Mamadou Traoré : Le tueur aux mains nues

Je vais vous raconter une histoire sordide. Une histoire effroyable. Celle d’une enfance gâchée qui va engendrer un criminel brutal.Entre avril et octobre 1996, six femmes âgées de 11 à 70 ans sont agressées à Paris. Le point commun de ces agressions est la brutalité subie par les victimes. On n’avait jamais vu une telle brutalité. L’agresseur a sauvagement frappé à mains nues ses victimes, avec une telle force que deux sont mortes et les autres ont été défigurées. Les victimes ont été si violemment frappées que les survivantes ne se souviendront plus de leur agression et seront incapables de le décrire. Ceci est l’œuvre d’un tueur en série.Tenez : Danielle une jeune fille de 35 ans a été frappée et agressée sexuellement ; Nelly âgée de 40 ans est retrouvée morte dans une cage d’escalier et une petite de 11 ans fille a été retrouvée chez elle le visage en sang.

A ce stade de l’enquête, la police ne réussit pas à faire le lien entre ces trois affaires. C’est l’ADN du meurtrier qui finira par le trahir. Son ADN est retrouvé sur les lieux du meurtre de Nelly Bertrand, une femme 40 ans, agressée vers 5 heures du matin alors qu’elle promenait son chien, le 25 août 1996. Peu organisé dans ses crimes, l’agresseur est à nouveau trahi par son ADN en janvier, pour le meurtre le 25 octobre 1996 d’une septuagénaire, Francine Sarret. Le tueur aux mains nues sera finalement interpellé le 17 décembre 1996. Il s’appelle Mamadou Traoré. Un grand et robuste noir de 23 ans d’origine sénégalaise. En février 2000, il est condamné à la la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans. Coup de théâtre, dès l’ouverture de l’audience, il présente ses excuses en expliquant avoir été ensorcelé par son père au Sénégal et que ce maléfice est la cause de la violence qui l’habite. Lors d’une cérémonie de désenvoutement, on lui avait remis un pendentif ; il va dire que c’est ce pendentif qui le pousse à tuer.

Mais qui est Mamadou Traoré ? Quel est son enfance ?

Tous les tueurs en série ont une enfance chaotique. Mamadou Traoré est d’origine sénégalaise. Sa mère Anna Faye pratique des rites vaudous sur lui depuis sa naissance. Considéré comme mort-né, il est sauvé par des aspersions de sang et depuis lors, il est considéré comme un « enfant des esprits ». A chacun de ses anniversaires, on lui asperge du sang. C’est à l’âge de 3 ans qu’il rejoint son père en France, avec sa mère et son petit frère Ousseynou. Il passe ainsi son enfance à Paris où naissent ses deux sœurs. Il aura une scolarité très difficile. Il est un élève tantôt gentil et tantôt très violent, agressif. Il est chassé du collège en classe de sixième. En 1986, ses parents se séparent. Le petit Traoré en souffre et quitte l’atmosphère familial, il se clochardise et tombe dans la délinquance. Il est placé dans des foyers dont il s’échappe. Dépassé par cet enfant délinquant, sa mère avec les conseils d’un ethnopsychiatre prend le prétexte de l’emmener en vacances au Sénégal durant l’été 1989 pour l’y abandonner pendant 5 ans.

Il est question pour elle de le confier à la famille sur place afin qu’on le redresse. Ses oncles paternels vont lui infliger une éducation très stricte et n’hésitent pas à le bastonner pour le redresser. Il est considéré comme un enfant maléfique, on l’appelle « l’enfant du diable ». Son père va quitter la France pour venir au Sénégal afin de le désenvouter. Au cours de la cérémonie de désenvoutement, on lui remet un petit pendentif. Il dira lors de son procès que c’est ce pendentif qui le commande et le pousse à commettre des crimes. Au Sénégal, il contracte le virus du sida.

En 1994, il revient en France pour effectuer son service militaire, il apprend sa séropositivité et est alors réformé. En 1996 sa mère le chasse de son appartement parce qu’il prend de la drogue, vole et manque du respect au nouveau compagnon de cette dernière. Il tente alors de se défenestrer du 6e étage de l’immeuble. C’est le déclenchement de tout. En effet, Mamadou Traoré est très attaché à sa mère, il ne supporte pas d’être éloigné d’elle. Depuis lors, Mamadou ne s’attaque qu’aux femmes. Il semble se venger des femmes. Ses victimes ne sont que des femmes. Les psychiatres parleront de « Matricide déplacé ». Selon eux, à travers ses victimes, il croit tuer sa mère. A son procès, la justification d’ensorcèlement ne convainc pas la cour et Mamadou Traoré est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Le jour de son procès, on lui demandera sa dernière phrase et il va répondre, le sourire au coin : « Donnez-moi un ballon de football et vous verrez de quoi je suis capable ». En effet, durant son séjour au Sénégal, il s’était révélé excellent footballeur.

Arol KETCH – 27.07.2021

Rat des archives Fourmi Magnan égarée

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