de l’Est Cameroun.

Grand mélomane, son père lui transmet sa passion pour la musique dès sa tendre enfance. C’est ainsi que le jeune Marcus écoute tous les rythmes en vogue et se passionne pour la musique tout en poursuivant ses études. Il est un passionné des mots et affectionne particulièrement les grands paroliers comme Georges Brassens ; il adore joué avec les mots en grinçant sa guitare.

Sa chanson « L’Orphelin» séduit le public camerounais grâce à la série éponyme en 1992. Abdou Benito est alors un inconnu au bataillon et on a tôt faire d’attribuer la paternité du titre à Ottou Marcellin; car c’est plus proche de son style.

A la recherche d’un producteur, Abdou Bénito sort des bois et revendique la paternité de ce titre. Il publie dans la foulée un album et est aussitôt adopté du public camerounais. La chanson « L’Orphelin» éclipsera les autres titres de l’album. Partout où il est invité, on réclame cette chanson qui restera à jamais associé à son image.

En plus de la musique ; Abdou Benito est enseignant de profession formé à l’École Normale des Instituteurs de l’Enseignement Général de Garoua,

Il fait de la musique par passion. La passion ne prendra pas le dessus sur sa profession. Il est plus préoccupé à transmettre le savoir dans les salles de classe qu’à écumer les salles de spectacle. Chevalier de la craie et du verbe , Abdou Benito a largement contribué à enrichir le patrimoine musical camerounais.

Marcus Wotema Baouro aka Abdou Benito est décédé des suites de maladie le 26 janvier 2012 à l’âge de 59 ans; une semaine avant un spectacle prévu; il laisse 8 enfants, une famille éplorée et ses nombreux fans; orphelins

Nul doute que son titre «l’orphelin» entretiendra sa mémoire pour l’éternité.

Quels souvenirs gardez-vous de lui ?

L’oubli est la ruse du diable!

La terre est sale ! Si è ne mvit ! Ngo Bagde !

Arol KETCH – 24.07.2024

Rat des archives

Arol KETCH - Rat des archives

Recent Posts

𝐉𝐨𝐬𝐞𝐩𝐡 𝐍𝐝𝐢-𝐒𝐚𝐦𝐛𝐚, 𝐥𝐞 𝐛𝐚̂𝐭𝐢𝐬𝐬𝐞𝐮𝐫 𝐝’𝐞́𝐜𝐨𝐥𝐞𝐬

Joseph Ndi Samba a été l'un des pères de l'enseignement privé laïc au Cameroun. Il…

2 semaines ago

𝐒𝐨𝐮𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥 𝐚̀ 𝐑𝐞𝐛𝐞𝐜𝐜𝐚 𝐄𝐧𝐨𝐧𝐜𝐡𝐨𝐧𝐠 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐞́𝐜𝐮𝐭𝐞́𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞

Entrepreneure reconnue, Rebecca Enonchong est aujourd’hui persécutée. Une longue tradition d’Etat au Cameroun. En décembre…

2 semaines ago

𝐑𝐚𝐦𝐬𝐞̀𝐬 𝐈𝐞𝐫 – 𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧

Le saviez-vous, le tout premier ordinateur africain est l'œuvre d'un Camerounais : Djeukam Tchameni !…

2 semaines ago

𝐁𝐚𝐛𝐚𝐥 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐦𝐮𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞

Babal est la nouvelle pépite montante de la musique camerounaise. Comme un ouragan, il ravage…

2 semaines ago