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	<title>Archives des Biographie - Arol Ketch Raconte</title>
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	<description>Archives, Faits divers,  Récits, Histoire du monde</description>
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	<title>Archives des Biographie - Arol Ketch Raconte</title>
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		<title>𝐒𝐨𝐮𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥 𝐚̀ 𝐑𝐞𝐛𝐞𝐜𝐜𝐚 𝐄𝐧𝐨𝐧𝐜𝐡𝐨𝐧𝐠 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐞́𝐜𝐮𝐭𝐞́𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 14:29:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrepreneure reconnue, Rebecca Enonchong est aujourd’hui persécutée. Une longue tradition d’Etat au Cameroun. En décembre 2025, elle était intervenue lors</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/07/21/%f0%9d%90%92%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%a7-%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a5-%f0%9d%90%9a-%f0%9d%90%91%f0%9d%90%9e/">𝐒𝐨𝐮𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥 𝐚̀ 𝐑𝐞𝐛𝐞𝐜𝐜𝐚 𝐄𝐧𝐨𝐧𝐜𝐡𝐨𝐧𝐠 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐞́𝐜𝐮𝐭𝐞́𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Entrepreneure reconnue, Rebecca Enonchong est aujourd’hui persécutée. Une longue tradition d’Etat au Cameroun.</p>



<p>En décembre 2025, elle était intervenue lors de la conférence de presse organisée par les avocats du président Tchiroma sur la crise post-électorale, pour analyser le volet économique de la situation.</p>



<p>Elle y avait notamment dénoncé la manière dont l&rsquo;État s&rsquo;acharne sur les opérateurs économiques qui ne sont pas dans le système, en cherchant des prétextes détournés pour les briser sans jamais assumer le caractère politique de la répression.</p>



<p>La réponse ne s&rsquo;est pas fait attendre. Dès le lendemain de cette prise de parole, elle recevait une sommation de la Société de Recouvrement des Créances (SRC), lui réclamant 7,5 millions de francs CFA au titre d&rsquo;une prétendue dette envers l&rsquo;Union Bank of Cameroon ; une dette contractée par une société dont elle serait la gérante, mais dont elle affirme ne même pas connaître l&rsquo;existence.</p>



<p>Aucune de ses structures n&rsquo;a jamais pris de crédit auprès d&rsquo;une banque camerounaise. Plus troublant encore : les commandements de payer reçus en mars la visaient elle, personnellement, en plus de cette société fantôme. Or une société a une personnalité morale distincte de son dirigeant ; la cibler nominativement, sans qu’elle n’ait jamais signé la moindre garantie personnelle, trahit l&rsquo;intention réelle : l&rsquo;atteindre elle, et non recouvrer une créance.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="802" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Soutien-a-Rebecca-Enonchong_-802x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3603" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Soutien-a-Rebecca-Enonchong_-802x1024.jpg 802w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Soutien-a-Rebecca-Enonchong_-235x300.jpg 235w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Soutien-a-Rebecca-Enonchong_-768x980.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Soutien-a-Rebecca-Enonchong_-1204x1536.jpg 1204w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Soutien-a-Rebecca-Enonchong_.jpg 1206w" sizes="(max-width: 802px) 100vw, 802px" /></figure>



<p>Rebecca Enonchong a alors pris les devants. Le 23 mars 2026, elle a assigné la SRC devant le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, en nullité de commandement et discontinuation des poursuites, exigeant simplement qu&rsquo;on lui produise les pièces justifiant cette dette. Quatre mois de procédure plus tard, pas un seul document n&rsquo;a été présenté. La seule ligne de défense de la SRC : contester la compétence du tribunal.</p>



<p>Puis, un matin de juillet, alors que l&rsquo;affaire était toujours pendante devant la justice, la police, la gendarmerie et la SRC débarquent dans les bureaux de sa société. Sans présenter le moindre document, ils ont tout emporté : ordinateurs, meubles, télévision, jusqu&rsquo;à la cafetière et au sucre ; cassant au passage ce qui pouvait l&rsquo;être, avant de faire sceller les locaux. Une saisie estimée à quelque 50 millions de Fcfa de biens pour une prétendue créance de 7 millions, doublée de la fermeture pure et simple de l&rsquo;entreprise. Face à l&rsquo;huissier qu&rsquo;elle avait fait venir pour constater les dégâts, la réponse des agents tenait en une phrase : « Nous sommes l&rsquo;État. »</p>



<p>Ils sont nombreux les opérateurs économiques et capitaines d’industrie camerounais qui ont été persécutés par le régime en raison de leur refus d’appartenir au régime.</p>



<p>Je vais vous lister quelques cas.</p>



<p>Le 8 juillet 1992, René Owona alias “barbe dure”, ministre du Développement industriel, envoie une correspondance confidentielle à Joseph Mbede, ministre de la Santé publique. Dans cette lettre, il recommande explicitement de « créer une situation » contre SAPLAIT afin de faire payer son directeur pour son engagement politique. On peut y lire :</p>



<p>« Certains opérateurs économiques passent leur temps à militer dans l&rsquo;opposition&#8230;C’est pourquoi, comptant sur votre dévouement, je vous prie de bien vouloir appliquer à la lettre les résolutions que nous avions prises lors de notre dernier entretien. A savoir créer une situation à la société SAPLAIT afin que son directeur puisse payer les frais de sa cruauté. Je compte sur votre esprit patriotique »</p>



<p>Dans la foulée, le 18 août 1992, le ministre de la Santé publique publie un communiqué officiel annonçant la suspension immédiate de la consommation des produits SAPLAIT, prétextant de graves manquements aux normes d’hygiène. Selon cette version officielle, des germes d’origine fécale auraient été retrouvés en quantité anormalement élevée dans les produits. La rumeur est amplifiée : des cas supposés de diarrhée et même de morts d’enfants sont évoqués sans la moindre preuve.</p>



<p>La société SAPLAIT était fondée et dirigée par Henri Tame Soumedjong, Homme d&rsquo;affaires et capitaine d’industrie Upeciste. Au plus fort de la période des villes mortes, il était suspecté par le régime d’utiliser sa fortune pour soutenir l’opposition.</p>



<p>James Onobiono a aussi été une victime du système auquel il appartenait pourtant. Surnommé « l’homme au cigare », James Onobiono est un entrepreneur et homme d’affaires qui a fait parler de lui au Cameroun dans les années 80. Il était notamment à la tête de SITABAC.</p>



<p>L’entreprise crée des centaines d’emplois et reverse des milliards de francs CFA en taxes à l’État.</p>



<p>Durant ces années d’expansion avec la SITABAC, James Onobiono reprend également l’International Bank of Africa Cameroon (IBAC), la filiale camerounaise de Bank of America. Cette opération marque son entrée dans le secteur bancaire.</p>



<p>Pour restructurer la banque, il lui est demandé de déposer un milliard de francs CFA à la BEAC, ce qu’il fait sans hésiter. Lors d’une réunion décisive à Brazzaville en 1991 sur la restructuration bancaire en zone UDEAC, toutes les conditions techniques et financières sont réunies pour valider le projet IBAC. A la surprise générale, le Cameroun refuse de donner son accord. Résultat : IBAC, qui avait déjà ouvert ses guichets à Douala et Yaoundé, doit brutalement cesser ses activités.</p>



<p>Pourquoi un tel revirement contre un homme d’affaires respecté, membre du comité central du parti au pouvoir, apprécié au sein même du système ? La réponse semble claire : James Onobiono faisait peur.</p>



<p>Son succès éclatant, son aura, sa capacité à mobiliser, en faisaient une figure presque trop influente dans le paysage camerounais des années 80. Des rumeurs le disaient tenté par une ambition présidentielle. Et avec beaucoup d’argent ; cela était possible.</p>



<p>Le rêve technologique de Djeukam Tchameni fut aussi brisé en raison de son engagement contre le régime.</p>



<p>Dès le milieu des années 1980, Djeukam Tchameni fonde une entreprise résolument en avance sur son temps : Intelligence Artificielle Inc., plus connue sous le nom d’Intelar.</p>



<p>Oui, à une époque où le monde parle encore à peine d’ordinateurs, un jeune Camerounais ose déjà s’approprier un concept que beaucoup ne découvrent qu’aujourd’hui : l’intelligence artificielle. Intelar fabrique les ordinateurs africains, pensés pour les réalités locales. La première entreprise à concevoir les ordinateurs en Afrique subsaharienne.</p>



<p>Seulement en plus de ses activités entrepreneuriales ; Djeukam Tchameni ( Cap libertés) est aussi militant très engagé pour le changement et le régime va le lui faire payer.</p>



<p>Le 4 août 1991 marque le basculement. Une manifestation prévue à Douala Bar est bloquée par les forces de l’ordre. Les manifestants se replient vers le siège de Cap Liberté, installé dans les locaux d’Intelar, sur le boulevard de la Liberté à Akwa, près de l’hôtel Le Ndé. Pensant être en sécurité sur un espace privé, ils s’y regroupent pacifiquement.</p>



<p>L’assaut est brutal. Une force mixte : policiers, gendarmes, militaires etc intervient. Tirs à balles réelles. Gaz lacrymogènes.</p>



<p>Près de 700 personnes sont arrêtées. Djeukam échappe de peu à la mort.</p>



<p>Le lendemain, les militaires reviennent. Ils défoncent les portes, pillent et saccagent les locaux, emportent le matériel informatique. Intelar est anéantie.</p>



<p>Cet acte signe la fin brutale d’un rêve technologique africain. Djeukam Tchameni entre dans la clandestinité, puis prend le chemin de l’exil vers le Burkina Faso.</p>



<p>D’autres hommes d’affaires camerounais ont également subi la répression du régime pour avoir osé soutenir l’opposition. Parmi eux, Joseph Kadji Defosso, soupçonné d’avoir financé les forces du changement durant les années de braise. En décembre 1992, ses entreprises se retrouvent engagées dans un bras de fer fiscal avec le ministère des Finances, qui aboutira à la mise sous scellés de l&rsquo;UCB (Union Camerounaise de Brasseries) en avril 1993. Il fait l&rsquo;objet d&rsquo;un redressement fiscal de 12 milliards de FCFA.</p>



<p>Au Cameroun, le redressement fiscal s’impose désormais comme une arme de prédilection du pouvoir pour intimider, dissuader et neutraliser les entrepreneurs et capitaines d’industrie qui seraient tentés de financer l’opposition.</p>



<p>La liste n’est pas exhaustive. Vous pouvez la compléter.</p>



<p>Force et courage à Rebecca Enonchong !</p>



<p>La terre est sale ! Si è ne mvit ! Ngo Bagdeu !</p>



<p>L’oubli est la ruse du diable.</p>



<p>Arol KETCH</p>



<p>Rat des archives</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/07/21/%f0%9d%90%92%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%a7-%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a5-%f0%9d%90%9a-%f0%9d%90%91%f0%9d%90%9e/">𝐒𝐨𝐮𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥 𝐚̀ 𝐑𝐞𝐛𝐞𝐜𝐜𝐚 𝐄𝐧𝐨𝐧𝐜𝐡𝐨𝐧𝐠 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐞́𝐜𝐮𝐭𝐞́𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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		<title>𝐑𝐚𝐦𝐬𝐞̀𝐬 𝐈𝐞𝐫 &#8211; 𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 14:24:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
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		<category><![CDATA[Djeukam Tchameni]]></category>
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		<category><![CDATA[ordinateur africain]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le saviez-vous, le tout premier ordinateur africain est l&#8217;œuvre d&#8217;un Camerounais : Djeukam Tchameni ! Dès le milieu des années</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/07/21/%f0%9d%90%91%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a6%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%ac-%f0%9d%90%88%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%ab-%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%a9%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%a6/">𝐑𝐚𝐦𝐬𝐞̀𝐬 𝐈𝐞𝐫 &#8211; 𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le saviez-vous, le tout premier ordinateur africain est l&rsquo;œuvre d&rsquo;un Camerounais : Djeukam Tchameni !</p>



<p>Dès le milieu des années 1980, Djeukam Tchameni fonde une entreprise résolument en avance sur son temps : Intelligence Artificielle Inc., plus connue sous le nom d’Intelar.</p>



<p>Oui, à une époque où le monde parle encore à peine d’ordinateurs personnels, un jeune Camerounais ose déjà s’approprier un concept que beaucoup ne découvrent qu’aujourd’hui: l’intelligence artificielle.</p>



<p>Intelar une start-up avant l’heure, un véritable brain trust pluridisciplinaire, conçu pour permettre à l’Afrique de rivaliser avec les géants mondiaux de la technologie. Ses fondateurs ont tous moins de 30 ans, formés en Europe, aux États-Unis ou en Russie. Leur seul tort : avoir rêvé trop tôt, dans un pays qui n’y était pas prêt.</p>



<p>L’aventure commence en 1985, à la fin de ses études aux États-Unis. Diplômé d’un MBA de l’University of Houston (Texas), Djeukam rentre au Cameroun animé par une idée claire : briser la dépendance intellectuelle et technologique de l’Afrique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="848" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Djeukam-Tchameni_-848x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3598" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Djeukam-Tchameni_-848x1024.jpg 848w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Djeukam-Tchameni_-248x300.jpg 248w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Djeukam-Tchameni_-768x927.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Djeukam-Tchameni_-1272x1536.jpg 1272w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Djeukam-Tchameni_.jpg 1360w" sizes="(max-width: 848px) 100vw, 848px" /></figure>



<p>À seulement 24 ans, il est recruté par Pecten, une multinationale américaine du secteur pétrolier. Mais très vite, il constate que les pratiques de l’entreprise heurtent profondément ses convictions patriotiques. Contre l’avis général, il démissionne. Seule son épouse, une Afro-américaine, l’encourage à suivre sa voie.</p>



<p>Il fonde alors Intelar. D’abord, de modestes contrats : informatisation, conception de logiciels. Puis une idée audacieuse s’impose à lui concevoir un ordinateur africain, pensé pour les réalités locales : chaleur, poussière, humidité.</p>



<p>L’idée devient une obsession.</p>



<p>Il rassemble une équipe de jeunes ingénieurs camerounais. Ensemble, ils mettent au point un prototype baptisé Ramsès Ier, en hommage à l’Égypte antique, berceau de la science africaine. En 1986, l’ordinateur est présenté lors d’un salon au Palais des Congrès de Yaoundé. C’est un choc. Le milieu technologique local est stupéfait.</p>



<p>Le Fogape accorde alors à Intelar un financement de 100 millions de FCFA. L’entreprise prend son envol. Tous les employés sont Camerounais.</p>



<p>Tous ont moins de 30 ans. Les machines sont conçues à Douala, les composants fabriqués à Taïwan.</p>



<p>Ramsès Ier devient le tout premier ordinateur africain. Un exemplaire est même remis au président Paul Biya. En quelques mois, Intelar devient une fierté africaine.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="704" height="960" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Intelar_Ramses-1er.jpg" alt="" class="wp-image-3599" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Intelar_Ramses-1er.jpg 704w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Intelar_Ramses-1er-220x300.jpg 220w" sizes="(max-width: 704px) 100vw, 704px" /></figure>



<p>Mais au Cameroun, le succès dérange. Malgré cette prouesse historique, Intelar ne reçoit aucune reconnaissance officielle.</p>



<p>Le 4 août 1991 marque le basculement. Une manifestation prévue à Douala Bar est bloquée par les forces de l’ordre. Les manifestants se replient vers le siège de Cap Liberté, installé dans les locaux d’Intelar, sur le boulevard de la Liberté à Akwa, près de l’hôtel Le Ndé. Pensant être en sécurité sur un espace privé, ils s’y regroupent pacifiquement.</p>



<p>L’assaut est brutal. Une force mixte : policiers, gendarmes, militaires etc intervient. Tirs à balles réelles. Gaz lacrymogènes.</p>



<p>Près de 700 personnes sont arrêtées. Djeukam échappe de peu à la mort.</p>



<p>Le lendemain, les militaires reviennent. Ils défoncent les portes, pillent et saccagent les locaux, emportent le matériel informatique.</p>



<p>Intelar est anéantie.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="702" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Ramses-1er_publicite_-702x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3600" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Ramses-1er_publicite_-702x1024.jpg 702w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Ramses-1er_publicite_-206x300.jpg 206w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Ramses-1er_publicite_-768x1120.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Ramses-1er_publicite_-1053x1536.jpg 1053w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Ramses-1er_publicite_.jpg 1404w" sizes="auto, (max-width: 702px) 100vw, 702px" /></figure>



<p>Cet acte signe la fin brutale d’un rêve technologique africain. Djeukam Tchameni entre dans la clandestinité, puis prend le chemin de l’exil vers le Burkina Faso.</p>



<p>L’histoire d’Intelar reste celle d’un génie étouffé, d’un futur brisé trop tôt, d’une Afrique qui avait rendez-vous avec l’innovation… et que l’on a empêchée d’y parvenir.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, Djeukam Tchameni est en prison pour avoir soutenu Issa Tchiroma !</p>



<p>Libérez Djeukam Tchameni et tous les prisonniers politiques.</p>



<p>L’oubli est la ruse du diable !</p>



<p>Arol KETCH –</p>



<p>Rat des archives</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/07/21/%f0%9d%90%91%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a6%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%ac-%f0%9d%90%88%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%ab-%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%a9%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%a6/">𝐑𝐚𝐦𝐬𝐞̀𝐬 𝐈𝐞𝐫 &#8211; 𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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		<title>𝐁𝐚𝐛𝐚𝐥 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐦𝐮𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 14:05:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Babal est la nouvelle pépite montante de la musique camerounaise. Comme un ouragan, il ravage tout sur son passage et</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/07/21/%f0%9d%90%81%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%9b%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a5-%f0%9d%90%9f%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ad-%f0%9d%90%a3%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%9e/">𝐁𝐚𝐛𝐚𝐥 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐦𝐮𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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<p>Babal est la nouvelle pépite montante de la musique camerounaise. Comme un ouragan, il ravage tout sur son passage et affole les compteurs sur les plateformes d&rsquo;écoute et de téléchargement.</p>



<p>Et comme après chaque ouragan, on cherche une explication. Le succès attire toujours les procureurs.</p>



<p>Sur les réseaux sociaux, certains l&rsquo;accusent d&rsquo;utiliser l&rsquo;intelligence artificielle pour fabriquer ses titres. Voilà, disent certains, le secret de ce succès trop rapide, trop net, trop insolent. Comme si un jeune artiste ne pouvait pas, tout simplement, avoir du talent. Comme si le succès devait obligatoirement cacher une tricherie.</p>



<p>À ceux-là, Babal répond déjà dans l&rsquo;un de ses refrains : « Babal, il fait de la musique. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="682" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Babal_-682x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3588" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Babal_-682x1024.jpg 682w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Babal_-200x300.jpg 200w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Babal_-768x1152.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/07/Babal_.jpg 853w" sizes="auto, (max-width: 682px) 100vw, 682px" /></figure>



<p>Cette suspicion n&rsquo;a rien d&rsquo;inédit. Il suffit de remonter aux années 1970 et de convoquer le duo Tim and Foty.</p>



<p>Deux cousins, Jean-Marie Tiam et le regretté Maurice Fotié Kembiwo. Deux voix perçantes, aiguës, au timbre inimitable, qui ont dominé la fin des années 70. À leurs débuts, les mélomanes les prenaient pour des Américains, tant leur style et leur rythme détonnaient dans le paysage.</p>



<p>En 1979, au stade de la Réunification de Douala, ils réunissent près de cent mille spectateurs au bord de l&rsquo;hystérie. Un record d&rsquo;affluence pour un concert au Cameroun, jamais égalé depuis.</p>



<p>Puis vint la suspicion. Ce jour-là, les stars montent sur scène sans leur humidificateur de voix. Et le public découvre, stupéfait, que les voix entendues ne sont pas tout à fait celles des vinyles.</p>



<p>La plupart de ces fans ne les avaient jamais vus en direct. Il les connaissaient par la radio, par les bars, par les boîtes de nuit. La déception fut telle que, le duo faillit se faire lyncher.</p>



<p>Le lendemain, la presse ne fit pas dans la dentelle. On parla de « grosse escroquerie ». De « feymania artistique ». On les accusa d&rsquo;avoir trafiqué leurs voix en studio pour tromper tout un pays.</p>



<p>Le duo a toujours démenti. Ces petites voix, expliquaient-ils, étaient des voix de tête. Rien de plus. Ils chantaient de la manière la plus naturelle qui soit.</p>



<p>Et l&rsquo;histoire a tranché</p>



<p>Les accusations n&rsquo;ont pas tué Tim and Foty. Sept albums entre 1977 et 1982, des tubes qui ont traversé le temps, un son ; ce mélange de makossa et de funk ; devenu une signature.</p>



<p>Mais le plus beau est venu bien plus tard.</p>



<p>En 2001, Missy Elliott sort « Dog in Heat », avec Method Man et Redman, produit par Timbaland. Le morceau est salué comme une prouesse de production. Sauf que le motif qui le porte, du début à la fin, sort tout droit de « Douala by Night », enregistré par Tim and Foty en 1977.</p>



<p>Le plus cruel de l&rsquo;histoire est ce qui se passe ensuite. En 2006, Jean-Marie Tiam entre dans un studio parisien pour retravailler son propre titre en version R&rsquo;n&rsquo;B. On écoute. On rit. Puis on l&rsquo;accuse de plagiat, et on lui explique posément que cette chanson n&rsquo;est pas la sienne, mais celle de Missy Elliott. Il tente de s&rsquo;expliquer. On le traite de menteur, d&rsquo;usurpateur.</p>



<p>Blessé, il saisit la SACEM. Les tractations commencent en mars 2008 et se referment en janvier 2009 par un accord : Tim And Foty a été plagié par Missy Elliot.</p>



<p>Trente ans après avoir été traité d&rsquo;escroc chez lui , Tim and Foty se faisait piller par l&rsquo;Amérique. Et il a eu gain de cause.</p>



<p>À chaque fois qu&rsquo;un outil nouveau entre dans un studio, les mêmes accusations reviennent. On l&rsquo;a dit du multipiste. On l&rsquo;a dit du synthétiseur. On l&rsquo;a dit de l&rsquo;auto-tune. On l&rsquo;a dit, au Cameroun, d&rsquo;un simple humidificateur de voix. Chaque fois le procès était le même : ce n&rsquo;est plus de la vraie musique. Chaque fois, l&rsquo;histoire a donné tort aux procureurs.</p>



<p>Aucun outil, même pas l’IA ne fabrique cette chose qu&rsquo;on ne sait pas nommer et qui fait qu&rsquo;une chanson tourne à la fois dans un taxi de Douala et dans une chambre d&rsquo;étudiant à Paris. Ça, ça reste l&rsquo;artiste.</p>



<p>Alors laissons Babal travailler</p>



<p>Il fait de la musique avec les outils de son temps, comme tous ceux qui l&rsquo;ont précédé ont fait avec les leurs. Jeter l&rsquo;opprobre sur un talent qui monte, c&rsquo;est se priver de tout ce qu&rsquo;il pourrait devenir. Le Cameroun a assez perdu d&rsquo;artistes à force de les soupçonner avant de les écouter.</p>



<p>Encourageons cette pépite. Elle peut hisser la musique camerounaise au sommet. Babal il fait de l’Musique !</p>



<p>La terre est sale ! Si è ne mvit ! Ngo Bagdeu !</p>



<p>Arol KETCH</p>



<p>Rat des archives</p>
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		<title>Jean-Pierre Depesquidoux, le provocateur qui faisait bégayer la musique</title>
		<link>https://www.arolketchraconte.com/2026/06/13/jean-pierre-depesquidoux-le-provocateur-qui-faisait-begayer-la-musique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Jun 2026 09:46:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Musique Camerounaise]]></category>
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		<category><![CDATA[Depesquidoux]]></category>
		<category><![CDATA[Eboa Mobitang]]></category>
		<category><![CDATA[Elvis Kemayo]]></category>
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		<category><![CDATA[JP Depesquidoux]]></category>
		<category><![CDATA[Télépodium]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui se souvient de JP Depesquidoux ; le « bègue » révélé par Telepodium ? Les hier hier ne peuvent pas comprendre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/06/13/jean-pierre-depesquidoux-le-provocateur-qui-faisait-begayer-la-musique/">Jean-Pierre Depesquidoux, le provocateur qui faisait bégayer la musique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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<p></p>



<p>Qui se souvient de JP Depesquidoux ; le « bègue » révélé par Telepodium ? Les hier hier ne peuvent pas comprendre.</p>



<p>Dans le paysage musical camerounais du milieu des années 1980, peu d&rsquo;artistes auront cultivé un personnage aussi singulier que Jean-Pierre Depesquidoux. De son vrai nom, Eboa Mobitang.</p>



<p>Chanteur, amuseur, provocateur et personnage médiatique avant l&rsquo;heure, il s&rsquo;est imposé moins par la virtuosité de ses prestations que par une personnalité hors norme, nourrie d&rsquo;autodérision, de défi et d&rsquo;un sens aigu de la mise en scène. Un style particulier.</p>



<p>Les articles de presse de l&rsquo;époque décrivent un artiste qui transforme son bégaiement en signature artistique.</p>



<p>Cette singularité devient même l&rsquo;un de ses principaux arguments de notoriété.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="736" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux-736x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3582" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux-736x1024.jpg 736w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux-216x300.jpg 216w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux-768x1069.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux.jpg 954w" sizes="auto, (max-width: 736px) 100vw, 736px" /></figure>



<p>Dans une interview accordée à C.T., il apparaît comme un homme volontiers bravache, multipliant les déclarations spectaculaires. Par exemple, il défie ouvertement des figures établies ; notamment Manu Dibango et le groupe Les Têtes Brûlées, qu&rsquo;il considère comme des concurrents directs.</p>



<p>Cette posture provocatrice contribue à sa réputation de franc-tireur.</p>



<p>Dans ses entretiens, Depesquidoux affirme avoir prédit son succès dès ses débuts et se présente sans détour comme un « très grand musicien ». Il revendique également une popularité grandissante à l&rsquo;étranger, évoquant notamment le Japon et la Grèce, parfois avec un humour qui laisse planer le doute entre sérieux et second degré.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="734" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux_Eboa-Mobitang.jpg" alt="" class="wp-image-3583" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux_Eboa-Mobitang.jpg 1008w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux_Eboa-Mobitang-300x218.jpg 300w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux_Eboa-Mobitang-768x559.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></figure>



<p>Mais derrière la fanfaronnade se dessinait un personnage plus complexe. Beaucoup le considèraient comme un vantard, tandis que lui-même se décrivait comme un homme calme, incompris et sous-estimé.</p>



<p>Son bégaiement était devenu un ressort comique et une marque de fabrique qui suscitait autant la curiosité que l&rsquo;attachement du public.</p>



<p>La télévision a joué un rôle essentiel dans sa popularité. Découvert par un large public à travers l&rsquo;émission « Télé Podium » présenté par Elvis Kemayo, il parvient à attirer l&rsquo;attention des téléspectateurs qui ne savaient parfois plus très bien s&rsquo;il chante en bégayant ou s&rsquo;il bégaie en chantant.</p>



<p>Son talent résidait dans sa capacité à attirer l&rsquo;attention, à susciter le débat et à transformer sa différence en identité artistique.</p>



<p>À une époque où la scène musicale camerounaise etait dominée par de grandes figures conventionnelles, il avait choisi une autre voie : celle du personnage.</p>



<p>Exubérant, imprévisible et volontiers provocateur, il s&rsquo;est imposé comme une curiosité culturelle.</p>



<p>On garde de lui , l&rsquo;image d&rsquo;un artiste atypique, capable de faire rire, d&rsquo;agacer, d&rsquo;étonner et de fasciner, mais surtout de ne laisser personne indifférent.</p>



<p>Qui se souvient de lui ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="720" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux_telepodium.jpg" alt="" class="wp-image-3584" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux_telepodium.jpg 1008w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux_telepodium-300x214.jpg 300w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Jean-Pierre-Depesquidoux_telepodium-768x549.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></figure>



<p>L&rsquo;oubli est la ruse du diable !</p>



<p>Arol KETCH</p>



<p>Rat des archives</p>
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		<item>
		<title>𝐃𝐢𝐞𝐮𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́ 𝐓𝐚𝐤𝐨𝐮, 𝐥𝐞 𝐠𝐞́𝐚𝐧𝐭 𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞́ 𝐝𝐞 𝐥’𝐡𝐚𝐥𝐭𝐞́𝐫𝐨𝐩𝐡𝐢𝐥𝐢𝐞 𝐜𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧𝐚𝐢𝐬𝐞</title>
		<link>https://www.arolketchraconte.com/2026/06/13/%f0%9d%90%83%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%93%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a4%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%ae-%f0%9d%90%a5/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Jun 2026 09:36:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>
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		<category><![CDATA[Arol KETCH]]></category>
		<category><![CDATA[Dieudonné Takou]]></category>
		<category><![CDATA[haltérophile]]></category>
		<category><![CDATA[haltérophilie]]></category>
		<category><![CDATA[Pisarenko]]></category>
		<category><![CDATA[Sports]]></category>
		<category><![CDATA[Théodore Nkwayeb]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l’histoire du sport camerounais, certains noms brillent encore sous les projecteurs de la mémoire collective. D’autres, pourtant tout aussi</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/06/13/%f0%9d%90%83%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%93%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a4%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%ae-%f0%9d%90%a5/">𝐃𝐢𝐞𝐮𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́ 𝐓𝐚𝐤𝐨𝐮, 𝐥𝐞 𝐠𝐞́𝐚𝐧𝐭 𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞́ 𝐝𝐞 𝐥’𝐡𝐚𝐥𝐭𝐞́𝐫𝐨𝐩𝐡𝐢𝐥𝐢𝐞 𝐜𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧𝐚𝐢𝐬𝐞</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans l’histoire du sport camerounais, certains noms brillent encore sous les projecteurs de la mémoire collective. D’autres, pourtant tout aussi méritants, semblent s’être effacés avec le temps.</p>



<p>Dieudonné Takou appartient à cette seconde catégorie. Et pourtant, durant plus d’une décennie, il fut l’un des hommes les plus forts du continent africain et l’ambassadeur d’une discipline que peu regardaient alors : l’haltérophilie.</p>



<p>Né en 1960 à Bansoa, sur les hauts plateaux de l’Ouest-Cameroun, Dieudonné Takou n’était pas destiné à devenir une figure sportive majeure. Rien, dans cette région paisible dominant les collines, ne laissait présager l’éclosion d’un athlète capable de rivaliser avec les meilleurs du continent.</p>



<p>Il est surnommé « Pisarenko », en référence à Anatoli Pisarenko, le légendaire colosse soviétique qui dominait la discipline dans les années 1980.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="710" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Dieudonne-Takou-710x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3576" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Dieudonne-Takou-710x1024.jpg 710w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Dieudonne-Takou-208x300.jpg 208w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Dieudonne-Takou-768x1108.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Dieudonne-Takou.jpg 809w" sizes="auto, (max-width: 710px) 100vw, 710px" /></figure>



<p>Le surnom n’avait rien d’usurpé. Avec son mètre quatre-vingts, ses 110 kilogrammes de puissance en compétition et jusqu’à 116 kilogrammes lors de certaines finales nationales, Takou imposait le respect dès son entrée sur le plateau.</p>



<p>Sa force n’était pas seulement physique. Elle résidait aussi dans une maîtrise technique exceptionnelle, une régularité rare et une capacité à performer sous pression là où tant d’autres vacillaient.</p>



<p>Sous la conduite attentive de son entraîneur, Pierre-Aimé Wandji, il a construit patiemment un palmarès qui a dépassé rapidement les frontières camerounaises.</p>



<p>En 1984, il décroche deux médailles d’argent aux Championnats d’Afrique. Aux Jeux africains, il ajoute une médaille d’argent et une médaille de bronze. Son total olympique de 350 kilogrammes le place alors parmi les meilleurs haltérophiles du continent. Quatre ans plus tard, aux Championnats nationaux de Yaoundé, il confirme son statut en remportant le titre toutes catégories et celui de meilleur haltérophile de l’année.</p>



<p>Puis vient l’année 1988, celle de l’accomplissement. Sélectionné pour représenter le Cameroun aux Jeux olympiques de Séoul aux côtés de Théodore Nkwayeb, Takou atteint le sommet de sa carrière. La préparation est exigeante : d’abord à Yaoundé, puis en France, à Clermont-Ferrand, sous la supervision de Daniel Senet, figure reconnue de l’haltérophilie française. À mesure que ses performances progressent, l’espoir grandit.</p>



<p>Dans la presse sportive camerounaise, on s’interroge : que vaut Takou face aux redoutables écoles soviétique, bulgare, hongroise ou roumaine ? Nul ne peut répondre avec certitude. Mais pour la première fois, un haltérophile camerounais nourrit l’espoir de regarder les géants du monde droit dans les yeux.</p>



<p>Si la scène internationale lui offre ses plus belles émotions, c’est au Cameroun que Dieudonné Takou bâtit sa légende. À partir de 1989, il domine sans partage les compétitions nationales. La Coupe Mützig devient son royaume. Épreuve après épreuve, saison après saison, il s’impose comme la référence absolue de l’haltérophilie camerounaise.</p>



<p>En 1991, alors que les quatre premières manches de la compétition ont déjà été remportées par lui, une seule question anime les observateurs : quelqu’un pourra-t-il détrôner le champion ?</p>



<p>La réponse semble toujours la même.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="790" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Takou_Dieudonne.jpg" alt="" class="wp-image-3577" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Takou_Dieudonne.jpg 1008w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Takou_Dieudonne-300x235.jpg 300w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Takou_Dieudonne-768x602.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></figure>



<p>À Obala, devant près de 3 000 spectateurs, Takou remporte une nouvelle fois la compétition. Lorsque le géant s’avance pour tenter 200 kilogrammes à l’épaulé-jeté, le silence envahit l’assistance. Talon est un symbole, un modèle pour toute une génération.</p>



<p>Autour de lui s’était construit un véritable écosystème sportif. Son club, l’Omni-club de Yaoundé, son entraîneur fidèle, les dirigeants de la fédération, les journalistes spécialisés et les jeunes athlètes qui rêvaient de suivre sa voie.</p>



<p>Parmi eux se trouvait notamment un jeune prodige nommé Ndicka Matam, futur grand nom de l’haltérophilie africaine.</p>



<p>Ce qui rend le parcours de Dieudonné Takou particulièrement remarquable, c’est le contraste permanent entre l’ampleur de son talent et la modestie des moyens dont il disposait. Il a porté les couleurs du Cameroun au plus haut niveau mondial sans bénéficier des infrastructures que connaissent les grandes nations de l’haltérophilie.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="987" height="665" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Takou-Dieudonne-recompense_.jpg" alt="" class="wp-image-3578" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Takou-Dieudonne-recompense_.jpg 987w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Takou-Dieudonne-recompense_-300x202.jpg 300w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/06/Takou-Dieudonne-recompense_-768x517.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 987px) 100vw, 987px" /></figure>



<p>Il a bâti sa carrière à force de travail, de discipline et de passion, dans un environnement où chaque progression relevait souvent de l’exploit.</p>



<p>Aujourd’hui, son nom est parfois oublié. Pourtant, l’histoire de l’haltérophilie camerounaise ne peut être racontée sans lui. Avant les succès des générations suivantes, il y eut ce géant venu de Bansoa. Un homme qui souleva les ambitions d’un sport tout entier.</p>



<p>Il demeure l’un des plus grands champions que le pays ait connus.</p>



<p>L’oubli est la ruse du diable!</p>



<p>Arol KETCH</p>



<p>Rat des archives</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/06/13/%f0%9d%90%83%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%93%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a4%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%ae-%f0%9d%90%a5/">𝐃𝐢𝐞𝐮𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́ 𝐓𝐚𝐤𝐨𝐮, 𝐥𝐞 𝐠𝐞́𝐚𝐧𝐭 𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞́ 𝐝𝐞 𝐥’𝐡𝐚𝐥𝐭𝐞́𝐫𝐨𝐩𝐡𝐢𝐥𝐢𝐞 𝐜𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧𝐚𝐢𝐬𝐞</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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		<title>𝐋’𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐜𝐲𝐜𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐒𝐨𝐲𝐚</title>
		<link>https://www.arolketchraconte.com/2026/05/27/%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%ae-%f0%9d%90%9c%f0%9d%90%b2%f0%9d%90%9c%f0%9d%90%a5/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 14:38:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>
		<category><![CDATA[cyclisme]]></category>
		<category><![CDATA[Joseph Kono]]></category>
		<category><![CDATA[Namama Aba]]></category>
		<category><![CDATA[SOYA]]></category>
		<category><![CDATA[vélo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le « soya » est une savoureuse brochette de viande très populaire au Cameroun, généralement vendue au bord des routes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/27/%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%ae-%f0%9d%90%9c%f0%9d%90%b2%f0%9d%90%9c%f0%9d%90%a5/">𝐋’𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐜𝐲𝐜𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐒𝐨𝐲𝐚</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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<p></p>



<p>Le « soya » est une savoureuse brochette de viande très populaire au Cameroun, généralement vendue au bord des routes. C’est aussi le surnom devenu légendaire d’un cycliste camerounais qui a profondément marqué son époque.</p>



<p>Soya était un coureur à part. Éternel dernier des compétitions, il était pourtant l’attraction incontournable des tours cyclistes. Symbole de courage, de volonté et de persévérance, il avait fini par devenir si familier au public que son absence suffisait à vider les rues. Même dans les villages les plus reculés, son nom était connu et acclamé.</p>



<p>Sa popularité reposait justement sur ce paradoxe : Soya était toujours « bon dernier ». Dernier… mais célèbre. Pour lui, l’essentiel était de participer, fidèle à l’esprit défendu par Pierre de Coubertin.</p>



<p>À chaque course, les foules se pressaient pour assister à son arrivée. Malgré sa place constante en queue de peloton, jamais il n’abandonnait. Il prenait toujours le départ, avec la même détermination. Pour toute une génération, son nom a même fini par désigner la dernière place d’un classement.</p>



<p>Il arrivait parfois plusieurs heures après le vainqueur. Il n’était pas rare de le voir descendre de vélo pour avancer à pied, poussant courageusement sa bicyclette. Pourtant, le public restait là, attendant son passage avec impatience, scandant son nom avec ferveur : Soya ! Soya ! Soya !</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="975" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Le-cycliste-Soya-975x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3572" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Le-cycliste-Soya-975x1024.jpg 975w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Le-cycliste-Soya-286x300.jpg 286w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Le-cycliste-Soya-768x807.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Le-cycliste-Soya.jpg 1125w" sizes="auto, (max-width: 975px) 100vw, 975px" /></figure>



<p>Les spectateurs ne quittaient jamais la ligne d’arrivée avant son passage. Peu à peu, le mot « Soya » entra dans le langage populaire pour désigner les derniers.</p>



<p>Plusieurs légendes entourent l’origine de ce surnom. Selon l’une d’elles, il aurait été baptisé « Soya » après s’être arrêté, durant une course, pour déguster une brochette offerte par un vendeur ambulant. Le geste serait ensuite devenu une habitude : à chaque compétition, il prenait le temps de savourer du soya avant de reprendre la route.</p>



<p>Une autre version affirme que ce surnom venait de ses supposées origines nordistes et du fait qu’il vivait à la Briqueterie, à Yaoundé, véritable temple du soya, notamment du côté de la descente de la Grande Mosquée où se trouvait le premier quartier général des braiseurs de soya de la capitale.</p>



<p>Mais la véritable histoire semble bien différente.</p>



<p>Nous sommes en 1954, lors d’une course cycliste dont le départ est donné à l’ancienne mairie de Yaoundé. Alors qu’il grimpe la côte du lycée Leclerc, deux jeunes filles accourent vers lui et lui tendent deux sucettes. Il en met une dans sa bouche et glisse l’autre dans sa poche.</p>



<p>En apercevant le bâtonnet dépassant de ses lèvres, certains spectateurs croient qu’il est en train de manger une brochette de soya et commencent aussitôt à l’appeler « Soya ». Malgré ses explications, rien n’y fait : pour le public, il mange bel et bien du soya. Le surnom était né… et il le portera fièrement durant toute sa carrière.</p>



<p>Véritable phénomène populaire, Soya avait conquis le cœur des Camerounais. Lorsqu’il manquait une course, le public manifestait son mécontentement. Mieux encore : lorsqu’il perdait son vélo, tout le monde se mobilisait pour le retrouver, car il était impensable qu’une compétition ait lieu sans lui.</p>



<p>Ainsi, en 1975, alors qu’il assistait au match Cameroun–Togo au stade Ahmadou Ahidjo, son vélo disparaît du parking. Une vaste mobilisation est lancée à travers le pays, et une annonce paraît même dans le quotidien national Cameroon Tribune.</p>



<p>En août 1985, rebelote : son vélo, qu’il utilisait depuis sept ans, est volé à son domicile de la Briqueterie. Soya en tombe malade. Pour lui, le cyclisme était une véritable raison de vivre. Ne plus courir l’affectait profondément.</p>



<p>Inquiets de ne plus le voir sur les routes, les Camerounais se mobilisent une nouvelle fois. L’affaire est relayée dans les colonnes de Cameroon Tribune, jusqu’à ce qu’un ministre de la République, Joseph Fofé, lui-même passionné de cyclisme, lui offre finalement un vélo flambant neuf.</p>



<p>Soya avait d’ailleurs déjà roulé aux côtés de Paul Biya et de Joseph Fofé. Ensemble, ils avaient parcouru les routes de Soa, Mbalmayo et Zamengoué.</p>



<p>———Arol Ketch ————-</p>



<p>Mais qui était réellement cet homme, ce « bon dernier » adulé comme un héros ?</p>



<p>De son vrai nom Namama Aba, Soya serait né vers 1929. Marié et père de cinq enfants, il exerçait le métier de réparateur de radios à la Briqueterie.</p>



<p>Il débute le cyclisme en 1953 avec une licence de la Fédération française de cyclisme, le Cameroun n’étant pas encore indépendant. À cette époque, les grandes figures du cyclisme local s’appellent tangana Paul, Atangana , Onana Jean Bernard, Thomas, Awouma boniface, Jean Lagarde, Bekombo Danger, Ekambi, Chevalier jean-Marie, Btamé, Black, Assomo Enoch, Pommier Boniface, Bitchantchang, Simo Joseph, Djambou, Mamouda, Toko, Mayembé, Belibi, Temé, Jean Manga, Atangana Sylvestre, Mafack, Moussa, Ngoulemakong, Ottou, Mveng Marc, Otélé et bien d’autres encore.</p>



<p>Soya restera surtout comme un immense symbole d’endurance. Il a continué à courir jusqu’à l’âge de 60 ans, ce qui explique aussi ses fréquentes dernières places : il était souvent le plus âgé des coureurs. En près de quarante ans de carrière, il ne remportera qu’une seule course, lors de la fête de la Réunification en 1961.</p>



<p>Passionné de football, il ne manquait presque aucun match au stade Ahmadou Ahidjo, surtout lorsque le Tonnerre de Yaoundé jouait. Il en était un fervent supporter.</p>



<p>Soya, l’éternelle lanterne rouge, n’a peut-être jamais connu le bonheur d’une grande victoire. Mais son véritable bonheur se lisait sur son visage chaque fois qu’il enfourchait son vélo.</p>



<p>Il était l’ami de tous. Hommes, femmes et enfants scandaient son nom à chacune de ses apparitions.</p>



<p>L‘oubli est la ruse du diable !</p>



<p>Arol KETCH – 26.05.2026<br>Rat des archives</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/27/%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%ae-%f0%9d%90%9c%f0%9d%90%b2%f0%9d%90%9c%f0%9d%90%a5/">𝐋’𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐜𝐲𝐜𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐒𝐨𝐲𝐚</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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		<title>𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧 𝐓𝐨𝐛𝐢𝐞 𝐊𝐮𝐨𝐡 &#8211; 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐒𝐞𝐜𝐫𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑𝐞́𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 𝐞𝐭 𝐦𝐨𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐥𝐚</title>
		<link>https://www.arolketchraconte.com/2026/05/23/%f0%9d%90%82%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a7-%f0%9d%90%93%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%9b%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%8a%f0%9d%90%ae/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 17:51:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Faits Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Ahmadou Ahidjo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧 𝐓𝐨𝐛𝐢𝐞 𝐊𝐮𝐨𝐡 &#8211; 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐒𝐞𝐜𝐫𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑𝐞́𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 𝐞𝐭 𝐦𝐨𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/23/%f0%9d%90%82%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a7-%f0%9d%90%93%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%9b%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%8a%f0%9d%90%ae/">𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧 𝐓𝐨𝐛𝐢𝐞 𝐊𝐮𝐨𝐡 &#8211; 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐒𝐞𝐜𝐫𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑𝐞́𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 𝐞𝐭 𝐦𝐨𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐥𝐚</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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<p>𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧 𝐓𝐨𝐛𝐢𝐞 𝐊𝐮𝐨𝐡 &#8211; 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐒𝐞𝐜𝐫𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑𝐞́𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 𝐞𝐭 𝐦𝐨𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐥𝐚</p>



<p>Figure majeure de l’administration camerounaise naissante, Christian Tobie Kuoh appartient à cette génération de bâtisseurs qui ont accompagné le Cameroun du régime colonial aux premières décennies de l’indépendance.</p>



<p>Discret, méthodique et profondément attaché à l’État, il aura marqué de son empreinte aussi bien les hautes sphères du pouvoir que l’aménagement urbain de Douala, sa ville natale.</p>



<p>Né à Douala le 23 avril 1921, dans le quartier de Bonaminkengué, Christian Tobie Kuoh effectue ses études primaires à l’école principale d’Akwa avant d’intégrer l’École Supérieure du Cameroun à Yaoundé, l’un des plus prestigieux établissements de formation de l’époque coloniale.</p>



<p>À sa sortie en 1941, il entre immédiatement dans l’administration française comme agent des services de transmission. À seulement vingt ans, il est déjà nommé chef de secrétaires, signe précoce d’une rigueur et d’un sens de l’organisation qui feront toute sa réputation.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="777" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Christian-Tobie-Kuoh-777x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3568" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Christian-Tobie-Kuoh-777x1024.jpg 777w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Christian-Tobie-Kuoh-228x300.jpg 228w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Christian-Tobie-Kuoh-768x1012.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Christian-Tobie-Kuoh.jpg 1125w" sizes="auto, (max-width: 777px) 100vw, 777px" /></figure>



<p>C’est dans l’administration des Postes et Télécommunications qu’il croise la route d’Ahmadou Ahidjo, alors jeune fonctionnaire lui aussi.</p>



<p>Entre les deux hommes naît une relation de confiance qui, au fil du temps, se transformera en une solide complicité politique et personnelle. Cette proximité jouera un rôle décisif dans l’ascension de Christian Tobie Kuoh au sommet de l’appareil d’État.</p>



<p>En octobre 1950, il réussit le concours des rédacteurs des services civils et financiers, ce qui lui ouvre les portes de l’administration territoriale. Quelques années plus tard, en 1956, il est envoyé dans les Bamboutos comme adjoint au sous-préfet de Mbouda et suppléant légal de l’administrateur-maire de cette commune rurale. Cette expérience de terrain lui permet d’acquérir une connaissance fine des réalités locales et des rouages administratifs du Cameroun sous tutelle française.</p>



<p>À la veille de l’indépendance, Christian Tobie Kuoh devient l’un des jeunes cadres les plus prometteurs du territoire. Début 1959, il est nommé sous-préfet de Douala. Quelques mois plus tard, il effectue en France un stage de formation diplomatique au ministère des Affaires étrangères.</p>



<p>À son retour, il est appelé auprès du Premier ministre Ahmadou Ahidjo comme directeur de cabinet, puis participe aux affaires diplomatiques du pays entre janvier et mai 1960, dans un contexte marqué par la préparation de l’indépendance et la construction des premières institutions nationales.</p>



<p>Lorsque le Cameroun accède à la souveraineté, Ahmadou Ahidjo choisit naturellement Christian Tobie Kuoh pour occuper le poste stratégique de premier Secrétaire général de la Présidence de la République de mars 1960 à janvier 1962.</p>



<p>Cette nomination récompense autant ses compétences administratives que la confiance personnelle que lui accordait le chef de l’État depuis leurs débuts communs dans l’administration coloniale.</p>



<p>Dans les premières années de l’indépendance, Christian Tobie Kuoh devient ainsi l’un des hommes-clés du palais présidentiel. Il participe notamment, en juillet 1961, à la conférence historique de Foumban consacrée aux négociations de la réunification entre le Cameroun oriental et le Cameroun occidental.</p>



<p>Membre de la délégation de sept personnalités conduite par le président Ahidjo, il contribue à un moment décisif de l’histoire nationale. À l’issue des discussions, le pacte fédéral est scellé et le Cameroun réunifié adopte la forme d’un État fédéral.</p>



<p>Sa carrière connaît alors une nouvelle accélération. Le 29 septembre 1961, il est promu administrateur civil. Quelques mois plus tard, suite à la réorganisation de la Présidence de la République, il devient directeur du Cabinet civil du président de la République fédérale du Cameroun le 8 janvier 1962 ( le secrétariat général ayant été supprimé).</p>



<p>Au fil des années, Christian Tobie Kuoh s’impose comme une figure incontournable de la haute administration camerounaise.</p>



<p>Le 1er juillet 1964, il est nommé directeur général du Contrôle de l’État, avant d’être élevé, le 16 août 1968, au rang de ministre délégué à la Présidence chargé de l’Inspection générale de l’État.</p>



<p>En novembre 1979, il revient à Douala pour prendre la tête de la Régie Nationale des Chemins de Fer du Cameroun (REGIFERCAM) en qualité de président-directeur général. Mais c’est surtout à partir du 11 décembre 1982, lorsqu’il est nommé délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, que son action laissera une empreinte durable dans la mémoire collective.</p>



<p>Visionnaire et pragmatique, Christian Tobie Kuoh entreprend alors une vaste transformation de la capitale économique camerounaise. Sous son impulsion, est élaboré le Schéma Directeur d’Aménagement Urbain (SDAU), véritable feuille de route pour la modernisation de la ville.</p>



<p>Il œuvre au désenclavement de New-Bell, au lotissement de Bépanda et au lancement du projet Nylon avec l’appui de la Banque mondiale. Son action vise principalement l’amélioration des quartiers populaires et la restructuration de l’espace urbain.</p>



<p>Parallèlement, il engage des travaux d’embellissement et de modernisation qui contribueront à forger l’image d’une métropole dynamique et attractive.</p>



<p>C’est à cette époque que naissent les surnoms de « Douala la belle » ou encore « Douala petit Paris », témoignant de l’ambition urbaine qu’il insuffla à la ville portuaire.</p>



<p>Le 6 novembre 1987, sous sa présence et son administration, la Commune urbaine de Douala devient officiellement la Communauté urbaine de Douala, faisant de lui le tout premier délégué du gouvernement auprès de cette nouvelle institution.</p>



<p>Après sept années de transformation urbaine et de réformes structurelles, il quitte ses fonctions le 13 avril 1989, remplacé par Pokossy Doumbe.</p>



<p>À la retraite, Christian Tobie Kuoh entreprend un important travail de mémoire, réparti en trois volumes, ces récits retrace successivement le Cameroun de l’indépendance, la période du président Ahidjo et les mutations politiques de l’après-Ahidjo.</p>



<p>Il y livre un regard précieux sur les conditions de l’indépendance, les relations parfois tendues entre hauts fonctionnaires camerounais et autorités françaises, le fonctionnement de l’administration postcoloniale ainsi que les conceptions divergentes de la démocratie, de la souveraineté et des libertés entre dirigeants africains et occidentaux.</p>



<p>Le 23 juillet 1994, Christian Tobie Kuoh s’éteint à l’Hôpital Général de Douala. En hommage à son parcours exceptionnel, une rue du quartier administratif de Bonanjo porte désormais son nom.</p>



<p>Homme réservé, peu porté sur les projecteurs, il laisse pourtant l’image d’un serviteur de l’État rigoureux, d’un administrateur visionnaire et d’un acteur majeur de la construction du Cameroun moderne.</p>



<p>L’oubli est la ruse du diable!</p>



<p>Arol KETCH</p>



<p>Rat des archives</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/23/%f0%9d%90%82%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a7-%f0%9d%90%93%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%9b%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%8a%f0%9d%90%ae/">𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧 𝐓𝐨𝐛𝐢𝐞 𝐊𝐮𝐨𝐡 &#8211; 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐒𝐞𝐜𝐫𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑𝐞́𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 𝐞𝐭 𝐦𝐨𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐥𝐚</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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		<title>𝐋𝐞́𝐯𝐢𝐬 𝐊𝐨𝐥𝐨𝐤𝐨 — 𝐋𝐞 𝐫𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 17:45:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>
		<category><![CDATA[Le roi de la ferraille]]></category>
		<category><![CDATA[Lévis Claude Koloko]]></category>
		<category><![CDATA[lévis koloko]]></category>
		<category><![CDATA[Rue Koloko]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>𝐋𝐞́𝐯𝐢𝐬 𝐊𝐨𝐥𝐨𝐤𝐨 — 𝐋𝐞 𝐫𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞 Dans l’histoire économique du Cameroun, certains hommes d’affaires ont bâti des empires</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/23/%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%af%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac-%f0%9d%90%8a%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a4%f0%9d%90%a8-%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%a8/">𝐋𝐞́𝐯𝐢𝐬 𝐊𝐨𝐥𝐨𝐤𝐨 — 𝐋𝐞 𝐫𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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<p>𝐋𝐞́𝐯𝐢𝐬 𝐊𝐨𝐥𝐨𝐤𝐨 — 𝐋𝐞 𝐫𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞</p>



<p>Dans l’histoire économique du Cameroun, certains hommes d’affaires ont bâti des empires à partir de capitaux. D’autres ont bâti des légendes à partir des ruines. Lévis Claude Koloko appartient à cette seconde catégorie.</p>



<p>Visionnaire, autodidacte et profondément résilient, celui que l’on surnommera plus tard « le Roi de la Ferraille » a réussi à transformer les cendres de ses propres épreuves en une industrie florissante, bien avant que les notions de recyclage, d’économie circulaire ou de préservation de l’environnement ne deviennent des enjeux mondiaux.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="281" height="589" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Koloko-levis-claude_batisseur.jpg" alt="" class="wp-image-3562" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Koloko-levis-claude_batisseur.jpg 281w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Koloko-levis-claude_batisseur-143x300.jpg 143w" sizes="auto, (max-width: 281px) 100vw, 281px" /></figure>



<p>Né en 1927 à Babouantou, dans le département du Haut-Nkam, à l’Ouest du Cameroun, Lévis Koloko grandit dans un contexte colonial où les perspectives de réussite pour les Africains demeurent limitées.</p>



<p>Après l’obtention de son CEPE en 1947, il quitte son village natal pour rejoindre Douala, métropole économique en pleine expansion.</p>



<p>Comme beaucoup de jeunes de sa génération, il arrive dans la capitale économique sans fortune ni appuis, porté uniquement par une volonté farouche de réussir.</p>



<p>À Douala, Koloko exerce plusieurs activités avant de trouver sa voie. Travailleur infatigable, il apprend rapidement les mécanismes du commerce et du transport. Dans les années 1950, il se lance dans le transport routier par camions et connaît une ascension rapide.</p>



<p>Son dynamisme et son sens de l’organisation lui valent de devenir l’un des acteurs majeurs du secteur, jusqu’à présider le Syndicat national des transporteurs.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="874" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_roi-du-fer-874x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3563" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_roi-du-fer-874x1024.jpg 874w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_roi-du-fer-256x300.jpg 256w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_roi-du-fer-768x900.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_roi-du-fer.jpg 974w" sizes="auto, (max-width: 874px) 100vw, 874px" /></figure>



<p>Le destin de Lévis Koloko bascule brutalement dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales précédant l’indépendance du Cameroun. En 1955, puis de nouveau en 1960, ses camions sont incendiés durant les troubles qui secouent le pays.</p>



<p>Lui-même racontera plus tard avec simplicité : « J’étais d’abord transporteur par camions. En 1955 on a brûlé mes camions… Ces camions furent encore brûlés en 1960. Alors je décidai de faire n’importe quoi pour nourrir ma famille. »</p>



<p>Pour beaucoup, ces destructions auraient marqué la fin d’une carrière. Pour Koloko, elles deviennent au contraire le point de départ d’une renaissance. Face aux carcasses métalliques de ses véhicules détruits, il développe une intuition qui fera sa fortune : les déchets industriels ont une valeur. Il commence alors à récupérer, démonter, trier et revendre les pièces encore utilisables.</p>



<p>Dans une société où « casseur » est encore perçue comme un métier dégradant, il subit des moqueries. Pour certains, il s’amuse avec le tétanos ; pour d’autres ; il occupe l’espace avec ses tas de ferraille.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="577" height="435" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis_koloko_roi-de-la-ferraille.jpg" alt="" class="wp-image-3564" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis_koloko_roi-de-la-ferraille.jpg 577w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis_koloko_roi-de-la-ferraille-300x226.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 577px) 100vw, 577px" /></figure>



<p>Koloko ne se laisse pas démoraliser ; il collecte des épaves automobiles, des moteurs hors d’usage, des engins industriels abandonnés, des pièces mécaniques usées ou accidentées. Ses dépôts de Douala notamment à Bassa, Akwa et New-Bell ; deviennent progressivement de véritables centres de récupération métallurgique à ciel ouvert.</p>



<p>Koloko développe alors un modèle économique d’une remarquable modernité. Les pièces détachées encore fonctionnelles sont revendues localement à des chauffeurs, mécaniciens ou transporteurs incapables d’acheter du neuf. Les métaux récupérés sont triés puis exportés. Certaines machines sont restaurées et remises en circulation ; d’autres sont démontées pour alimenter un marché parallèle de pièces mécaniques devenu essentiel à l’économie urbaine camerounaise.</p>



<p>Très tôt, il comprend que la ferraille n’est pas une activité de survie mais une filière industrielle complète et rentable. Bulldozers, grues, tracteurs, matériels de travaux publics ou véhicules accidentés passent entre ses mains. Grâce à son sens aigu des affaires, il parvient à valoriser chaque composant. Cette capacité à extraire de la valeur de ce que les autres considèrent comme inutile lui vaut progressivement son surnom devenu mythique : « le Roi de la Ferraille ».</p>



<p>Lévis Koloko bâtit véritable une fortune. Il développe également une véritable philosophie du travail. Dans un entretien accordé à la presse au milieu des années 70, il affirme : « J’ai découvert par la ferraille qu’il n’y a pas de sot métier. »</p>



<p>Cette phrase devient sa devise. Elle résume sa vision profondément populaire de la réussite : aucun travail honnête n’est indigne lorsqu’il permet de nourrir sa famille et de construire quelque chose d’utile.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="278" height="592" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_.jpg" alt="" class="wp-image-3565" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_.jpg 278w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Levis-Koloko_-141x300.jpg 141w" sizes="auto, (max-width: 278px) 100vw, 278px" /></figure>



<p>Dans un pays où certains métiers manuels étaient méprisés, Koloko contribue à redonner de la dignité à toute une économie informelle fondée sur la débrouillardise, la récupération et l’ingéniosité.</p>



<p>Son influence dépasse rapidement le cadre des affaires. Homme engagé, Lévis Koloko participe activement à la vie politique camerounaise. Militant de la première heure de l’Union Nationale Camerounaise (UNC), puis membre influent du RDPC, il devient député à l’Assemblée nationale, vice-président départemental du parti dans le Wouri, membre du comité central puis du bureau politique. Malgré les bouleversements politiques qu’a connus le Cameroun &#8211; de l’UC à l’UNC puis au RDPC &#8211; il demeure une figure respectée et influente dans le Littoral comme dans l’Ouest. Durant les villes mortes, sa maison est attaquée.</p>



<p>Les témoignages de l’époque le décrivent comme profondément attaché à sa communauté. Grâce à sa réussite, il finance des œuvres sociales dans le Haut-Nkam et à Douala : dispensaires, écoles, routes, chapelles et aides diverses aux populations.</p>



<p>À Babouantou, son village natal, il fait construire plusieurs infrastructures communautaires et demeure très impliqué dans la vie locale malgré son succès à Douala.</p>



<p>La réussite de Lévis Koloko impressionne autant qu’elle intrigue. Il diversifie ses activités dans les travaux publics, l’immobilier et le commerce des matériaux industriels.</p>



<p>Koloko Levis fait vivre une grande famille : la presse de l’époque évoque une immense famille composée de plusieurs épouses, de dizaines d’enfants et de petits-enfants.</p>



<p>Lorsque Lévis Claude Koloko s’éteint le 20 juillet 1994 à Douala, la presse nationale lui rend hommage comme à un « meneur d’hommes », un patriote et un pionnier économique. Ses funérailles à Babouantou rassemblent responsables politiques, opérateurs économiques, militants et anonymes venus saluer celui qui aura marqué plusieurs décennies de la vie camerounaise.</p>



<p>Son héritage reste aujourd’hui immense. Des milliers de ferrailleurs, recycleurs, vendeurs de pièces détachées et récupérateurs perpétuent encore, souvent sans le savoir, l’intuition de ce pionnier.</p>



<p>Une rue porte son nom à Douala : « la Rue KOLOKO » , qu’il a vue de son vivant.</p>



<p>Le parcours de Levis Koloko « Le roi de la ferraille » montre qu’un empire peut naître des ruines, qu’un métier méprisé peut devenir une industrie, et qu’aucune chute n’est définitive pour celui qui sait transformer l’épreuve en opportunité.</p>



<p>L’oubli est la ruse du diable !</p>



<p>Arol KETCH – 23.05.2026</p>



<p>Rat de archives</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/23/%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%af%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%ac-%f0%9d%90%8a%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a4%f0%9d%90%a8-%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%a8/">𝐋𝐞́𝐯𝐢𝐬 𝐊𝐨𝐥𝐨𝐤𝐨 — 𝐋𝐞 𝐫𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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		<title>𝐄́𝐫𝐢𝐜 𝐁𝐥𝐚𝐧𝐜 – 𝐋’𝐡𝐮𝐦𝐨𝐫𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐧𝐨𝐢𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐬 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐚𝐢𝐬 𝐨𝐧𝐭 𝐞𝐟𝐟𝐚𝐜𝐞́</title>
		<link>https://www.arolketchraconte.com/2026/05/19/%f0%9d%90%84%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9c-%f0%9d%90%81%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%9c-%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%a6%f0%9d%90%a8/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 May 2026 17:39:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bien avant Dieudonné, un autre humoriste noir avait déjà connu le bannissement médiatique en France : Éric Blanc. Né à</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/19/%f0%9d%90%84%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9c-%f0%9d%90%81%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%9c-%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%a6%f0%9d%90%a8/">𝐄́𝐫𝐢𝐜 𝐁𝐥𝐚𝐧𝐜 – 𝐋’𝐡𝐮𝐦𝐨𝐫𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐧𝐨𝐢𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐬 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐚𝐢𝐬 𝐨𝐧𝐭 𝐞𝐟𝐟𝐚𝐜𝐞́</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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<p>Bien avant Dieudonné, un autre humoriste noir avait déjà connu le bannissement médiatique en France : Éric Blanc.</p>



<p>Né à Cotonou, au Bénin, Éric Degbegni arrive en France avec sa famille après le coup d’État du général Kérékou. Très vite, il abandonne des études de droit pour se consacrer à la scène. En 1986, il débute au Caveau de la République avec des imitations de Valéry Giscard d&rsquo;Estaing, Frédéric Mitterrand et de nombreuses personnalités politiques françaises.</p>



<p>À l’époque, sa présence est inédite : pour la première fois, un humoriste noir imite des figures blanches du pouvoir politique et médiatique français. Son talent attire rapidement le public et les médias.</p>



<p>Il enchaîne les passages télévisés, notamment dans La Classe sur France 3, où son succès devient fulgurant. On le présente alors comme « le Noir qui imite les Blancs célèbres », une formule révélatrice d’un paysage audiovisuel incapable de voir simplement un grand imitateur sans le réduire à sa couleur de peau.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="353" height="500" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Eric-Blanc_.jpg" alt="" class="wp-image-3559" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Eric-Blanc_.jpg 353w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Eric-Blanc_-212x300.jpg 212w" sizes="auto, (max-width: 353px) 100vw, 353px" /></figure>



<p>Il est prédestiné à une brillante carrière. En 1988, il joue dans Black Mic-Mac 2, puis dans L&rsquo;Invité surprise aux côtés de Victor Lanoux. Mais derrière cette ascension rapide, certains supportent mal qu’un humoriste noir ose tourner en ridicule des figures installées de la société française.</p>



<p>Le tournant arrive en 1987, après une imitation controversée du puissant et influent critique de cinéma Henry Chapier dans Bains de minuit, animée par Thierry Ardisson. L’imitation est jugée homophobe, des poursuites judiciaires suivent et la polémique éclate.</p>



<p>Les réseaux sont activés pour détruire sa carrière fulgurante et à partir de 1988, « interdit » de télévision. Il est d’ailleurs le seul à payer. L’animateur, la production de l’émission sont épargnés.</p>



<p>Beaucoup estiment que cette affaire a surtout servi de prétexte pour l’écarter définitivement. D’autres humoristes ont caricaturé, insulté ou provoqué sans voir leur carrière détruite aussi rapidement. Éric Blanc est « interdit » de télévision », il est désormais persona Non Grata.</p>



<p>Ce qui dérangeait réellement, selon ses défenseurs, c’est qu’il refusait de rester dans le rôle qu’on semblait attendre de lui. Il ne se contentait pas de faire rire aux dépens des Africains ou des Noirs ; il osait aussi se moquer des élites blanches françaises, des personnalités influentes et des figures du pouvoir médiatique.</p>



<p>Il tentera un retour par le théâtre, mais sans jamais retrouver la place que son talent lui promettait.</p>



<p>Notons que dans le paysage médiatique français, on peut diffuser des propos racistes à longueur de journée, être même condamné pour cela sans jamais être interdit de télévision.</p>



<p>L’oubli est la ruse du diable</p>



<p>Arol KETCH</p>



<p>Rat des archives</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/19/%f0%9d%90%84%f0%9d%90%ab%f0%9d%90%a2%f0%9d%90%9c-%f0%9d%90%81%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%9c-%f0%9d%90%8b%f0%9d%90%a1%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%a6%f0%9d%90%a8/">𝐄́𝐫𝐢𝐜 𝐁𝐥𝐚𝐧𝐜 – 𝐋’𝐡𝐮𝐦𝐨𝐫𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐧𝐨𝐢𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐬 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐚𝐢𝐬 𝐨𝐧𝐭 𝐞𝐟𝐟𝐚𝐜𝐞́</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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		<title>𝐁𝐀𝐁𝐀 𝐘𝐎𝐔𝐒𝐒𝐎𝐔𝐅𝐀, 𝐥’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐫𝐞𝐟𝐮𝐬𝐚 𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐢𝐞𝐫</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arol KETCH - Rat des archives]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 10:34:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmadou Ahidjo]]></category>
		<category><![CDATA[arrêt BABA YOUSSOUFA]]></category>
		<category><![CDATA[baba youssoufa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je vais évoquer la mémoire d’un opposant irréductible oublié, on ne retrouve même plus une photo de lui et pourtant</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/14/%f0%9d%90%81%f0%9d%90%80%f0%9d%90%81%f0%9d%90%80-%f0%9d%90%98%f0%9d%90%8e%f0%9d%90%94%f0%9d%90%92%f0%9d%90%92%f0%9d%90%8e%f0%9d%90%94%f0%9d%90%85%f0%9d%90%80-%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%a1/">𝐁𝐀𝐁𝐀 𝐘𝐎𝐔𝐒𝐒𝐎𝐔𝐅𝐀, 𝐥’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐫𝐞𝐟𝐮𝐬𝐚 𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐢𝐞𝐫</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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<p>Je vais évoquer la mémoire d’un opposant irréductible oublié, on ne retrouve même plus une photo de lui et pourtant son nom trône dans la jurisprudence camerounaise.</p>



<p>Dans les premières années de l’indépendance du Cameroun, rares étaient ceux qui osaient s’opposer ouvertement au pouvoir d’Ahmadou Ahidjo.</p>



<p>BABA YOUSSOUFA fut pourtant de ceux-là. Originaire du Nord-Cameroun et secrétaire d’administration de formation, il incarna très tôt une opposition ferme et sans compromis au régime.</p>



<p>Son nom est resté dans l’histoire juridique camerounaise à travers l’« arrêt BABA YOUSSOUFA » (arrêt n°266 du 12 avril 1963). Dans cette affaire, il contestait une décision de l’État fédéral concernant l’accès à la fonction publique. Le Tribunal d’État s’était déclaré incompétent, renvoyant l’affaire devant la Cour fédérale de justice. Cette décision devint par la suite une référence importante en droit administratif camerounais.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="729" height="1024" src="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Ahmadou-Ahidjo_-729x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3555" srcset="https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Ahmadou-Ahidjo_-729x1024.jpg 729w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Ahmadou-Ahidjo_-213x300.jpg 213w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Ahmadou-Ahidjo_-768x1079.jpg 768w, https://www.arolketchraconte.com/wp-content/uploads/2026/05/Ahmadou-Ahidjo_.jpg 1080w" sizes="auto, (max-width: 729px) 100vw, 729px" /></figure>



<p>Mais BABA YOUSSOUFA est aussi resté dans les mémoires pour une anecdote révélatrice de son caractère.</p>



<p>Incarcéré du fait de ses critiques à l’égard du régime; à sa libération de détention, les autorités lui proposèrent une indemnisation qu’il refusa catégoriquement.</p>



<p>La raison ?</p>



<p>Les billets portaient l’effigie d’Ahmadou Ahidjo; son ennemi juré. Pour lui, accepter cet argent revenait à reconnaître symboliquement celui qu’il combattait.</p>



<p>BABA YOUSSOUFA s’engagea en politique pendant des années à la tête d’une formation politique.</p>



<p>Aujourd’hui largement oublié, BABA YOUSSOUFA fut pourtant un opposant irréductible à Ahidjo.</p>



<p>Et si il est aujourd’hui oublié , son nom, lui, continue de vivre dans la jurisprudence camerounaise.</p>



<p>L’oubli est la ruse du diable!</p>



<p>Arol KETCH &#8211; 12.05.2026</p>



<p>Rat des archives</p>
<p>L’article <a href="https://www.arolketchraconte.com/2026/05/14/%f0%9d%90%81%f0%9d%90%80%f0%9d%90%81%f0%9d%90%80-%f0%9d%90%98%f0%9d%90%8e%f0%9d%90%94%f0%9d%90%92%f0%9d%90%92%f0%9d%90%8e%f0%9d%90%94%f0%9d%90%85%f0%9d%90%80-%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%a1/">𝐁𝐀𝐁𝐀 𝐘𝐎𝐔𝐒𝐒𝐎𝐔𝐅𝐀, 𝐥’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐫𝐞𝐟𝐮𝐬𝐚 𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐢𝐞𝐫</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.arolketchraconte.com">Arol Ketch Raconte</a>.</p>
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