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Il fut une voix ; une prรฉsence. Un visage familier qui, pendant des annรฉes, a traversรฉ les foyers camerounais comme une confidence du soir. Jean Materne Ndi รฉtait plus quโun journaliste ; il รฉtait un passeur dโhistoires, un tรฉmoin attentif des douleurs silencieuses et des espรฉrances oubliรฉes.
Nรฉ le 31 mars 1953 ร Yaoundรฉ, dans une famille de fonctionnaires, il grandit au fil des รฉtablissements scolaires emblรฉmatiques : Mvolyรฉ, le Juvรฉnat de Nlong, le sรฉminaire Saint-Paul de Mbalmayo, puis le collรจge Mongo Beti.
Trรจs tรดt, il se nourrit de mots, dโรฉcoute et dโobservation. Cette vocation le mรจne ร lโรcole Supรฉrieure de Journalisme de Paris, dโoรน il revient en 1981, dรฉcidรฉ ร exercer son mรฉtier sur la terre qui lโa vu naรฎtre.
Cโest ร la radio que commence rรฉellement lโaventure. En 1982, il crรฉe ยซ S.O.S Solidaritรฉ ยป, une รฉmission profondรฉment humaine, oรน lโon lanรงait des appels ร la recherche de parents disparus, dโamis perdus, de vies รฉgarรฉes par le temps.
Deux ans plus tard, le 6 avril 1984, son destin croise lโun des รฉpisodes les plus sombres de lโhistoire du pays : lors de la tentative de coup dโรtat, il se retrouve au cลur de la tourmente, il est contraint dโenregistrer et de monter lui-mรชme le message des putschistes.
Un souvenir gravรฉ ร jamais dans sa mรฉmoire.
En 1989, naรฎt ยซ CRTV Solidaritรฉ ยป, prolongement naturel de S.O.S Solidaritรฉ, mais avec une ambition plus vaste : donner la parole aux sans-voix. Ici, il ne sโagissait plus seulement de rechercher, mais de comprendre.
Comprendre la profondeur des dรฉtresses, la violence des silences, la fragilitรฉ des espoirs. Lโรฉmission devient un miroir cru de la sociรฉtรฉ camerounaise.
Ce courage lui coรปta cher. Certaines enquรชtes dรฉrangeaient.
Une nuit ร Douala, aprรจs une รฉmission dรฉnonรงant les trafics dโossements humains : ยซ Les locataires du cimetiรจre ยป , il est agressรฉ dans des circonstances troubles ; la mรขchoire fracturรฉe. Une autre fois, cโest son engagement pour les enfants de la rue, victimes dโabus innommables, qui le met en danger.
Mais Jean Materne Ndi nโa jamais reculรฉ : il savait que certaines vรฉritรฉs blessent avant de guรฉrir.
ร la tรฉlรฉvision, son empreinte est tout aussi marquante avec ยซ Que sont-ils devenus ? ยป (QSD). Il part ร la rencontre des figures disparues de la scรจne publique, non par curiositรฉ, mais par devoir de mรฉmoire. Il nous notamment fait dรฉcouvrir ยซ le jardin secret ยป de plusieurs vedettes camerounaises du football.
Parmi les รฉmissions restรฉes dans les mรฉmoires : La femme aux deux visages, La femme crocodile, La catastrophe de Nsam, Uta Bella, la voix dโor du Cameroun, Moi, fou ; jamais, Carlos, le marcheur solitaire, Marc-Vivien Foรฉ โ Marie-Louise Foรฉ, Les Rrum-Tahโฆ autant de rรฉcits qui continuent de hanter les archives.
Journaliste, rรฉalisateur, producteur, il fut aussi correspondant de Africa Nยฐ1 et de Reuters, et occupa plusieurs fonctions ร la CRTV, jusquโau poste de sous-directeur des programmes.
Mรชme ร la retraite, prise en 2011, il ne sโest jamais rรฉellement รฉloignรฉ de son mรฉtier. Une brรจve aventure ร Dan Broadcasting System (DBS) comme directeur des programmes a prolongรฉe son engagement et sa passion pour le mรฉtier.
Alors, quโest-il devenu ?
Aujourdโhui, Jean Materne Ndi vit une retraite discrรจte dans son village ร Etoudi, Yaoundรฉ Ier. Mais lโhomme nโa jamais cessรฉ dโรชtre journaliste. Car on ne se retire pas dโune passion. On lโhabite ; on la cultive.
Et pour qui veut encore entendre sa voix, ses productions demeurent accessibles sur sa chaรฎne YouTube Images dโAfrique.
Quels souvenirs gardez-vous de lui ?
Lโoubli est la ruse du diable.
Et se souvenir et rendre hommage, cโest dรฉjร rรฉsister.
Arol KETCH โ 02.02.2026
Rat des archives
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