Miriam Makeba, « Mama Afrika », « Click Click girl »

04.03.1932 – 04.03.2022 : Miriam Makeba aurait eu 90 ans aujourd’hui.

L’oubli est la ruse du diable. Zenzile Miriam Makeba Qgwashu Nguvama est une femme qui a profondément marqué l’Histoire contemporaine de l’Afrique du Sud et de l’Afrique.
Née en 1932 dans un township de Johannesburg, elle est prénommée Zenzile ce qui signifie « tu ne dois t’en prendre qu’à toi-même ». La jeune Zenzile Makeba est très tôt confrontée à la dureté de la vie. Son père meurt alors qu’elle n’a que 5 ans. Makéba a 16 ans lorsque les nationalistes Afrikaners arrivent au pouvoir dans son pays et instaurent le régime de l’apartheid. Pour survivre, Zenzile Makeba multiplie les petits boulots : bonne d’enfants, laveuse de taxis etc.
Ayant commencé à chanter comme choriste, elle intègre le groupe Manhattan Brothers en 1952 avec comme nom de scène « Miriam ». En 1956, elle rencontre le succès avec la chanson pata pata. Elle devient très rapidement une vedette internationalement reconnue et utilise son succès pour dénoncer le régime inique de l’apartheid.


En 1959, pour être apparue dans le film américain anti-apartheid interdit en Afrique du Sud : Come Back, Africa, elle est contrainte à un long exil qui durera 31 ans. Elle ne peut assister aux obsèques de sa mère en 1960 du fait de son interdiction de séjour en Afrique du Sud. Devenue citoyenne du monde par la force des choses, elle dénonce le régime de l’apartheid lors de ses déplacements dans différents pays du globe. Elle devient le symbole de la lutte anti-apartheid et l’idéaliste d’un panafricanisme qui s’étendrait du désert du Sahara au Cap. Miriam Makeba rencontre les leaders des pays africains nouvellement indépendants.
Elle chante ainsi à l’occasion de l’indépendance du Kenya à Nairobi, de l’Angola à Luanda et lors de l’inauguration de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) à Addis Abeba. Son mariage en 1969 avec le leader des Black Panthers, Stokely Carmichel lui cause des ennuis aux États-Unis et compromet sa carrière américaine. Elle s’installe avec lui en Guinée Conakry où ils sont accueillis par Sékou Touré (voir Sékou Touré).

C’est en 1990, à la libération de Nelson Mandela (voir Nelson Mandela) qu’elle remet les pieds en Afrique du Sud après 31 ans d’exil. Les américains l’avaient surnommée la « Click Click girl » en raison du claquement de dents de langue Xhosa. Langue qu’elle utilise dans ses chansons. Son surnom très respecté de « Mama AfriKa », elle le doit à son amour profond pour l’Afrique. Elle fut la première artiste à être invitée à Addis-Abeba lorsque l’OUA (Organisation pour l’Unité africaine) fut créée. « Mama Afrika » a toujours rêvé d’une grande Afrique unie. Grande ambassadrice de la culture africaine, elle militait même en faveur d’une langue africaine. Une langue qui permettrait à tous les africains de communiquer entre eux sans utiliser celle du colonisateur. Dans une interview accordée à swisinfo en 2006, elle déclarait : « Vous savez, tout le monde m’appelle « Mama Afrika ». Alors quand je suis revenue chez moi, je me suis demandé « qu’as-tu fait pour mériter ce nom ?» J’ai créé il y a 3 ans ce centre Makeba qui accueille 18 filles entre 10 et 17 ans, orphelines, abusées. On essaie de les réintégrer dans les écoles, de les aider à retrouver un sens dans la vie. »


A la question : D’où vient votre surnom « Mama Afrika » ?Elle répondait : « Je ne sais pas très bien. J’ai été la première artiste à être invitée à Addis Abeba lorsque l’OUA (Organisation pour l’Unité africaine) a été créée. J’étais très jeune, j’avais 26 ans. Là, j’ai rencontré les premiers Africains qui ont conduit leur pays à l’indépendance. Tous ces hommes ont commencé à m’inviter dans leur pays. Tous voulaient que Makeba vienne chanter chez eux. Ainsi, j’ai pu connaître presque tout mon continent. Je pense que mon surnom vient de là. »
En 2005, elle annonce la fin de sa carrière ; cependant, elle continue à donner des prestations pour défendre les causes auxquelles elle croit. « Mama Afrika » décède le 9 novembre 2008 à l’âge de 76 ans en Italie des suites d’un malaise alors qu’elle participait à un concert de soutien à l’auteur de Gomorra, Roberto Saviana, traqué par la Camorra.
Extrait de mon livre : « Surnoms des hommes et femmes qui ont marqué l’histoire contemporaine de l’Afrique » , Arol Ketchiemen, la Doxa
Arol KETCH – 04.03.2022

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