Connais-tu ton beau continent ? Chapitre 5 : Burkina Faso


Le Burkina Faso était autrefois appelé Haute-Volta. Ancienne colonie française, la Haute-Volta obtient son indépendance le 5 août 1960. Le 4 Août 1984, au premier anniversaire de la « Révolution », Thomas Sankara change le nom « République de Haute-Volta » hérité de la colonisation en Burkina Faso ; ce qui signifie « Le Pays ou patrie des Hommes intègres ».
Le nom « Burkina Faso » provient de la combinaison des deux principales langues du pays : Le moré et le dioula. « Burkina » vient de la langue moré et signifie « intégrité, honneur ». « Faso » vient de la langue dioula et signifie « territoire, terre de nos ancêtres, patrie ».
Selon la constitution nationale burkinabè adoptée par référendum le 2 juin 1991, les habitants du Burkina Faso sont appelés les Burkinabè (mot invariable). Cette appellation ne suit pas les règles grammaticales connues de la langue française.


Le suffixe « bè » désigne l’habitant (homme ou femme) en langue foulfouldé, une langue parlée par les peuls, ce peuple d’éleveurs nomades présents dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest. Le choix de « burkinabè » pour désigner les habitants de ce pays est avant tout une décision politique, historique et nationaliste. Grammairien, poète, écrivain et homme politique, l’ancien président du Sénégal Léopold Sédar Senghor qui avait prétentions ethnolinguistes ne comprit pas le choix de terme « burkinabè » au lieu de « burkinien » pour désigner les habitants de ce pays.
Le choix de ce mélange fondé sur les trois langues (moré, dioula, foulfouldé) ayant le statut de langues nationales avec le français dans la dénomination du pays et de ses habitants traduit la volonté d’unification d’une société multi-ethnique (plus de 60 ethnies).
L’objectif de ce choix était aussi de signifier symboliquement aux yeux du monde que l’ère de la colonisation était bel et bien terminée tout en tentant de susciter des sentiments nationalistes au sein de la nation.


Aussi, dans ce sillage nationaliste, la chaîne de télévision publique, la Volta-Vision créée en 1962 changera aussi de dénomination pour devenir la TNB (Télévision Nationale du Burkina).
Dans la langue française, on utilise abusivement les mots « Burkinais » ou « Burkinabés » pour désigner les habitants de ce pays. Il convient de noter et d’insister sur le fait que selon la constitution Burkinabè, le mot « burkinabè » est invariable. La forme Burkinabè a été officiellement adoptée et consignée au Journal officiel du Burkina le 16 août 1983.
En France, l’arrêté du 4 novembre 1993 ne reconnaissait que les formes Burkinabè et Burkinais. Tandis que la Recommandation du JORF n°0223 du 24 septembre 2008 ne reconnaît que les formes « Burkinabé, e ». Au Canada, le Bureau de la traduction recommande la forme Burkinabé.
Toutes ces formes reconnues et vulgarisées, sont contraires aux exigences de la constitution du Burkina Faso.
Pour être en phase avec la constitution burkinabè, on dira et écrira un « burkinabè », une « burkinabè », des « burkinabè ». Alors, dire et écrire un « burkinabé », des « burkinabé » un « burkinais », une « burkinaise », un « bukinien », une « burkinienne »… n’est pas correct.
En français, on utilise Faso, Burkina ou Burkina Faso dans les usages courants et Burkina Faso dans les usages officiels.
Source : Dictionnaire de l’origine des noms et surnoms des pays africains, Arol KETCHIEMEN, Editions Favre
Livre disponible en Ligne et à la librairie des peuples noirs à Yaoundé
Arol KETCH – 02.02.2022
Rat des archives

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