Sally Hemings, l’esclave et maîtresse noire de Thomas Jefferson

Dans l’histoire, ils sont nombreux ces hommes blancs, célèbres et puissants qui ont refusé d’assumer publiquement leur amour pour les femmes noires qu’ils chérissaient en cachette. De nombreux hommes blancs célèbres ont dû renoncer à leur amour pour les femmes noires. Ceci à cause du regard de leurs contemporains et des idées racistes en vogue. Séduit par la beauté de la femme noire, le célèbre poète français Charles Baudelaire aura eu dans son existence plus que mouvementée plusieurs maîtresses noires, et parfois en plein cœur de Paris comme avec Jeanne Duval. Ils vécurent leur amour dans le secret car la famille de Baudelaire ne voulait pas qu’il épouse une ‘’négresse’’.

Ensorcelé par le charme, le raffinement et les formes généreuses de Jeanne, Baudelaire lui dédiera plusieurs poèmes dont « La Malabaraise ». Extrait : « Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hanche Est large à faire envie à la plus belle blanche… »A cause de ces mêmes idées racistes de l’Epoque, Victor Hugo et Théophile Gautier seront contraints de garder dans le plus grand secret leur amour pour la femme noire. Toutefois, leurs poèmes trahiront leurs pensées. Victor Hugo ira jusqu’à écrire magnifier la femme noire dans son recueil « Les Orientales ».Et Théophile Gauthier écrira ceci au sujet de la femme noire :« Les femmes disent qu’elle est laideMais tous les hommes en sont fous :Et l’archevêque de Tolède Chante la messe à ses genoux… »Thomas Jefferson n’est pas resté insensible au charme de la femme noire. Mais, l’histoire tend à être occultée ; même au 21ème siècle, la société américaine encore imbibée de racisme tend à effacer ce pan de l’histoire de Thomas Jefferson, rédacteur de la déclaration d’indépendance et troisième Président des États-Unis.

Ses biographes officiels ont toujours éludé la relation qu’il a entretenue pendant plusieurs années avec son esclave noire Sally Hemings avec qui il a eu 7 enfants. Pareille liaison, écrivait Dumas Malone, un historien américain respecté, « est inconcevable par sa vulgarité chez un homme d’une vertu morale aussi élevée que Jefferson ».Une relation surprenante lorsqu’on sait que Thomas Jefferson a été un esclavagiste farouchement opposé au métissage. Il pensait même que les Noirs n’étaient pas assimilables dans la nation américaine. N’a-t-il pas affirmé : « La fusion des Blancs et des Noirs produit une dégradation à laquelle aucun amoureux de son pays, aucun amoureux de l’excellence du caractère humain, ne peut innocemment consentir » ?

Thomas Jefferson n’hésitait pas à faire fouetter ses esclaves, se plaignait de leur « puanteur » et refusait de les émanciper, par crainte d’un métissage qui ouvrirait la voie à la dégénérescence. Née vers 1773, Sally Hemings est esclave en Virginie (USA), appartenant à John Wayles, dont la fille, Martha, épousa le planteur Thomas Jefferson, propriétaire de 200 esclaves. Avec ce mariage de Sally passa au service du planteur Thomas Jefferson.

Après la mort de Martha Jefferson en 1782, Thomas Jefferson est nommé ambassadeur à Paris entre 1784 et 1789 ; il fait venir son esclave Sally à ses côtés et ensemble, ils voyagent en France et à travers l’Europe. De retour aux États-Unis, ils vont vivre ensemble au manoir de Monticello, demeure de Jefferson. Ensemble, ils auront 7 enfants dont plusieurs n’atteindront pas l’âge adulte. La relation entre les deux a commencé lorsque Sally avait entre 14 et 16 ans ; elle était très belle et gracieuse. Elle avait de longs cheveux raides, une peau claire et de très beaux yeux.Cependant, malgré les soupçons et les révélations des journalistes de cette époque, Thomas Jefferson n’a jamais assumé sa relation avec Sally et ses paternités. Jefferson a été le 3ème Président des États-Unis de 1801 à 1809.

Des analyses ADN, menées à la fin des années 1990, par le docteur Eugene Foster sur les descendants connus de Jefferson et de Sally Hemings ont confirmé que Jefferson était bien le père des enfants de Sally. Après la mort de sa femme Martha Jefferson en 1782, Jefferson ne s’est jamais remarié. Il utilisait Sally pour assouvir ses pulsions sexuelles.En 2017, des archéologues ont retrouvé la chambre cachée de Sally, maîtresse et esclave de Thomas Jefferson. Une pièce où vivait Sally et ses enfants, dans des conditions mystérieuses, dans la résidence de Monticello de Jefferson. 4,5 mètres de large sur 4 mètres de long, pas de fenêtre, cette pièce était accolée à la chambre du Président, dans l’aile sud de sa résidence. Ce qui lui permettait de multiplier discrètement des excursions nocturnes pour se livrer à des parties de jambes en l’air avec son esclave. A la mort de Jefferson en 1826, Sally est affranchie par la fille aînée de celui-ci, elle s’installe à Charlottesville.

L’Histoire de l’esclave et maîtresse de Thomas Jefferson est une vérité que les américains refusent d’accepter. Plusieurs projets de films et de séries voulant relater cette histoire ont été censurés.

Arol KETCH – 08.09.2021

Rat des archives

Fourmi Magan égarée

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