Qui a tué Dag Hammarskjold, Secrétaire Général de l’ONU?


Luca Attanasio , Ambassadeur d’Italie en RDC a été tué hier, 22 février au Nord-Kivu.
Depuis l’indépendance de la RDC , plusieurs fonctionnaires internationaux ont perdu la vie alors qu’ils se sont intéressés à la résolution des conflits dans ce pays
En 1993, Philippe Bernard , Ambassadeur de France dans ce pays, y perdait la vie.
En 2017, Michael Sharp et Zaida Catalán , Experts des Nations Unies étaient tués au Kasaï par les Kamwina N’sapu.
La mort qui restera jamais liée à l’histoire de ce pays est celle de Dag Hammarskjold, Secrétaire général des Nations Unies.
C’est cette mort que nous allons explorer aujourd’hui.
Le 18 septembre 1961, Dag Hammarskjöld, Secrétaire Général de l’ONU est retrouvé mort après le crash de son avion à Ndola, en Rhodésie du Nord (Zambie). Près de 60 ans plus tard, le mystère demeure : Qui a tué Dag Hammarskjöld ?
Avant de quitter ses fonctions l’ancien secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait juré de faire la lumière sur la mort de son lointain prédécesseur au poste de secrétaire général.
Il était surnommé Monsieur H car son patronyme suédois était difficile à prononcer. Dag Hammarskjöld a été l’une des figures importantes de l’Organisation des Nations Unies qui a révolutionné cette institution.
Moins d’un an après l’indépendance du Congo Belge (actuel RDC), le pays est frappé par de violents mouvements sécessionnistes. La province du Katanga avec à sa tête Moise Tshombé proclame sa sécession ; il s’en suit de violents affrontements entre l’Etat central et les troupes katangaises essentiellement constituées de mercenaires.

Dag Hammarskjöld


Dag Hammarskjöld est décidé à faire revenir la paix dans la région et opte pour la solution politique. Il décide d’organiser une rencontre sécrète avec Moïse Tshombé, le leader du Katanga dans l’optique de trouver une solution politique, il veut demander à Tshombé de déposer les armes. Le rendez-vous discret a été pris sur le petit aéroport de Ndola, à la frontière entre le Katanga et la Rhodésie. Moïse Tshombé est arrivé la veille dans l’après-midi. Quant à monsieur H, il est attendu un peu après minuit. Un évènement impensable va se produire.
Le DC -6 quadrimoteur qui transporte Dag Hammarskjöld et l’équipe qui l’accompagne s’écrase juste avant d’atterrir. Monsieur H et tous les passagers meurent sur le champ, excepté un seul membre de l’équipage qui survivra quelques heures avant de rendre l’âme. Cette tragédie, qui coûta la vie à seize personnes, est survenue quelques jours après le déclenchement d’une offensive des Casques bleus de l’ONU contre la sécession katangaise.
Que s’est -il passé ? Voilà, là la grande énigme indéchiffrable depuis près de 60 ans.
Plusieurs hypothèses sont émises à ce jour.
Une hypothèse peu crédible parle d’une défaillance technique ou d’une faute de l’équipage. Selon cette version, le pilote était fatigué par le manque de sommeil. La première enquête conclut que l’avion volait à une altitude inférieure de 1 700 pieds à celle qu’il aurait dû avoir et qu’une erreur de pilotage était à l’origine du crash.
Cette hypothèse est peu crédible. Monsieur H avait une longue liste d’ennemis qui étaient prêts à tout pour l’éliminer.
Une hypothèse très régulièrement avancée soutient que la mort de Dag Hammarskjöld a été provoquée par les mercenaires européens soutenant la sécession.
En effet, le Katanga est une province très riche. Un véritable scandale géologique. On y trouve de l’uranium, du cobalt, de l’argent, du Zinc, du cadmium, de l’or, du manganèse et 10 % du cuivre mondial. Plusieurs grandes puissances mondiales soutiennent la sécession dans l’ombre afin de piller les richesses du Katanga. Ces puissances n’ont pas intérêt à ce que la paix revienne car elles profitent de cette situation de guerre pour s’enrichir à travers des trafics divers et variés.
La France du Général de Gaulle soutient la sécession discrètement ; elle y envoie des mercenaires et des soldats payés à prix d’or par les katangais. Dans l’optique de faire main basse sur le Katanga, les Français, les Britanniques, les Américains, les Sud-Africains, les Belges soutiennent la sécession en sous-main. Dag Hammarskjöld est l’homme à abattre car il les empêche de faire main basse sur les richesses du Katanga. Le directeur de la CIA de l’époque Allen Dulles a même lâché au cours d’une réunion sécrète : « Dag devient une source de problèmes, il faut le dégager. »
D’après les témoignages des anciens agents des services secrets sud-africains membre d’une officine de liquidation sécrète (SAIMR), il est possible qu’un explosif eut été introduite dans le train d’atterrissage du DC-6 avant son décollage de l’aéroport de Léopoldville et qu’un complice posté non loin de Ndola ait déclenché l’explosion avec une télécommande. En effet, le régime de l’apartheid avait une dent contre monsieur H qui était contre l’apartheid.
Une enquête du journaliste Maurin Picard révèle que l’avion de monsieur H aurait été abattu par un petit avion bimoteur DO 28 armé d’une mitrailleuse de sabord, piloté par le mercenaire allemand Heinrich Schafer. Des américains retraités de la NSA affirment avoir capté depuis leurs stations d’écoutes de Chypre et de Grèce les messages d’un pilote de chasse belge revendiquant avoir abattu le DC-6.
Selon le quotidien flamand De Morgen du 13 janvier 2019, c’est le mercenaire belge Jan Van Risseghem qui se trouvait aux commandes du Fouga Magister qui a fait chuter l’avion dans lequel se trouvait le secrétaire général des Nations unies, Dag Hammarskjöld.
Des riverains affirment avoir aperçu ce jour-là dans le ciel deux avions et une boule de feu lancée du petit avion vers le gros avion.
L’Américain Harold Julien, unique survivant du crash très grièvement brûlé, va confier aux policiers britanniques, avant de décéder, qu’une explosion à bord avait précédé le drame.
En 2017, un rapport confidentiel des Nations unies conclut que les circonstances de la mort du secrétaire général d’origine suédoise ne sont pas accidentelles mais criminelles.
Même si on ne connait pas aujourd’hui l’identité exacte de l’assassin de monsieur H, il est désormais clair que Dag Hammarskjöld a été tué par les forces de l’impérialisme qui soutenait la sécession du Katanga et voulait faire main basse sur ses richesses. C’est un complot qui a mêlé à la fois la France, la Belgique et l’Afrique du Sud. Il y avait en réalités plusieurs complots en parallèles pour l’éliminer.
Notons qu’à la découverte du corps de monsieur H, on va remarquer des éléments inhabituels : une carte de jeu (un as de pique) dans le col de sa chemise, son corps n’était pas brûlé comme celui des autres victimes mais il avait un petit trou dans le front. A-t-il été achevé par balle après le crash ?
Un témoin affirme avoir vu des mercenaires blancs armés sur les lieux du drame, immédiatement après le crash. La majorité des témoins oculaires de ce drame sont décédés aujourd’hui ; il ne reste plus qu’un seul témoin vivant.
Dès le lendemain de la mort de monsieur H, le Premier ministre congolais Cyrille Adoula avait accusé les impérialistes occidentaux d’avoir tué Hammarskjöld et il avait décrété un jour de deuil national. Il avait vu juste.
Arol KETCH – 23.02.2021
Rat des archives

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