Noirs et victimes du nazisme

Aujourd’hui, j’ai décidé de rendre hommage à ces oubliés de l’Histoire. Ces victimes du nazisme oubliés parce qu’ils étaient noirs. En effet, plusieurs noirs ont été victimes du nazisme mais leur histoire a été occultée.
Le regime nazi ne voulait pas voir se reproduire sur son sol des enfants noirs qui incarnaient pour eux la souillure. C’est ainsi que de nombreux noirs ont été enfermés dans des camps de concentration, assassinés et même victimes de stérilisation forcée. Nous allons évoquer quelques victimes.
→ Erika Ngando
Erika Ngando est une jeune camerounaise qui a été déportée à l’âge de 35 ans dans le camp de Ravensbrück. Erika était très choquée de se retrouver dans cet enfer qu’elle n’avait même pas imaginé dans ses rêves les plus fous. Elle était totalement traumatisée. De constitution très fragile, elle a souffert le martyr. Privée de nourriture, elle a beaucoup souffert du froid. Les survivantes qui l’ont côtoyé dans ce camp racontent qu’elle répétait sans cesse : “j’ai froid! j’ai froid!”. En effet, elle avait tout le temps froid à tel point que ses camarades d’infortune l’avaient surnommée “blanchette” pour la taquiner. Erika ne va pas survivre aux conditions de détention épouvantables de ce camp: le froid, la faim, les mauvais traitements, les humiliations, la dureté des travaux vont avoir raison d’elle.
Notons aussi que le sort réservé aux enfants noirs et aux femmes enceintes était épouvantable. Les enfants étaient arrachés à leurs mères et on les laissait mourir de faim et de soif. Les nouveaux nés étaient noyés ou jetés. Les femmes enceintes étaient tabassés et recevaient des coups de pieds au ventre dans l’intention d’assassiner leur foetus. Les jeunes filles noires étaient stérilisées.
→ Dominique Mendy
De nationalité sénégalaise, il était sous-lieutenant de la France libre.Membre de la résistance à Bordeaux, il a combattu le regime nazi. Trahi par les resistants de la France libre, il est arrêté et confié à la Gestapo, qui le torture pour qu’il livre les noms de ses autres membres de son réseau. Mais contrairement à ceux qui l’ont trahi, Dominique refuse de parler et préfère la mort à la trahison.Il est par la suite déporté dans le camp de concentration de Neuengamme près de Hambourg . Torturé par les SS pendant plus d’un an et demi, il échappe à la mort lors de la libération du camp en avril 1945. Dominique Mendy est décédé le 24 Juin 2003 à Dakar au Sénégal.
→ Sidi Camara
Originaire de Saint-Louis au Sénégal, il était enfermé au camp de Neuengamme près de Hambourg avec Dominique Mendy. Les deux hommes se sont liés d’amitié et discutaient régulièrement en wolof pour se remémorer leur Sénégal natal. Cette amitié solide leur a permis de surmonter les moments de désespoir. Sidi Camara est transféré au camp de Bergen-Belsen où il meurt le 15 avril 1945. Il sera enterré précipitamment dans une fosse commune.
→ John William
De son vrai nom Ernest Armand Huss, John William est un chanteur franco-ivoirien qui a été déporté à l’âge de 22 ans au camp de Neuengamme. Il était avec une dizaine de noirs dans ce camp. Lors de leur arrivée, les geôliers allemands étaient étonnés par la couleur de leur peau. Ils se mirent à toucher leur peau pour vérifier qu’elle ne déteignait pas.
Embauché comme mécanicien, il va surprendre les allemands par l’étendue de ses compétences et de son savoir-faire technique. John William se réfugie dans la prière et c’est dans la foi religieuse qu’il va puiser la force pour survivre à l’horreur des camps de concentration, les travaux forcés, le froid.
→ Les maliens Kouyaté Tiémoko et Diallo Baba
Originaire du Mali (ancien Soudan français), Kouyaté Tiémoko est déporté au camp de Mauthausen puis transféré à Linz où il meurt le 4 juillet 1944. Diallo Baba quant à lui a trouvé la mort le 11 octobre 1944 au camp de Buchenwald.
→ Les Sénégalais Fall Seck et Doudou Diallo
Fall Seck a été déporté à Buchenwald puis transféré à Dora-Nordhausen. Né au Sénégal en 1918, Doudou Diallo va rejoindre la résistance en Bretagne et sera déporté dans des conditions affreuses.
→ Isidore Alpha
D’origine martiniquaise, il était très impliqué dans la résistance. Dès 1940, il distribue des tracts pour la résistance. Il participe à plusieurs actions de sabotage contre l’ennemi nazi. Il est arrêté en septembre 1943 par la police française qui collabore avec la Gestapo. Il est interné au camp de Voves , puis à Compiègne au camp Royallieu. Il est finalement déporté au camp de Neuengamme en Allemagne le 21 mai 1944. Affecté au kommando extérieur de Wobbelin, il meurt d’épuisement le 27 mars 1945.


→ Hans HauckHans Hauck est un métisse allemand qui a été victime du programme de stérilisation obligatoire d’Hitler. En effet, à l’adolescence, il a subi une stérilisation douloureuse sans anesthésie. Il a par la suite reçu un certificat de stérilisation et a signé un accord qui lui interdisait d’avoir des relations sexuelles avec des femmes allemandes. Des milliers de métisses allemands vont subir des stérilisations forcées sans anesthésie et certains seront envoyés dans des camps de concentration. Le regime nazi ne voulait par la reproduction de la race noire qu’il trouvait impure et souillée.
→ Theodor Michael Wonja
Theodor Michael Wonja est né en 1925 à Berlin en Allemagne d’une mère allemande et d’un père noire originaire du Cameroun. Michael Wonja avait 1 an lorsque sa mère est foudroyée par une maladie.
Renvoyé de l’école sur ordre du parti nazi, déchu de sa nationalité allemande en 1940, il est interné dans un camp de travail en 1943. Par miracle, il échappe à la stérilisation forcée pratiquée par les autorités du Reich sur plusieurs centaines d’enfants métis afro-allemands. Il doit par la suite affronter le racisme dans l’Allemagne d’après-guerre : « qu’ils retournent d’où ils viennent ! », scandent alors certains de ses compatriotes. Confronté à la misère et aux discriminations, vivant de petits rôles au théâtre, Theodor Michael Wonja lutte pour changer le destin qu’on veut lui imposer : il suit une formation universitaire à Hambourg puis à Paris et fonde, à Cologne, au milieu des années 60, le  » Bulletin de l’Afrique  » dont il est le rédacteur en chef jusqu’en 1971. Devenu un spécialiste reconnu de l’Afrique en Allemagne, il est recruté par les services de renseignement allemands et finit sa carrière en 1987 comme conseiller d’Etat.
Serge Bilé a écrit un excellent livre sur ce sujet, je vous le recommande: “ Noirs dans les camps nazis”.
Arol KETCH

Rat des archives

Fourmi Magnan égarée

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