๐๐ฅ๐ฌ ๐จ๐ง๐ญ ๐ฉ๐๐ฒ๐ฬ ๐ฅ๐๐ฎ๐ซ ๐๐ง๐ ๐๐ ๐๐ฆ๐๐ง๐ญ ๐๐ฎ ๐ฉ๐ซ๐ข๐ฑ ๐ฅ๐ ๐ฉ๐ฅ๐ฎ๐ฌ ๐๐จ๐ฎ๐ฅ๐จ๐ฎ๐ซ๐๐ฎ๐ฑ : ๐ฅ๐ ๐ฉ๐๐ซ๐ญ๐ ๐๐ ๐ฅ๐๐ฎ๐ซ๐ฌ ๐๐ง๐๐๐ง๐ญ๐ฌ
Sโengager pour ses convictions est souvent un chemin exigeant, parfois implacable. Au Cameroun, plusieurs hommes et femmes ont payรฉ cet engagement dโun prix incommensurable : la perte de leur propre chair.
Voici quelques exemples marquants.
– Pius Njawรฉ

Nรฉ le 4 mars 1957 ร Babouantou et dรฉcรฉdรฉ le 12 juillet 2010 aux รtats-Unis, Pius Njawรฉ รฉtait un journaliste engagรฉ pour les droits de lโhomme et la libertรฉ de la presse au Cameroun.
Son tort ? Avoir osรฉ sโinterroger publiquement sur lโรฉtat de santรฉ du prรฉsident Paul Biya aprรจs un malaise survenu lors dโune finale de la coupe du Cameroun de football.
Un acte perรงu comme un crime de lรจse-majestรฉ. Le 13 janvier 1998, il est condamnรฉ ร 24 mois de prison ferme et incarcรฉrรฉ ร la prison de New-Bell ร Douala.
Alors que son รฉpouse, enceinte ร terme, venait lui apporter de la nourriture et du matรฉriel de couchage en dรฉtention, elle subit des violences physiques de la part des gardiens, malgrรฉ son รฉtat.
Quatre jours avant le procรจs de Pius Njawรฉ, elle accouche dโun enfant mort-nรฉ, le 9 janvier 1998. Une tragรฉdie dont il ne se remettra jamais.
ร sa libรฉration, profondรฉment marquรฉ, il fonde une organisation destinรฉe ร soutenir les dรฉtenus victimes de conditions carcรฉrales inhumaines. Il la nomme ยซ Justice Njawรฉ ยป, en mรฉmoire de sa fille ( Justice), morte avant de voir le jour.
– Djeukam Tchameni

Nรฉ le 1er mars 1961, Djeukam Tchameni est un intellectuel, entrepreneur et homme politique camerounais.
Dans les annรฉes 1980, il fonde une entreprise innovante, Intelligence Artificielle Inc (Intelar), tout en poursuivant discrรจtement ses activitรฉs politiques.
ร son retour au Cameroun, il met en place un parti clandestin, le Parti Panafricaniste (P2), et entretient des relations avec des figures comme Thomas Sankara et Blaise Compaorรฉ, quโil rencontre ร Ouagadougou en 1987 et 1988.
Ses liens avec Guerandi Mbara, impliquรฉ dans la tentative de coup dโรtat dโavril 1984, vont lui attirer des ennuis.
A son retour du Burkina Faso en 1988, il est arrรชtรฉ ร Douala par la sรฉcuritรฉ militaire et dรฉtenu arbitrairement pendant trois ans. Durant cette pรฉriode, son entreprise dรฉcline progressivement.
Cโest en dรฉtention quโil subit une perte irrรฉparable : la mort dans des conditions troubles de son fils Nkrumah, nommรฉ en hommage ร Kwame Nkrumah.
– Bertrand Teyou

Nรฉ le 17 mars 1969 ร Douala et dรฉcรฉdรฉ le 22 janvier 2020 dans la mรชme ville, Bertrand Teyou รฉtait journaliste, รฉcrivain et dรฉfenseur des droits humains.
En 2010, il publie La Belle de la Rรฉpublique bananiรจre : Chantal Biya, de la rue au palais, un ouvrage critique ร lโรฉgard du train de vie du couple prรฉsidentiel. Cette publication marque le dรฉbut de ses persรฉcutions.
Le 3 novembre 2010, jour de la dรฉdicace de son livre, il est arrรชtรฉ ร Douala, puis condamnรฉ ร deux ans de prison et ร une amende de deux millions de francs CFA pour outrage, diffamation et organisation de manifestation illรฉgale. Son ouvrage est interdit et dรฉtruit.
Dans ce climat de rรฉpression, son domicile est incendiรฉ. Sa fille de 7 ans meurt dans les flammes, piรฉgรฉe ร lโintรฉrieur de la maison. Brisรฉ par ce drame, Bertrand Teyou choisit lโexil.
Il trouve dโabord refuge ร Genรจve, en Suisse, puis obtient en mai 2013 un titre de sรฉjour en France en tant que rรฉfugiรฉ politique. Mais lโexil ne correspondra pas aux espoirs quโil y avait placรฉs.
La terre est sale ! Si รจ ne mvit ! Ngo Bagdeu !
Arol KETCH โ 13.04.2026
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