mardi, avril 14, 2026
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๐‡๐จ๐ฆ๐ฆ๐š๐ ๐ž ๐šฬ€ ๐€๐ฅ๐š๐ข๐ง ๐„๐ฒ๐ž๐ฐ๐ž, ๐ž๐ง๐Ÿ๐š๐ง๐ญ ๐Ÿ๐š๐ฎ๐œ๐ก๐žฬ ๐ฉ๐จ๐ฎ๐ซ ๐ฅ๐š ๐๐žฬ๐ฆ๐จ๐œ๐ซ๐š๐ญ๐ข๐ž

Le carrefour Kayo Elie, ร  Douala, nโ€™est pas un simple croisement de routes. Cโ€™est un lieu de mรฉmoire. Nichรฉ au cล“ur du quartier Bali, il porte en lui une mรฉmoire. Son nom vient dโ€™Elie Kayo, entrepreneur audacieux, premier ร  sโ€™y installer, bรขtisseur dโ€™une alimentation et dโ€™un immeuble qui donnรจrent vie ร  ce lieu de passage entre Bali et Nkomondo.

Mais au fil du temps, ce carrefour est devenu un vรฉritable symbole ; un symbole gravรฉ dans la douleur.

Cโ€™est lร , tout prรจs, que le destin dโ€™un enfant a basculรฉ. Alain Eyewe. Quatorze ans seulement. Un รขge oรน lโ€™on rรชve encore, oรน lโ€™avenir sโ€™รฉcrit avec insouciance.

Mais en 1991, le Cameroun bouillonne. Le peuple descend dans la rue, rรฉclame justice, libertรฉ, dignitรฉ. Les Camerounais rรฉclament ยซ la confรฉrence nationale souveraine ยป

Face ร  ce peuple dรฉterminรฉ, des armes. Face ร  lui, la peur รฉrigรฉe en pouvoir.

Ce jour-lร , Alain nโ€™รฉtait quโ€™un enfant pris dans le tumulte. Par hasard, il se retrouve prรจs dโ€™une barricade. La police le poursuit, le rattrape. Et dans un dernier รฉlan de vie, dans une supplication dรฉchirante, il implore : quโ€™on lui laisse la vie sauve. Quโ€™on lui tire simplement dans le pied, mais quโ€™on le laisse partir.

Un officier lรจve son arme. Et dโ€™un geste froid, il lโ€™abat ; il รฉteint une vie. Une vie pleine de promesses. Une vie unique car Alain รฉtait lโ€™enfant unique de ses parents.

Ce jour-lร , cโ€™est une famille entiรจre qui a รฉtรฉ plongรฉe dans une nuit sans fin. Ses parents ne sโ€™en remettront jamais.

Depuis, le carrefour Kayo Elie porte en silence cette tragรฉdie. Il est devenu un lieu de mรฉmoire pour tous ceux qui refusent dโ€™oublier les ยซ annรฉes de braise ยป, ces annรฉes oรน tant de Camerounais ont payรฉ de leur vie le prix de lโ€™espoir.

Se souvenir dโ€™Alain Eyewe, cโ€™est refuser que son nom se perde dans lโ€™oubli. Cโ€™est rappeler que derriรจre chaque lutte, il y a des visages, des histoires, des vies arrachรฉes trop tรดt. Cโ€™est dire que son sacrifice comme celui de tant dโ€™autres ne doit pas รชtre vain.

Cโ€™est pourquoi nous portons cette exigence simple et juste : que la rue oรน il a รฉtรฉ assassinรฉ porte son nom. Pour que chaque pas posรฉ lร -bas soit aussi un acte de mรฉmoire. Pour que chaque gรฉnรฉration sache.

Car oublier, cโ€™est trahir. Lโ€™oubli est la ruse du diable !

Repose en paix, Alain.

Ton nom, lui, continuera de vivre.

Jean Marie Tรฉno รฉvoque cet รฉvรจnement tragique dans son film ยซ CHEF ยป ( source photo CHEF ยป

Lโ€™oubli est la ruse du diable !

Arol KETCH

Rat des archives

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