Germain M’Ba assassiné pour ses convictions politiques

Né en 1932 au Gabon, Germain M’Ba était un intellectuel, diplomate et homme politique gabonais farouchement opposé aux régimes de Léon Mba et d’Omar Bongo par la suite.
Brillant étudiant, il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, de la faculté de droit de Paris et de l’École nationale des douanes et de législation financière de Neuilly. Il cumule les diplômes et est sur tous les fronts pour mener ses combats. Il est l’un des fondateurs du Mouvement gabonais d’action populaire.
Après de brillantes études, il occupe le poste de secrétaire général adjoint de l’Union africaine et malgache (UAM) de 1962 à 1964.
Dans la nuit du 17 au 18 février 1964, Libreville est le théâtre d’un coup d’Etat. Des putschistes arrêtent le Président de la République Léon Mba, le Président de l’Assemblée Nationale Louis Bigman et plusieurs ministres occupant des postes clés. Léon Mba, le président déchu est obligé de de prononcer une allocution radiodiffusée dans laquelle, il annonce sa démission. Le putsch est un succès. Jean-Hilaire Aubame est porté à la présidence du gouvernement provisoire par les putschistes. Le nouveau chef d’Etat s’empresse de nommer ses ministres ; un gouvernement essentiellement composé de civils. Germain M’ba est nommé ministre de l’intérieur.
Jean-Hilaire Aubame prend attache avec l’ambassadeur de France au Gabon pour lui garantir que les ressortissants français et leurs biens seront protégés.
A Paris, le général de Gaulle et Jacques Foccart qui ont appris la nouvelle du putsch son en fureur. En effet, Léon Mba était un pion qu’ils ont placé à la tête du Gabon pour piller les richesses de ce pays au sous-sol riche en pétrole. Le Gabon est un pays stratégique pour la France et la France tient à avoir le contrôle sur ses dirigeants.


Les autorités françaises décident donc d’intervenir militairement pour rétablir Léon Mba à son poste de Président de la République. Dans la nuit du 18 au 19 février, les troupes françaises de Dakar et Brazzaville débarquent à Libreville et rétablissent Léon Mba à la tête du Gabon.
Germain M’Ba qui avait été nommé ministre de l’intérieur par le gouvernement éphémère de Jean-Hilaire Aubame entre dans la clandestinité et fonde à Alger en mai 1964 le Mouvement national de la révolution gabonaise (MNRG). Il prend le pseudonyme d’Omar Ben Ali. Puis décide de gagner l’Afrique subsaharienne pour être plus près du Gabon. On le retrouve alors au Ghana, au Congo-Brazzaville et au Congo Kinshasa. Il rejoint Paris en 1965 où il est nommé rédacteur en chef adjoint du magazine Jeune Afrique. Cumulativement, il continue à mener ses combats politiques.
Omar Bongo accède à la présidence de la République gabonaise le 28 novembre 1967, à la mort de Léon Mba. Soucieux d’avoir tous ses rivaux sous son contrôle, Omar Bongo décide de les faire retourner au Gabon. En septembre 1968, Germain M’Ba est nommé conseiller économique et commercial du nouveau président Albert-Bernard Bongo. Puis à partir de 1969, il est nommé tour à tour ambassadeur du Gabon en Allemagne et par la suite au Japon. Malgré ce rapprochement avec le pouvoir, il ne cachait pas ses ambitions pour un Gabon démocratique.
Omar Bongo se méfie de ce jeune intellectuel possédant un vaste carnet d’adresses ; il le voit comme un potentiel ennemi ; il faut l’éliminer. Omar Bongo confie la mission au mercenaire français Bob Denard.
Le 17 septembre 1971 alors qu’il se trouve en visite à Libreville, Germain M’Ba est assassiné en pleine rue de Libreville par deux mercenaires blancs qui l’abattent à coups de pistolet et emportent son corps. Son corps ne sera jamais retrouvé. Il est assassiné sous les yeux de sa femme et sa fille qui elles seront grièvement blessées.
Arol KETCH – 26.05.2020
Rat des archives

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