La guerre du Biafra

30 mai 1967 – 30 mai 2021, il y a 54 ans déjà le déclenchement de la guerre du Biafra.
Située au sud-est du Nigéria, la République du Biafra fut un État sécessionniste de 1967 à 1970. La brève République du Biafra est née des antagonismes politiques, économiques, religieux et ethniques qui existaient entre les Haoussas, les Yorubas et les Ibos.
En effet, Le Nigeria est divisé en trois principales ethnies majoritaires : les Haoussas, les plus nombreux, majoritairement musulmans et vivants au Nord ; les Yorubas, musulmans et chrétiens vivant à l’Ouest et au Sud-Ouest ; et les Ibos (ou Igbos), majoritairement chrétiens et animistes, qui vivent au Sud-Est.
A l’indépendance du Nigeria, les Ibos s’emparent petit à petit de la majorité des postes tant dans l’armée que dans l’administration. Début 1966, à Kano et dans d’autres villes du Nord, 30 milles Ibos sont massacrés. Dès lors, la majorité des Ibos se replie vers le Sud-Est du Nigeria où ils sont 8 millions environ. En mai 1967, ils décident de former un Etat à part : “ Le Biafra”.


En effet, les Ibo décident de faire sécession afin de s’affranchir du régime fédéral Nigérian. L’ethnie ibo, en majorité chrétienne et animiste s’estime persécutée sous le pouvoir du général Yakubu Gowon. D’autre part, ils estiment que le nouveau découpage administratif proposé par Gowon les prive d’une grande partie des ressources pétrolières.
Le 26 mai 1967 la sécession de la région est votée par le Conseil consultatif de la région de l’Est et le 30 mai 1967, Odumegwu Emeka Ojukwu proclame l’indépendance de la république du Biafra. Il s’ensuit une guerre civile meurtrière. Face à cet acte d’insoumission et de rébellion le président Nigérian Yakubu Gowon somme le chef d’état-major des armées le colonel Benjamin Adenkule dit black scorpion de mater les révoltes naissantes dans cette partie du pays et d’en reprendre le contrôle coûte que coûte.
Quatre pays africains (Côte d’Ivoire, Gabon, Tanzanie, Zambie) et Haiti reconnurent la jeune république du Biafra. Les différents belligérants étaient soutenus dans l’ombre par les grandes puissances occidentales qui lorgnaient les richesses du sous-sol Nigérian.
Ainsi, le Biafra était aidé matériellement par le Portugal, la Chine et la France par des envois d’armes et de mercenaires. Tandis que le gouvernement fédéral Nigérian était quant à lui soutenu par le Royaume-Uni, l’Union soviétique et les Etats-Unis. Lorgnant le pétrole biafrais, le général de Gaulle et la France décident de soutenir les indépendantistes biafrais. Depuis le Gabon, la France ravitaille les biafrais en armements. Des officiers sécessionnistes biafrais sont formés à Libreville par la France.
Selon les estimations, cette guerre a entraîné la mort de près de deux millions de personnes. Victimes de la malnutrition et de la famine pour la plupart. En effet, les éléments les plus décisifs ne furent pas les armes de guerre mais la famine généralisée découlant du blocus instauré par le Nigéria autour du Biafra. Le photojournalisme en plein essor, expose aux populations occidentales les ravages de cette guerre. On voit par exemple des images d’ enfants mourant de faim.
Avec un appui renforcé des Britanniques, les forces fédérales nigérianes lancent une offensive finale, Emeka Ojukwe prend la fuite vers la Côte d’Ivoire. La guerre s’achève le 15 janvier 1970. Les Biafrais crient au génocide et appellent à l’intervention de la communauté internationale. Le terme “génocide” ici est une fabrication des français pour mobiliser l’opinion publique française afin de justifier une éventuelle intervention de la France.
Une des conséquences de cette guerre sera l’évolution de la doctrine de l’aide humanitaire vers une ingérence directe pour venir en aide aux réfugiés, couronnée par la fondation en 1971 de l’organisation caritative d’origine française Médecins sans frontières.
Il subsiste encore des velléités séparatistes dans la région du Biafra. L’activiste politique Nnamdi Okwu Kanu qui s’inspire des sécessionnistes anglophones camerounais, souhaiterait faire un front commun avec ceux-ci dans l’optique de créer un Etat indépendant du Biafra.
A très bientôt pour de nouvelles histoires; en attendant, voici la vidéo de l’histoire du bandit ESSONO: https://youtu.be/iyNwffT6suc
Arol KETCH était de passage
Rat des archives – 01.06.2021

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