Le carrefour Kayo Elie, ร Douala, nโest pas un simple croisement de routes. Cโest un lieu de mรฉmoire. Nichรฉ au cลur du quartier Bali, il porte en lui une mรฉmoire. Son nom vient dโElie Kayo, entrepreneur audacieux, premier ร sโy installer, bรขtisseur dโune alimentation et dโun immeuble qui donnรจrent vie ร ce lieu de passage entre Bali et Nkomondo.
Mais au fil du temps, ce carrefour est devenu un vรฉritable symbole ; un symbole gravรฉ dans la douleur.
Cโest lร , tout prรจs, que le destin dโun enfant a basculรฉ. Alain Eyewe. Quatorze ans seulement. Un รขge oรน lโon rรชve encore, oรน lโavenir sโรฉcrit avec insouciance.
Mais en 1991, le Cameroun bouillonne. Le peuple descend dans la rue, rรฉclame justice, libertรฉ, dignitรฉ. Les Camerounais rรฉclament ยซ la confรฉrence nationale souveraine ยป
Face ร ce peuple dรฉterminรฉ, des armes. Face ร lui, la peur รฉrigรฉe en pouvoir.
Ce jour-lร , Alain nโรฉtait quโun enfant pris dans le tumulte. Par hasard, il se retrouve prรจs dโune barricade. La police le poursuit, le rattrape. Et dans un dernier รฉlan de vie, dans une supplication dรฉchirante, il implore : quโon lui laisse la vie sauve. Quโon lui tire simplement dans le pied, mais quโon le laisse partir.
Un officier lรจve son arme. Et dโun geste froid, il lโabat ; il รฉteint une vie. Une vie pleine de promesses. Une vie unique car Alain รฉtait lโenfant unique de ses parents.
Ce jour-lร , cโest une famille entiรจre qui a รฉtรฉ plongรฉe dans une nuit sans fin. Ses parents ne sโen remettront jamais.
Depuis, le carrefour Kayo Elie porte en silence cette tragรฉdie. Il est devenu un lieu de mรฉmoire pour tous ceux qui refusent dโoublier les ยซ annรฉes de braise ยป, ces annรฉes oรน tant de Camerounais ont payรฉ de leur vie le prix de lโespoir.
Se souvenir dโAlain Eyewe, cโest refuser que son nom se perde dans lโoubli. Cโest rappeler que derriรจre chaque lutte, il y a des visages, des histoires, des vies arrachรฉes trop tรดt. Cโest dire que son sacrifice comme celui de tant dโautres ne doit pas รชtre vain.
Cโest pourquoi nous portons cette exigence simple et juste : que la rue oรน il a รฉtรฉ assassinรฉ porte son nom. Pour que chaque pas posรฉ lร -bas soit aussi un acte de mรฉmoire. Pour que chaque gรฉnรฉration sache.
Car oublier, cโest trahir. Lโoubli est la ruse du diable !
Repose en paix, Alain.
Ton nom, lui, continuera de vivre.
Jean Marie Tรฉno รฉvoque cet รฉvรจnement tragique dans son film ยซ CHEF ยป ( source photo CHEF ยป
Lโoubli est la ruse du diable !
Arol KETCH
Rat des archives
Il aurait eu 51 ans aujourdโhui ! Lโoubli est la ruse du diable ! Ilโฆ
Sโengager pour ses convictions est souvent un chemin exigeant, parfois implacable. Au Cameroun, plusieurs hommesโฆ
๐โ๐จ๐ฎ๐๐ฅ๐ข ๐๐ฌ๐ญ ๐ฅ๐ ๐ซ๐ฎ๐ฌ๐ ๐๐ฎ ๐๐ข๐๐๐ฅ๐โฆ Nkono Teles. Ce nom ne dit peut-รชtre rien auโฆ
Nรฉ en 1957 ร Babouantou, Pius Njawรฉ fonde Le Messager en 1979, alors quโil nโaโฆ
Rien ne prรฉdestinait cet enfant nรฉ en 1920 ร Kaรฉlรฉ ร entrer dans lโHistoire. Orphelinโฆ
Lโhistoire sociale et politique du Cameroun, notamment dans sa partie septentrionale, porte lโempreinte de personnalitรฉsโฆ