Sam Bockarie, « Mosquito »


Né en 1963 en Sierra Leone et officiellement décédé le 6 mai 2003, Sam Bockarie est un des principaux leaders avec Foday Sankoh du Revolutionary United Front (RUF) durant la guerre civile de Sierra Leone. Il fut inculpé par le Tribunal spécial pour les crimes de guerre en Sierra Leone (TSSL) pour de nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
C’est en tant que chef militaire qu’il gagne le surnom de « mosquito » (Moustique). Il a été surnommé ainsi en raison de sa corpulence sèche, de sa minceur et de son appétit pour le sang humain. Son surnom de « mosquito » lui vient aussi de sa faculté à faire mal et à disparaître aussi vite dans la jungle.
Sam Bockarie n’a pas fait d’étude. Il a vécu de petits métiers entre Abidjan, Monrovia et Freetown entre usines diamantifères, discothèques et salons de coiffure. En 1991, il s’engage dans le RUF créé par Foday Sankoh. Très rapidement il s’illustre comme un habile chef militaire et gagne la confiance de Foday Sankoh.
En 1997, il prend même la tête du RUF, après l’arrestation de Foday Sankoh. Depuis lors, il se fait remarquer par des actions impitoyables et d’une rare barbarie. En 1999, il monte et conduit une grande offensive contre Freetown pour libérer Foday Sankoh. Cette opération baptisée no living thing (en français plus rien de vivant), mit Freetown à feu et à sang, le bilan fut dramatique, plus de 6 000 morts.


« Mosquito» se brouille avec le leader historique du mouvement qui a signé en 1999 un accord de partage du pouvoir avec le président Ahmad Tejan Kabbah. Sam Bockarie prend ses distances et ouvre une autre page sanglante de la rébellion : l’amputation des membres supérieurs des populations civiles. C’est ce qu’il avait appelé « manches longues ou manches courtes » et qui consistait à couper les mains ou les bras des personnes pour les empêcher de voter librement au terme du processus de paix signé par Foday Sankoh.
Désavoué et remplacé à son poste de numéro deux de la rébellion, «Mosquito» trouve refuge auprès de Charles Taylor à Monrovia. Sous les menaces de la communauté internationale, Charles Taylor rompt publiquement avec « Mosquito ».
Un rapport de International crisis group, cite des témoins qui affirment que Sam Bockarie a combattu avec un groupe d’hommes surnommé « le Comité spécial », composé d’anciens membres du RUF, d’autres groupes rebelles et même d’hommes appartenant à la garde présidentielle de Charles Taylor aux côtés des rebelles ivoiriens contre le régime du président Laurent Gbagbo, depuis novembre 2002.
Les rebelles ivoiriens accusent très vite leurs alliés et son chef, Sam Bockarie, de terroriser et de piller les populations civiles. Ils décident de repousser « Mosquito » et ses troupes. C’est lors d’une opération militaire menée contre « Mosquito » et ses troupes que Félix Doh, le chef du Mouvement Populaire ivoirien du Grand Ouest (MPIGO) sera assassiné par « le Comité spécial » qui va s’emparer du territoire du mouvement rebelle à la frontière ivoiro-libérienne et s’y installer.
Mosquito est tué le 6 mai à la frontière ivoiro-libérienne, lors d’un accrochage entre ses troupes et une patrouille de l’armée régulière du Liberia. Il était devenu encombrant pour son ancien protecteur Charles Taylor.
Arol KETCH – 29.10.2021
Rat des archives

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