samedi, janvier 17, 2026
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Atangana Tama Pascal, plus connu sous le nom dโ€™Atangana Quelquโ€™un, ou encore Tempo, est une figure emblรฉmatique de la scรจne musicale urbaine camerounaise des annรฉes 1970 et 1980.

Nรฉ le 2 dรฉcembre 1952 ร  Assamba-Assi, localitรฉ mvรฉlรฉ du dรฉpartement de la Mefou-Afamba, il appartient ร  cette gรฉnรฉration dโ€™artistes formรฉs hors des conservatoires, mais faรงonnรฉs par la rue, les bars dansants et lโ€™instinct musical.

Son surnom, ยซ Quelquโ€™un ยป, nโ€™est pas le fruit du hasard. ร‰lรจve appliquรฉ et footballeur redoutรฉ durant son enfance ร  la mission catholique dโ€™Assamba-Assi, il impressionne son instituteur qui, aprรจs chacun de ses exploits, lui lance cette phrase prรฉmonitoire : ยซ Tu seras quelquโ€™un. ยป Le mot devient identitรฉ, puis signature.

Derriรจre une diction soignรฉe et un franรงais maรฎtrisรฉ, Atangana Quelquโ€™un ne cache jamais ses origines. Son accent mvรฉlรฉ, marquรฉ et assumรฉ, trahit lโ€™homme du terroir, enracinรฉ dans sa culture. Cโ€™est dโ€™ailleurs par la tradition quโ€™il entre en musique, au milieu des annรฉes 1960, ร  travers le balafon.

Aprรจs le dรฉcรจs de son pรจre, son frรจre aรฎnรฉ fonde un orchestre de balafons pour subvenir aux besoins familiaux. Le jeune Atangana y fait ses premiรจres armes comme bongoliste, animant fรชtes foraines et cรฉrรฉmonies villageoises liรฉes ร  la vente du cacao.

Vers 1970, le groupe Federal Band dโ€™Esse dรฉcouvre Yaoundรฉ. Les prestations en plein air, mรชlant balafons, maracas et chants en ewondo, connaissent un succรจs immรฉdiat. Chaque morceau est payรฉ ร  la demande, et le public suit.

Cโ€™est dans cette effervescence que le jeune musicien nourrit lโ€™ambition dโ€™une carriรจre professionnelle, aprรจs avoir รฉtรฉ marquรฉ par les prestations de Cher Ami, animateur de mariages rรฉputรฉ de la capitale.

Aprรจs des tentatives infructueuses ร  Douala puis dans le bรขtiment ร  Yaoundรฉ, le destin bascule une nuit de 1970 au Planรจte Bar dโ€™Essos. Sans formation musicale acadรฉmique, Atangana joue aux percussions avec un sens du rythme qui force lโ€™admiration.

Repรฉrรฉ par les musiciens en place et imposรฉ par le propriรฉtaire du bar, il est recrutรฉ sรฉance tenante. Son jeu prรฉcis et vibrant lui vaut alors un nouveau surnom : Tempo.

Dรจs lors, Atangana Quelquโ€™un sโ€™impose comme un pilier des bars dansants de Yaoundรฉ. Au Palladium de Nkoldongo, puis ร  Nsam-Efoulan et ailleurs, il enchaรฎne les formations, apprend la guitare, devient chef dโ€™orchestre et formateur.

Plusieurs artistes passรฉs par ses groupes lui doivent leurs premiรจres armes. Meneur dโ€™hommes autant que musicien, il se distingue par sa gรฉnรฉrositรฉ, reversant une part importante des cachets ร  ses musiciens.

Mais comme beaucoup de parcours artistiques de lโ€™รฉpoque, le sien est jalonnรฉ de ruptures, de dรฉparts et de rivalitรฉs. La concurrence des orchestres รฉtrangers, lโ€™รฉclatement des groupes et la disparition de certains proches musiciens marquent un ralentissement progressif de sa carriรจre ร  la fin des annรฉes 1980.

Aujourdโ€™hui, Atangana Quelquโ€™un reste le tรฉmoin dโ€™une รฉpoque oรน la musique camerounaise se construisait dans les bars, au contact direct du public. Un artiste autodidacte, passeur de talents, dont le tempo continue de rรฉsonner dans la mรฉmoire collective.

Quelle est ta chanson prรฉfรฉrรฉe de Atangana Quelquโ€™un?

Lโ€™oubli est la ruse du diable!

Arol Ketch – 13.01.2026

Rat des archives

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