17 mai 1997 – 17 mai 2020 : Il y a 23 ans l’assassinat de Donatien Mahélé

17 mai 1997 – 17 mai 2020 : Il y a 23 ans l’assassinat de Donatien Mahélé
Donatien Mahele Lieko Bokungu, « Le Tigre » (1941-1997)
En ce 16 mai 1997, les forces de l’alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) de Kabila (voir Laurent Désiré Kabila) sont aux portes de Kinshasa et s’apprêtent à investir la ville pour chasser le colonel Mobutu.
Les militaires de la division spéciale présidentielle (DSP), la garde présidentielle du colonel Mobutu sont décidés à mettre la ville de Kinshasa à feu et à sang pour y semer le chaos et la rendre ingouvernable par Kabila et ses troupes. Le général Mahélé, ministre de la défense nationale et Chef Etat-major général des Forces Armées Zaïroises (FAZ) est envoyé au camp Tshatshi pour calmer les troupes.
« Le Tigre» se rend au péril de sa vie au fief de la DSP, pour persuader cette unité d’élite de déposer les armes et de ne pas opposer de résistance aux forces de l’AFDL afin de ne pas exposer la capitale à une guerre civile et à un risque de bain de sang d’innocents.


A peine est-il arrivé au Camp Tshatshi que les militaires se sont mis à crier (en lingala) : « Traître ! Tu as trahi le pays. Tu ne sortiras pas vivant de ce camp ». Qualifié de traître, Donatien Mahélé est assassiné par les derniers fidèles du Léopard de Kinshasa , quelques heures avant l’entrée à Kinshasa des troupes de Kabila.
Né en 1941 à Kinshasa, militaire de carrière, cet ancien de l’école de guerre, très apprécié des Français est redevenu en décembre 1996 pour la seconde fois, chef d’état-major de l’armée zaïroise. Accepté par l’opposition, qui voit en lui un « libéral », Mahélé devait être l’homme providentiel capable de remettre sur pied des troupes qui avaient commencé à se débander.
Militaire intègre, il était un vétéran de toutes les guerres de la région. Il est le premier officier zaïrois à avoir sauté sur Kolwezi en 1978 aux côtés des paras français. Il a participé à la guerre du Rwanda où il fut envoyé en première ligne contre le Front patriotique en 1990.
Sa bravoure, sa dureté notamment dans la répression des pillages et des mutineries lui ont valu le surnom de « Tigre ». Homme de toutes les situations, « Le Tigre » était un fauve qui faisait régner la terreur chez ses adversaires. Pour beaucoup de congolais, Mahélé reste un exemple de bravoure et de patriotisme.
On se souvient encore de sa phrase restée célèbre : « l’armée n’est pas une poubelle »
Extrait de mon livre « Surnoms des hommes et femmes qui ont marqué l’Histoire contemporaine de l’Afrique ».
Arol KETCH – 17.05.2020
Fourmi Magnan égarée

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